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[TEST] Gears of War : Ultimate Edition

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Le 11/10/2015

Longtemps fantasmé avant d'être annoncé au cours de l'E3 2015 de Microsoft, le remake du premier opus de Gears of War est désormais une réalité. Gears of War : Ultimate Edition reprend les bases de son modèle tout en profitant d'une refonte moderne et de quelques ajouts salvateurs. Pour autant, ne fallait-il pas plutôt laisser cet épisode dans le tiroir du passé ? Réponse.

 

Comme un fantôme du passé.

Retour fin 2006, la Xbox 360 fête tout juste son premier anniversaire et accueille Gears of War, un TPS moderne développé par Epic Games, à qui on doit notamment la série des Unreal. Propulsé par le nouveau moteur Unreal Engine 3, dont il deviendra le fer de lance, le titre jouit d'un rendu visuel qui impressionne la critique comme les joueurs, s'imposant d'emblé comme la référence graphique de son temps.

Un soin technique qui profite à l'ambiance singulière de Gears of War, qui conte les aventures de Marcus Fénix et son escouade, composée de Dominic Santiago avant d'être rejoint par Damon Baird et Augustus Cole au fil des événements. Leur mission : cartographier les sous-terrains de Sera, une planète fictive, qui servent de refuges aux terribles Locustes, une espèce barbare qui a finalement refait surface (le « Jour E ») pour combattre les humains. Seulement voilà, les Locustes prennent le dessus et la race humaine n'a plus qu'un espoir : frapper au cœur de l'ennemi. La tâche sera longue et compliquée pour Marcus et sa bande, qui devront faire face à de nombreux obstacles et surtout une horde d'ennemis.

 

 

Avec son ambiance post apocalyptique, appuyée par une bande-son aux petits oignons, Gears of War peut se targuer d'être un titre viscéral, dont l'action frénétique inspirera de nombreux TPS derrière lui. Basé sur le principe du « cover and shooter », le jeu a notamment popularisé l'art de la couverture, derrière la grande majorité des éléments du décor, si bien qu'elle deviendra très vite votre plus grand atout. Une fois à couvert, il ne tient qu'à vous de venir à bout de votre vis à vis grâce à un arsenal particulièrement destructeur, que ce soit le fusil à pompe, le rayon de l'aube ou encore la célèbre lanzor, un fusil d'assaut montée d'une tronçonneuse. C'est violent, c'est gore, c'est badass, Gears of War est une production américaine et ça se sent.

 

Millésime 2015 et la résurrection.

Sans surprise, Gears of War a donné naissance à plusieurs suites, deux canoniques et une préquelle qu'on préfèrera désormais oublier. Le titre d'Epic Games est devenu le vice champion de Microsoft, affichant plus de 6 millions de ventes pour chacun des trois premier opus, alors qu'Halo et ses 10 millions reste indétornable. Quoi qu'il en soit, la constructeur américain sait désormais qu'il faut compter sur cette licence, si bien qu'il entreprend début 2014 de racheter les droits de la licence, alors qu'Epic de son côté préfère passer à autre chose. Très vite, on comprend qu'un Gears of War 4 arrivera sur Xbox One (qui succède à la Xbox 360) et le projet est confié à Black Tusk Studios dont Rod Fergusson (qui a participé à la création de la trilogie originale aux côtés de Cliff Bleszinski) prendra les reines. S'en suit alors de longs mois où on entend plus vraiment parler de la franchise mais certaines rumeurs évoquent, en plus du quatrième opus, une remasterisation (voir même un remake) des épisodes parus sur Xbox 360. La nouvelle est finalement confirmée par des leaks, quelques semaines avant l'E3 2015 et l'officialisation en grande pompes, Gears of War : Ultimate Edition arrive sur Xbox One.

 

 

The Coalition (anciennement Black Tusk Studios) s'est donc penché sur le premier opus pour nous offrir un remake de qualité. Nouveau moteur, nouvelles cinématiques, gameplay fluidifié, le studio a fait un travail de titan, étalé sur presque 18 mois. Une étape essentielle pour les équipes de Rod Fergusson qui ont pu appréhender de la meilleure des manières l'esprit Gears of War, avant de s'attaquer sérieusement au quatrième épisode.

S'il ne tire clairement pas parti de toute la puissance offerte par la Xbox One (Gears 4 devrait s'en charger avec l'Unreal Engine 4), Gears of War : Ultimate Edition offre un coup de jeune indéniable aux premières aventures de Marcus Fénix et la différence est nette, notamment en ce qui concerne les textures (cette fois-ci en 1080p) ou encore les effets de lumières. Moins terne et gris que son modèle, cette Ultimate Edition renforce les contrastes, joue davantage avec la palette des couleurs et revisite certains des passages les plus cultes de la campagne, que ce soit l'évasion de la prison, la rencontre entre Raam et Kim ou encore l'affrontement face à l'imposant Corpser. On redécouvre avec plaisir cette épopée et même plus, puisque les joueurs Xbox ont désormais accès au fameux chapitre inédit jusqu'ici réservé à la version PC (sortie quelques temps après l'édition 360) et qui mettait notamment en scène un Brumak. Un ajout qui a son importance puisqu'il densifie une campagne autrefois un peu courte, avec une petite heure supplémentaire.

 

 

Les développeurs avaient également la volonté de proposer le même gameplay qu'à l'époque, pour coller au plus près de l'expérience originelle, tout en réajustement certaines mécaniques, afin de fluidifier l'ensemble. On peut notamment noter la possibilité de « relever » un coéquipier (qui se met à terre après avoir subit trop de dégâts) sans sortir de sa couverture alors qu'il fallait jadis prendre le risque de se décoller pour relever ses partenaires, un luxe qui pouvait s'avérer mortel en mode Dément (le plus élevé). Dans la même idée, votre personnage peut désormais descendre une petite hauteur directement, sans devoir se coltiner une courte animation qui pouvait là aussi s'avérer fatale, notamment en multi. C'est ce genre de petites rectifications discrètes mais essentielles qui permettent de retranscrire une expérience fidèle sans pour autant frustrer les nouveaux venus.

 

Retour sur le champ de bataille, à plusieurs.

Mais si Gears of War : Ultimate Edition était attendu au tournant, ce n'est pas tant pour sa campagne solo (jouable en coop) mais aussi et surtout pour son multijoueur. Véritable révélation en 2006, le online de Gears of War surprend les joueurs comme les développeurs (qui voulait avant tout créer une expérience solo), si bien qu'il se place parmi les titres les plus joués sur le Xbox Live en son temps. Proposant des affrontements à 4 contre 4, le jeu mise avant tout sur le gameplay émergent. Les joueurs s'approprient les mécaniques du jeu jusqu'à les détourner à leur avantage, pour le pire (kung fu flip) ou le meilleur (le slide), si bien que les développeurs de l'époque finiront par intégrer certaines de ces pratiques au cœur même du gameplay pour les suites. Si la campagne se joue principalement au fusil Lanzor, les joueurs adoptent en ligne l'art du « gnasher », faisant du fusil à pompe leur plus bel allié. En découle alors des joutes mémorables, accompagné d'un certain respect tacite (laisser deux joueurs faire un duel sans intervenir, féliciter son adversaire par message) qui a aujourd'hui disparu. C'est toutes ces choses qui ont construits la légende du premier opus, souvent cité comme le multijoueur référence de la série, et cela malgré des problèmes de connexion handicapants.

 

 

Gears of War : Ultimate Edition avait donc pour mission de raviver la flamme, après un Gears of War Judgement raté et un troisième opus pas exempt de défauts. Ca commence par la disparition du stopping-power (qui ralentit énormément le joueur lorsqu'il est touché, empêchant toute approche direct au fusil à pompe), ce dernier ayant fait son apparition avec Gears of War 2. Plus de Swaed-Off ou Retro non plus, les joueurs devront à nouveau composer avec les classiques, à savoir la Lanzor et surtout le fusil à pompe. Il faut donc un certain temps de réadaptation, et le choc peut être violent pour tous ceux qui ont débuté sur le deuxième ou troisième opus, si bien que l'utilisation particulièrement du pompe (avec une dispersion aléatoire contrairement aux autres épisodes) a très vite fait débat sur le net. A l'heure où nous écrivons ces lignes, Gears of War : Ultimate Edition a subit une mise à jour pour modifier la consistance du fusil à pompe qui propose donc à nouveau une dispersion en étoile, au grand damn des anciens joueurs. Quand bien même, par sa simplicité, par sa spontanéité et sa générosité, le mulijoueur de ce Gears of War : Ultimate Edition s'impose sans problème comme la meilleure expérience en ligne de la licence. Un constat appuyé par l'arrivée du 60fps dans la série (seulement 30fps en solo) ainsi que les très bonnes cartes du premier opus, qu'on prend plaisir à découvrir ou redécouvrir, si on excepte deux trois ratés, avec en tête de liste Marais de Balle, qui ne profite pas des deux ouvertures salvatrices du modèle Gears of War 3. The Coalition a également pensé à ajouter de nouveaux modes de jeux, à l'image du Roi de la Colline (l'Annexion étant toujours disponible en privé) ou du mode Boite qui oppose deux équipes de deux joueurs équipés du Gnasher, sur une toute petite carte.

 

 

Ainsi, sans jamais trahir l'esprit du premier opus, Gears of War : Ultimate Edition remplit parfaitement son contrat. On a donc affaire à un remake de qualité qui remet au goût du jour l'un des piliers de la Xbox 360, notamment grâce à un ravalement de facade convaincant et quelques ajouts judicieux qui font de cet opus la meilleure expérience en ligne de la licence. De bon augure pour Gears of War 4, qui arrivera fin 2016, sur Xbox One évidemment.

  • JOUABILITÉ

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    Reprenant quasiment à  l'identique le gameplay (référence) de son modèle Gears of War : Ultimate Edition a néanmoins eu la bonne idée de rafraichir certaines de ses mécaniques afin d'offrir une expérience plus fluide sans néanmoins trahir les attraits du premier opus.

  • GRAPHISMES

    17

    Les textures ont été totalement revues, les cinématiques refaites et le résultat est net. Si le premier Gears of War reste agréable à  l'oeil aprés toutes ces années, l'Ultimate Edition lui redonne un sérieux coup de jeune. Malheureusement, tous ces jolis effets de lumière ou de poussière, ainsi que les texture flatteuses ont un prix en solo puisqu'il faudra se contenter du 30fps, contre 60 en multi.

  • BANDE SON

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    Discrète mais efficace, la bande-son de Gears of War sert parfaitement l'ambiance post-apocalyptique du jeu. On aurait cependant aimé avoir la possibilité de jouer cette fois-ci en VOSTFR, la VF n'étant pas à  la hauteur de son modèle.

  • DURÉE DE VIE

    18

    Le chapitre inédit (tiré de la version PC) de Gears of War densifie la campagne solo jusqu'ici jugée un peu courte alors que la véritable force du titre réside évidemment dans son multijoueur qui reste une référence dans le genre TPS et promet une fois de plus des centaines d'heures de jeu, pour peu que vous ayez le courage de vous frotter aux joutes endiablées.

  • SCÉNARIO

    12

    Si l'ensemble se laisse suivre sans douleur, on aurait aimé que Gears of War pousse un peu plus loin le contexte de ses événements au potentiel évident (en témoigne les quelques livres disponibles dans le commerce). Quand bien même, le titre enchaine astucieusement les clichés et les situations badass pour offrir suffisamment d'action et de situations épiques aux joueurs en manque de testostérone.

    • Points positifs

      • Un lifting particuliérement réussi
      • Un multijoueur de référence qui profite enfin de l'apport du 60fps
      • Des moments épiques en solo (ou en coop)
      • Toujours possible de jouer en écran scindé
      • Un gameplay rodé et efficace
      • Le Général Raam, jamais égalé
      • Le chapitre inédit tiré de la version PC, un vrai plus
      • Les quelques nouveaux modes de jeu en ligne
      • La bande-dessinée disponible en bonus (mais en anglais)
      • Des skins de personnages tirés du 2 et du 3 en bonus
      • Un respect de la licence prometteur pour Gears of War 4
    • Points négatifs

      • Il faudra se contenter du 30fps en solo.
      • Toujours pas de VOSTFR disponible.
      • Une campagne légèrement en deçà de celle du second opus
      • Le scénario aurait vraiment mérité d'être approfondi
      • On aurait pas dit non pour le DLC Raam's Shadow

    Conclusion

    Particulièrement destiné aux fans de la première heure, Gears of War : Ultimate Edition est un remake sans faille, ou presque. Propulsé par de nouvelles textures, de nouvelles cinématiques et un soin évident porté à  l'ensemble, le titre propose de découvrir ou redécouvrir l'ambiance si particulière du jeu dans les meilleures conditions. En s'appuyant sur le gameplay d'origine, The Coalition insuffle suffisamment de nouveautés pour fluidifier l'ensemble sans jamais trahir le matériau d'origine. Finalement, on regrette, contrairement au multijoueur, que la campagne solo ne soit pas en 60fps elle aussi, mais ce serait chipoter face à  ce qui s'apparente comme la meilleure expérience Gears of War à  ce jour pour tous ceux qui veulent s'y lancer, et notamment pour ses joutes en ligne endiablées.

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  • Les avis du staff

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    Commentaires (1)

    Dryz38 a écrit un commentaire le 05/11/2015 à 10:32

    Perso j'attends la rétrocompatibilité : )

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    Fiche du jeu

    Gears of War : Ultimate Edition

    Support : Xbox One

    Editeur : Microsoft

    Développeur : Black Tusk Studio

    Genre :N/C

    Multijoueur : Oui

    Moyenne des joueurs : - / 20

    Moyenne de la presse : - / 20

    Galerie d'images

    Anecdotes sur le jeu

    Le saviez-vous ?

    Le premier trailer du jeu, présenté à  l'E3 2005, était accompagné du morceau Mad World (interprété par Gary Jules), une musique devenue depuis le symbole de ce premier opus. Les performances graphiques de Gears of War ont contribué à  la popularité du moteur Unreal Engine 3 sur la génération PlayStation 3/Xbox 360. C'est Microsoft qui a insisté auprès d'Epic Games pour intégrer un multijoueur, désormais devenu l'une des références du TPS en ligne.

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