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[TEST] Nexomon : Extinction

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Le 08/11/2020

Après un premier opus cantonné au PC et aux mobiles, Nexomon arrive enfin sur toutes les plateformes avec sa suite, Nexomon : Extinction, toujours développé par VEWO Interactive Inc. et édité cette fois par PQube. Publié le 28 août sur PC, PS4, Nintendo Switch et un mois plus tard sur Xbox One, le titre reprend un gameplay rendu célèbre par l’incontournable franchise Pokémon. Alors, simple Pokémon-like ou véritable adaptation d’une formule à succès ?

 

Histoire épique et pauvreté des dialogues : une écriture inégale

 

 

En premier lieu, il convient de souligner que si Nexomon : Extinction fait suite aux évènements du premier Nexomon, il n’est absolument pas indispensable d’avoir joué au premier pour se lancer sur Extinction. Le titre fait parfois référence à des évènements et noms de personnages issus du premier Nexomon, mais tout est expliqué en temps et en heure, puisque Nexomon : Extinction est une suite lointaine : sa trame se déroule de nombreuses années après celle de Nexomon. Bien sûr, quelqu’un qui aura joué au premier aura une meilleure compréhension de l’univers et des diverses références que les dialogues peuvent contenir, mais un nouveau joueur n’aura pas l’impression de passer à côté de quelque chose de significatif.

 

Le titre nous fait donc incarner un avatar féminin ou masculin, au choix parmi une vingtaine de modèles, et que l’on peut modifier à tout moment une fois en jeu. Ayant grandi en orphelinat, le jour est venu pour vous de vous lancer à l’aventure en rejoignant la Guilde des dresseurs ! Malheureusement, votre premier jour ne se passe pas tout à fait comme prévu, et vous vous retrouvez embarqué dans une spirale d’évènements dont l’enjeu n’est rien d’autre que le sort de l’humanité.


Il est possible de personnaliser son profil à n’importe quel moment du jeu : avatar, nom, et Nexomon suivant nos pas.

 

Nexomon : Extinction ne fait pas les choses à moitié, et son intrigue est particulièrement prenante. Le fait de constituer une suite au premier Nexomon donne de la consistance à l’univers : on y sent le poids du passé, les enjeux des batailles gagnées ou perdues jusque-là, et cela donne encore plus d’importance à l’avenir qui se prépare pour les différents personnages. Le scénario est bien mis en scène et dénote une certaine profondeur par rapport aux productions du même style : les Nexomon ont leur histoire commune et leur but propre, ce qui rend le rapport entre les humains et les Nexomon d’autant plus intéressant.

 

Malheureusement, si la qualité scénaristique est au rendez-vous, il faut relever un humour pas toujours très fin dans les dialogues, consistant la plupart du temps à briser le quatrième mur en parlant directement des développeurs, joueurs ou du jeu en lui-même. Si ces interventions sont parfois amusantes, elles viennent néanmoins gâcher le côté épique de l’histoire racontée par Nexomon : Extinction, qui, sans ça, aurait pu s’émanciper de l’image de jeu mobile à petit budget que pouvait porter le premier opus. De plus, beaucoup de personnages dans les différentes villes parlent de l’époque difficile qu’ils sont en train de traverser, et là encore si ces dialogues donnent de la profondeur à la pesanteur de l’ambiance générale, cela entraîne malheureusement des dialogues trop peu pertinents, sous couvert d’humour.


Parfois amusant, l’humour brisant le quatrième mur a tendance à être trop présent au fil de l’aventure.

 

 

Des Nexomons au design oubliable, pour des combats à la stratégie limitée

 

 

Nexomon : Extinction, en tant que suite, apporte bien sûr son lot de nouveaux Nexomon ! Là où le premier titre en comportait 310, Extinction en contient lui 381, différents des Nexomons du premier jeu ! Un nombre conséquent pour une licence de seulement deux jeux, mais qui a pourtant de quoi décevoir un petit peu. En effet, les trois quarts des Nexomons, dans Extinction, disposent d’un design qui a du mal à convaincre, n’étant ni marquant ni attractif. Heureusement, le dernier quart est constitué de Nexomons plutôt plaisants, grâce à un design charismatique ou à une histoire épique derrière eux, mais c’est tout de même peu par rapport au nombre total. D’autant plus que leur description dans la base de données se montre parfois répétitive, et peu intéressante.

 

Par ailleurs, cette pauvreté au niveau des Nexomon se vérifie encore au niveau de leurs attaques. Les Nexomon disposent de quatre attaques parmi toutes celles qu’elles apprennent au fil de leur montée en niveau, mais ces nouvelles attaques que l’on choisit ou non d’apprendre sont pour la plupart d’entre elles inintéressantes au possible, constituées majoritairement d’un pourcentage de chance d’appliquer telle ou telle altération d’état. On finit donc inévitablement par se concentrer sur les quelques attaques du type de son Nexomon, en spammant la plus forte jusqu’à remporter le duel.

La plupart des attaques que l’on peut apprendre en montant de niveau sont peu intéressantes…

 

La stratégie en combat est d’ailleurs assez limitée : chaque Nexomon a un nombre de points d’énergie, et ses attaques requièrent un certain nombre de points d’énergie pour être lancées. Une fois la barre d’énergie vidée, ce qui peut arriver assez vite, on doit soit laisser son Nexomon se reposer pour le tour, soit lui donner un éther ou autre objet permettant de le requinquer. Par ailleurs, les affinités de type sont décisives, et il est donc primordial de switcher entre ses Nexomons pour s’adapter constamment à celui qui nous fait face.


Les combats sont agréables, mais la stratégie à y appliquer est plutôt limitée.

 

Une seule mécanique se distingue quelque peu, celles des noyaux. Chaque Nexomon peut être équipé de quatre noyaux, distincts ou pas. Ces noyaux vont augmenter des statistiques telles que les points de vie, les points d’énergie, la vitesse, la défense, ou encore permettre à un Nexomon de recevoir un pourcentage de l’expérience gagnée par les autres Nexomons, augmenter le gain de monnaie, etc.

 

Bien sûr, ces noyaux ont un prix, et les plus intéressants sont plus chers, notamment pour les gains d’expérience. Or, il ne s’agit pas là d’acheter ces objets avec de l’or, mais plutôt avec des fragments élémentaires !


Les noyaux peuvent se montrer particulièrement avantageux, mais coûtent des fragments !

 

Explorer, capturer, progresser

 

 

Dès le début du jeu, on obtient une pioche qui nous permet de miner certains rochers, sources de fragments élémentaires. De quoi pousser le joueur à parcourir minutieusement les environnements pour obtenir le plus de fragments possibles, puisqu’ils sont à des endroits définis et réapparaissent au bout de quelques minutes une fois minés !

 

Si l’on capture très bien les Nexomon avec des Nexotraps classiques, les fragments permettent de créer des Nexotraps élémentaires, afin de capturer plus facilement des Nexomon du type lié. A noter que vous pouvez, en plus, nourrir un Nexomon pour faciliter sa capture. Le système de capture joue d’ailleurs sur la transparence avec le joueur, puisqu’il indique les différents facteurs influant sur la capture, ainsi que le pourcentage de réussite : vous connaîtrez ainsi en temps réel vos chances de réussite selon les dégâts infligés, l’altération d’état, la nourriture, le Nexotrap, etc. Enfin, au moment de lancer votre Nexotrap, un QTE augmentera de 5% vos chances de capture en cas de réussite.


Connaître son pourcentage de chances de capture est très appréciable !

 

L’économie dans Nexomon : Extinction est d’ailleurs très bien équilibrée, puisque l’on ne dispose jamais d’une réserve monstrueuse d’or : tout juste de quoi acheter quelques fournitures (potions, Nexotraps) pour progresser tranquillement, tout en trouvant certains objets çà et là si on zieute attentivement les environnements.

 

Ce qui tombe bien au vu de la place de l’exploration dans Nexomon : Extinction ! En effet, alors même que vous avez souvent un point d’intérêt, vous pourrez vous aventurer sur de nombreuses routes et même villes loin de votre objectif, laissant libre cours à vos envies de découverte et de capture de Nexomons.

 

On trouve d’ailleurs de nombreuses espèces de Nexomons dans les différentes zones, et leur niveau ainsi que leurs nombres dans la nature augmentent au fur et à mesure de votre progression de l’histoire. Pour une famille de trois Nexomon, vous pourrez alors trouver la dernière évolution dans la nature si vous avez suffisamment progressé dans le scénario. Enfin, de la même façon que les rochers à fragments réapparaissent au bout de quelques minutes, il est possible d’affronter à nouveau les dresseurs déjà vaincus, leur équipe s’étant alors améliorée !


Palmaya est un havre de paix explorable très tôt dans le jeu, avec énormément de variétés de Nexomons sauvages !

 

 

Artistiquement plaisant, techniquement frustrant

 

 

Nexomon : Extinction est réalisé sous le moteur de jeu Unity, pour le meilleur et pour le pire. Si le tout fonctionne plutôt bien, il est important de relever certains ralentissements, notamment lorsque l’on sort d’un combat ou qu’on change de zone, puisqu’il est possible de se déplacer alors même que l’écran n’affiche pas encore la zone. Cela ne dure qu’une ou deux secondes, mais cela se voit, et l’on apprend à faire avec.

 

De plus, tout ce qui concerne les menus est particulièrement lent. La base de données des Nexomons –aussi appelée Nexopedia – est très mal organisée, ne permettant pas de rechercher aussi efficacement qu’on le voudrait, et souffrant de ralentissements lorsque l’on fait défiler les Nexomons. Le système de noyaux est quant à lui fastidieux, puisqu’il faut attribuer chaque noyau manuellement à chaque fois, sans possibilité d’enregistrer des sets de noyaux. Le journal de quête pourrait quant à lui se montrer plus utile, par exemple en indiquant la localisation du PNJ qui nous a donné telle ou telle quête. La gestion des Nexomons dans le PC est peu pratique, et, enfin, la traduction française comporte de nombreux petites coquilles, qui sans aller jusqu’à nuire à l’expérience de jeu, se remarquent et font tiquer.

 


Les environnements retranscrivent avec brio une ambiance pesante, pleine d’enjeux.

 

Malgré cela, Nexomon : Extinction séduit par sa direction artistique. Les différents environnements sont soignés, certaines zones traduisant particulièrement bien l’univers et ses enjeux, avec par exemple des squelettes de tyrans, ces Nexomons géants et menaçants qui représentent un danger pour la survie de l’humanité. Les animations sont sympathiques, et la bande son est elle aussi extrêmement plaisante, avec de nombreux thèmes, notamment ceux pour les combats faisant avancer le scénario qui accompagnent parfaitement l’ambiance épique de la trame.

 

Nexomon : Extinction propose entre quarante et cinquante heures de jeu, en comptant le temps qu’il faudra pour capturer chaque Nexomon et compléter chaque quête que le jeu a à offrir. C’est conséquent, mais une fois le titre terminé à 100%, une seule envie demeure : celle d’avoir encore plus de contenu à parcourir, tant l’univers est riche et captivant.

  • JOUABILITÉ

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    Avec son interface familière pour le genre, Nexomon : Extinction est très simple à prendre en main, et son gameplay repose sur une formule qui a déjà prouvé son efficacité. On lui reprochera tout de même quelques défauts techniques et des éléments perfectibles, notamment au niveau des quelques ralentissements, et des menus.

  • GRAPHISMES

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    Nexomon : Extinction propose des animations en combat sympathiques, mais surtout de très beaux environnements, traduisant souvent l’univers et ses enjeux.

  • BANDE SON

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    La bande son est extrêmement plaisante, avec de nombreux thèmes toujours très justes et accompagnant parfaitement les différentes ambiances, en particulier lors des combats épiques de la trame principale.

  • DURÉE DE VIE

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    Avec une carte favorisant l’exploration, de nombreuses quêtes secondaires et 381 Nexomons à capturer, Nexomon : Extinction propose entre quarante et cinquante heures de jeu. Conséquent, mais on en voudrait encore plus.

  • SCÉNARIO

    18

    Véritable point fort de cette production, l’intrigue est pleine de révélations et de divers enjeux tous aussi prenants les uns que les autres. Seul bémol, l’humour omniprésent qui, s’il est parfois appréciable, vient trop souvent gâcher le côté épique des évènements.

    • Points positifs

      • Pas besoin d’avoir joué au premier jeu pour savourer celui-ci
      • Les Nexomons sont quasiment tous nouveaux !
      • La carte qui laisse la possibilité de partir explorer sans trop de limites
      • La possibilité de recombattre les dresseurs déjà vaincus
      • La direction artistique qui accompagne parfaitement les différentes ambiances et retranscrit bien les différents enjeux
      • L’envie d’en avoir encore plus
      • L’écriture qualitative du scénario…
    • Points négatifs

      • … mais gâchée par un humour brisant le 4ème mur trop présent
      • Les attaques des Nexomons, dont peu sont vraiment intéressantes
      • Des défaut techniques et de nombreux éléments perfectibles
      • La traduction française qui comporte de nombreuses petites coquilles

    Conclusion

    Reprenant la formule de longue date établie par la licence Pokémon, Nexomon : Extinction va plus loin que son prédécesseur et propose une aventure forte en rebondissements, en enjeux, et cela avec une enveloppe artistique particulièrement soignée. Quelques défauts techniques viennent entacher le tableau, mais une fois Nexomon : Extinction complété, une seule envie demeure : celle d’avoir encore plus de contenu à parcourir.

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    Fiche du jeu

    Nexomon : Extinction

    Support : Nintendo Switch

    Editeur : Vewo Interactive

    Développeur : Vewo Interactive

    Genre :Jeu de Rôle

    Multijoueur : Non, uniquement jouable en solo

    Moyenne des joueurs : - / 20

    Moyenne de la presse : - / 20

    Galerie d'images

    Qui est notre testeur ?

    Vesperia : Co-Responsable de la rubrique "Tests"

    Joueur de 22 ans, je tente de rattraper des années de culture vidéoludique pour comprendre le pourquoi du comment de chaque jeu. Ce qui me prend beaucoup de temps et me fait accumuler plus de retard encore. J'aime le jeu vidéo, tout simplement.

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