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Eternights

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2023 aura été une grosse année pour les amateurs de RPGs : Octopath Traveler II, Fire Emblem Engage, Final Fantasy XVI, Baldur’s Gate III… la liste est longue, mais parmi elles, peu de nouvelles IPs, si ce n’est Sea of Stars et Starfield. C’est à leurs côtés qu’apparaît alors Eternights, premier jeu édité et développé par Studio Sai, un studio coréen. Sorti le 12 septembre 2023 sur Steam et PS4/PS5, les versions Playstation du jeu s’apprêtent à rejoindre nos rayons en physique à compter du 16 novembre prochain. Alors que vaut cet Eternights au milieu de cette grande cuvée 2023 de RPGs ? Réponse dans notre test !

 

 

Être célibataire, c’est pas la fin du monde…si ?

 

 

Eternights nous fait incarner un adolescent en quête d’amour, suivant les précieux conseils de son meilleur ami Shani, pourtant célibataire, et tous deux installent ainsi une toute nouvelle application de rencontre. Après quelques questions, un match et une discussion avec le potentiel amour de votre vie, vous convenez d’un date pour le lendemain, et c’est là que tout bascule. En effet, alors que vous êtes en route le lendemain pour votre date, le monde tel que vous le connaissez prend fin : une épidémie transforme les humains en sortes de zombies agressifs, et la population est redirigée vers des refuges souterrains, confinée.


Tout commence par la recherche de l’amour, se faisant avec humour auprès de Chani.

 

Les jours passent, vous rencontrez Yuna, une star de la k-pop, et partez à la recherche de sa meilleure amie Jisoo. En ce début de jeu, la discrétion est votre seule alliée face aux monstres sur votre chemin, et si vous parvenez à les éviter tant bien que mal, c’est pour mieux finir amputé de votre bras par une femme mystérieuse. Le jeu entre alors dans le vif du sujet en vous conférant un nouveau bras en forme d’épée vous permettant de vous défendre, suite à une discussion en songe avec la fille à qui vous vous parliez sur votre appli de rencontre. Nommée Lux, elle vous a choisi pour empêcher Umbra de mettre la main sur la Pierre, un artefact qui donnerait à Umbra le pouvoir de changer la face du monde pour le meilleur et surtout pour le pire.

 

 

L’union fait la force

 

 

Le groupe est alors confronté à cette fin du monde et chacun voit son rôle prendre forme : Chani est le meilleur ami drôle qui permet d’augmenter ses stats, Yuna est la soigneuse charismatique, et d’autres personnages rejoignent peu à peu l’équipe. Car Eternights est un jeu qui mêle action-RPPG et dating sim, soit « simulation de romance » ! Cela prend la forme de moments à partager avec un personnage au choix, au cours d’un cycle jour/nuit qui fait défiler un calendrier à la façon d’un Persona. Ce calendrier vous informera d’un nombre de jours avant un évènement majeur à venir, imposant une deadline soit pour optimiser vos relations sociales, soit pour aller explorer les zones liées à la quête principale.


Les compétences déblocables sont liées au niveau de lien avec chaque personnage.

 

Les relations sociales constituent un pan important du jeu : en passant du temps avec les personnages, vous allez découvrir l’histoire de chacun d’entre eux, révélant leur profondeur à travers leurs ambitions et traumatismes passés. Augmenter votre niveau de relation avec les différents personnages vous permet aussi de débloquer des capacités actives et passives dans leur arbre de compétences, en échange d’énergie blanche ou obscure. Les deux peuvent s’obtenir en tant que collectables dans les niveaux, mais l’énergie blanche s’obtient plus facilement en organisant des expéditions dans la ville pour trouver un objet dont a besoin un membre de l’équipe, tandis que l’énergie obscure s’obtient naturellement en combattant des ennemis. Cette dynamique apporte un certain équilibre dans le jeu, faisant alterner moments intenses de combats et rebondissements scénaristiques avec des pauses nous rapprochant de nos compagnons. On apprécie aussi l’humour du jeu, avec des choix de réponses dans les dialogues qui sont parfois cocasses, et qui participent à l’amélioration des stats du héros ainsi qu’à son lien avec son interlocuteur.

 

Par ailleurs, Eternights fait des efforts pour diversifier sa formule, avec des phases de puzzles pour progresser et quelques passages imposant une nouvelle façon de jouer, avec par exemple une fuite en vue 2D faisant penser à du Little Nightmares. Les combats, s’ils peuvent se montrer répétitifs à la longue, apporte une légère couche de stratégie au fil de la progression avec un système d’éléments et donc de faiblesses élémentaires. Cette subtilité est toutefois réservée aux ennemis les plus exigeants, et la plupart des combats se montrent assez classiques, avec une esquive, une parade, une attaque légère et une attaque lourde.


Les combats sont souvent synonymes d’intensité.

 

Si les mécaniques de combats se montrent simples à maîtriser et répondent bien à vos inputs, on relèvera tout de même que certaines fenêtres de réactions aux attaques ennemies sont bien trop serrées pour que l’on puisse parer ou esquiver sans difficulté. Il faudra ainsi pouvoir compter sur quelques soins en face des adversaires les plus imposants, sous peine de game over vous invitant à recommencer le combat du début, et sans soins !

 

Car une jauge de mana vient aussi réguler vos expéditions : étant assez peu permissive en suffisant tout juste à vous soigner trois fois dans une excursion, vous serez parfois contraint de couper court à une expédition en plein milieu de celle-ci afin de récupérer vos points de vie. Des points de contrôle sont jonchés tout au long des donjons, mais il faudra par conséquent prévoir d’utiliser plusieurs journées de votre calendrier pour vos objectifs, qui ont une deadline.


Même s’il est drôle, Chani n’est pas insensible à la situation. D’abord jaloux de vos pouvoirs, il fera de son mieux pour vous aider à porter le poids de la survie du monde sur vos épaules.

 

Ces différents facteurs résultent en une difficulté plutôt bien dosée, mais avec des pics d’enjeux réguliers, qui transposent bien au joueur la situation des personnages qui doivent aussi bien répondre aux délais scénaristiques que gérer leurs temps de repos. Néanmoins, l’expérience risque de laisser une partie des joueurs sur le carreau, à moins de moduler la difficulté (facile, normal ou expert). En difficulté normale, notre partie nous a pris une dizaine d’heures, mais le jeu propose des variations pour sa fin, ainsi qu’un New Game + pour ceux qui voudraient tenter différents choix, de romance notamment.

 

 

Une apocalypse zombie tout en beauté

 

 

Qu’on se le dise, Eternights est beau. Du moins, tout fan de mangas et d’animés s’y retrouvera. L’ensemble évoque les manhwa, bandes dessinées coréennes dont le style graphique est assez proche du manga japonais auquel on est plus familier. Les effets de lumière sont particulièrement réussis, et les jeux de couleurs alternent entre plusieurs palettes pour présenter de magnifiques couchers de soleil, ou d’oppressantes zones sombres et peu éclairées.


Les couleurs et l’éclairage sont parmi les points forts d’Eternights.

 

Car Eternights mettant en scène une sorte d’apocalypse zombie, l’ambiance horrifique est au rendez-vous ! Certains décors étriqués et de nombreux efforts de mise en scène viennent appuyer et renforcer les enjeux scénaristiques de ce ton, y compris la piste sonore qui sait faire monter la pression. Malgré une musique trop discrète, le sound design avec des bruits de zombies éloignés en fond sonore fait son petit effet, laissant le joueur toujours inquiet d’avoir perdu de vue un zombie proche, qui finirait inévitablement par lui sauter dessus. De plus, la majorité des dialogues sont entièrement doublés, avec un doublage de très bonne qualité ! C’est suffisamment rare pour être apprécié, surtout pour le premier jeu d’un studio.

 

Seul point mitigé sur ce beau tableau : les animations, qui sont assez inégales. Celles liées au combat font mouche, avec une action toujours lisible, mais d’autres sont trop rigides pour paraître naturelles. On pense notamment à l’animation de course des personnages, avec un Chani qui fuit les bras collés au corps et suivant un mouvement de balancier très dessin animé pour enfant. Heureusement, rien qui ne vienne gâcher l’expérience de jeu ou l’immersion.

  • JOUABILITÉ

    15

    La formule mélangeant dating sim et action-RPG fonctionne très bien : on s’attache aux personnages, et ils nous font gagner en puissance en retour. Même si les combats sont lisibles et agréables, on notera quelques timings trop serrés sur les ennemis les plus redoutables, forçant une gestion prudente des soins et donc du mana.

  • GRAPHISMES

    18

    Effets de lumières, jeux de couleurs… la gestion des ambiances met la fin du monde à l’honneur, et la mise en scène n’est pas en reste ! Seules quelques animations un poil rigides sont à déplorer, mais rien qui ne nous sorte du jeu.

  • BANDE SON

    15

    La musique est peu présente dans le jeu, mais le sound design reste très travaillé. Les bruits de zombies éloignés maintienne le joueur en haleine, et le doublage global est de très bonne facture.

  • DURÉE DE VIE

    13

    Avec une dizaine d’heures nécessaires pour faire tomber les crédits, Eternights propose une fin globale, mais avec plusieurs variations. Un New Game + est disponible pour ceux qui voudraient expérimenter de nouveaux choix, notamment concernant la romance.

  • SCÉNARIO

    15

    Malgré un scénario est assez classique en soi, l’écriture des personnages est excellente et nous offre des protagonistes profonds, complexes. On est loin d’un groupe de héros insensible et imperturbable par rapport à ce qu’il se passe, et c’est agréable car ainsi, ce groupe parvient à être touchant et attachant. Ce qui est très important pour un dating sim !

  • Points positifs

    • Un mélange dating sim / A-RPG qui fonctionne bien
    • La profondeur des personnages
    • L’identité graphique
    • Le sound design
    • Le très bon doublage
    • L’intensité des combats…
  • Points négatifs

    • ...avec quelques pics de difficulté
    • Des timings trop serrés face à certains ennemis
    • Musique peu présente

Conclusion

Si Eternights n’est pas exempt de défauts, ce qu’il propose en tant que premier jeu du studio Studio Sai est impressionnant ! Scénario classique mais brillant à travers ses personnages profonds, efforts sur le sound design, identité graphique charmante et doublage presque intégral... L’association entre fin du monde et recherche de l’être aimé est ici terriblement bien exécutée, et nous ne pouvons que vous recommander Eternights : il fait partie des RPGs de l’année, à n’en pas douter !

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