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[TEST] Ori and the Blind Forest

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Le 14/09/2015

Mars 2015, le jeu vidéo connaît un début d'année quelque peu creux au niveau des sorties. Les gros titres tels que Metal Gear Solid V ou encore Until Dawn sont attendus autour du mois de Septembre. Rien à se mettre sous la dent pour les gamers, donc. C'est pourtant durant ce même moment que Moon Studios se décide à pointer le bout de son nez avec un projet : Ori and the Blind Forest. Annoncé quelques mois plus tôt lors de l'E3 2014 avec des visuels très accrocheurs, c'est avec l'aide de Microsoft que sortit ce jour-là le tout premier jeu du studio indépendant. Jeu qui allait, par la suite, conquérir le coeur de milliers de joueurs.

 

Ori, le souffle d'un air qui rassure

Ori and the Blind Forest se présente comme un jeu aux multiples références, mélangeant les univers de l'action, de la plate-forme et de l'aventure. Si de prime abord le joueur pourra être étonné, voire dérouté, de la direction prise par les développeurs de Moon Studios avec Ori and the Blind Forest, les choses évoluent très rapidement dans le bon sens pour le jeu et c'est très vite que le joueur comprendra que rien n'arrive par hasard ; Moon Studios maîtrise ce qu'il fait et c'est donc tout naturellement que le studio nous partage son savoir-faire.

Ori and the Blind Forest, c'est d'abord l'histoire d'un univers. Un univers coloré, riche en émerveillement et en découverte, que le joueur va pouvoir arpenter tout au long de l'histoire du jeu. Un univers tout aussi important que le scénario du jeu s'articule véritablement autour de son monde dans un soucis de cohérence et d'immersion. Ori and the Blind Forest raconte ainsi le périple d'une créature baptisée Ori, personnage que nous allons contrôler tout le long du jeu, qui va devoir braver le danger et la peur afin de ramener à la vie sa mère adoptive, Naru. Afin de mieux comprendre de quoi nous parlons, il est un élément clé à toute cette histoire qui sera votre seul et unique espoir de vie dans ce monde : l'arbre aux Esprits.

Kuro, source du malheur de la forêt de Nibel

 

Tout débute lorsque Kuro, une chouette violette immense, majestueuse et mère de trois jeunes petits, quitte son nid afin de récupérer de la nourriture pour ses progénitures. Au loin, l'arbre aux Esprits surplombant l'environnement brille d'un éclat unique, d'une source intarissable, baptisée ici Seyn et qui est la seule à pouvoir faire vivre le monde. Une énergie indispensable pour la survie de son éco-système, mais qui parvient pourtant difficilement à contenir sa puissance. Tellement puissante et forte qu'une fois Kuro partie, les jeunes petits de la chouette furent rapidement effrayés par Seyn et sombrèrent rapidement dans la mort. Ce qui n'est pas pour faire le bonheur de Kuro qui, à son retour, entame sa quête de vengeance en dérobant Seyn de l'arbre aux Esprits pour l'enfouir dans les clairières englouties.

C'est donc un arbre aux Esprits qui ne possède plus aucune source de lumière, qui va petit à petit transformer ce monde merveilleux en un sinistre et douloureux domaine où la vie s’éteint doucement. Naru, qui vivait alors avec Ori une parfaite complicité constituée de balade dans la forêt et de festins constitués de récoltes des arbres fruitiers, va tenter de protéger et de nourrir jusqu'au bout son petit protégé. Jusqu'à la fin, jusqu'à ce moment douloureux où les arbres ne donnent plus aucun fruit et que nos deux protagonistes s'éteignent dans le silence d'un monde en péril. Toutefois, et dans ses dernières forces, l'arbre aux Esprits parvint à faire revivre le petit Ori pour lui confier une mission qui semble pourtant impossible : faire revivre la forêt de Nibel.

L'arbre aux esprits et son énergie Seyn

 

Entre poésie et plaisir

Pour mener à bien votre mission, vous allez devoir raviver trois éléments qui constituent les principales sources d'énergie de la forêt de Nibel : l'eau, le vent et la chaleur. Chacune de ces sources se situent à un endroit différent de la carte et chaque zone dispose ainsi de son propre environnement. En explorant chacune de ces trois zones, elles vous offrent un élément clé qui vous permettra en toute fin d'accéder à l'intérieur de l'arbre aux Esprits, afin de rétablir le monde tel que vous le connaissiez avant que Kuro ne sème la terreur.

Armé de son courage et de sa volonté, vous allez donc devoir contrôler Ori et combattre des hordes d'ennemis qui vous barrent la route. Cependant, bien que notre protagoniste soit d'apparence frêle et infime, c'est sans compter les nombreuses capacités qu'il va pouvoir apprendre. En effet, Ori and the Blind Forest mélange habilement plusieurs genres du jeu vidéo et notre petit Ori disposera de compétences que vous allez pouvoir acquérir au fil de votre aventure sur huit arbres différents. Huit arbres comme tout autant de compétences que votre personnage pourra apprendre et qui le rendront beaucoup plus fort. Ne parlons pas ici de RPG, puisqu'il n'est pas question de différentes quêtes ordonnées par différentes personnes, parlons plutôt d'un subtil cocktail qui améliore la simple formule du jeu de plate-forme à l'ancienne.

Les différents puzzles nécessitent parfois de la réflexion et de la patience

 

Toujours au niveau des compétences de notre petit protagoniste -subtil croisement entre un lapin et un renard- celles-ci s'avèrent variées et bien pensées. Vous allez ainsi pouvoir grimper sur les murs, lancer plusieurs projectiles ou encore vous servir des tirs ennemis comme de trampolines pour atteindre des hauteurs jusqu'ici inaccessibles. Ori and the Blind Forest n'est clairement pas le premier jeu à proposer une telle ligne directrice, aussi nous pourrions penser que certaines compétences de Ori relèvent uniquement du simple remplissage que d'une véritable utilité. Détrompez-vous, là où Ori and the Blind Forest arrive à remplir sa mission, c'est dans l'utilisation complète des compétences de son héros. Chaque nouveau pouvoir fait écho à une nouvelle zone, chaque pouvoir a sa propre utilité dans la progression du joueur ; un point agréable et grisant permettant d'appréhender l'univers du jeu sous une autre approche.

Des compétences qui se débloqueront au fil de votre aventure donc, et comme il est souvent le cas dans ce genre de jeu, certains chemins et embranchements de la forêt de Nibel nécessiteront de votre part une compétence précise. Une barrière un peu frustrante au premier regard, mais qui s'explique naturellement par une progression du joueur en lien avec les compétences qu'il apprend. Des portions de niveaux qui ne forment qu'un seul et même puzzle, bien en place, et qui met ici en avant la qualité du level design de Ori and the Blind Forest.

Ori combattra les ennemis grâce à un projectile de lumière


 

Nibel et son noyau, un monde cohérent et magnifique

Nous l'avons évoqué un peu plus tôt, la forêt de Nibel est segmenté en différentes portions, lesquelles représentent chacune un élément bien distinct. La principale difficulté pour les développeurs de Moon Studios a été d'allier ces trois univers en proposant un résultat propre et bien assemblé pour le joueur. La mission est réussie, Ori and the Blind Forest possède l'avantage d'une direction artistique incroyable -point sur lequel nous reviendrons- et qui lui permet ainsi de s'adonner à toutes ses envies. C'est donc sans aucun problème que le joueur passe d'un environnement chaud, hostile et dangereux, à un environnement calme et marin sans le moindre faux raccord esthétique, toujours dans le soucis de proposer quelque chose de ludique et d'agréable visuellement.

Doté d'un level-design très bien travaillé, réussissant à mélanger la progression verticale et horizontale, il sera donc très plaisant de se balader à travers les différents environnements de la forêt de Nibel, pour peu que le joueur aime les nombreux allers-retours. En effet, ce qui pourra être plaisant pour les uns risque fort de déplaire à d'autres, très vite lassés par les nombreux voyages parfois inutiles, mais imposés par l'histoire, dans la forêt. La forêt de Nibel est belle, grande, riche, mais à trop vouloir en donner, elle finit parfois par perdre de son intérêt. Un constat quelque peu regrettable, d'autant que le jeu nous offre une direction artistique et un visuel de toute beauté.

Un des trois noyaux élémentaires à libérer

 

Les premières images nous avaient déjà fasciné, Ori and the Blind Forest est un bijou qui nous propose des décors et un univers extrêmement bien travaillé. L'un des plus gros points forts du jeu réside peut-être ici : cette capacité à offrir un univers unique, dans un jeu de grande qualité aux inspirations de jeux cultes tels que Castlevania ou encore Metroid. Les grands esprits se rencontrent et le mélange fonctionne à merveille. La pâte artistique utilisée par l'équipe de Moon Studios ne pouvait être autrement, Ori and the Blind Forest se dote d'un mélange de cel-shading et de traits dessinés au fusain, alliant poésie et volupté. Ori and the Blind Forest est beau, les nombreux environnements sont fournis, détaillés et le jeu ne lésine jamais sur les effets spéciaux. Parfois jusqu'à l'excès, certes, en particulier lors des phases finales de chaque zone où le florilège d'effets pourra parfois venir ternir et empêcher la lisibilité de l'action.

En plus d'un gameplay réactif et riche en possibilités, Ori and the Blind Forest renforce le plaisir de jeu en proposant au joueur un monde merveilleux, dans lequel personne n'hésitera à entrer. A condition d'être prêt à relever un défi de taille.


 

Accessible et exigent

Comme évoqué plus haut, le gameplay de Ori and the Blind Forest est de qualité et les joueurs qui auront l'occasion d'essayer le jeu trouveront rapidement leurs marques. Un avantage pour beaucoup de joueurs qui n'ont pas nécessairement le temps de s'investir dans un jeu pour y prendre du plaisir, mais également une volonté de la part des développeurs d'offrir aux joueurs qui le souhaitent des pièges corsées dans une aventure exigeante et difficile. Disposer d'une formule simple entraîne parfois à un résultat simpliste, beaucoup trop édulcoré. Ori and the Blind Forest arrive à faire l'impasse sur cette fâcheuse tendance à tout donner au joueur. Ici, la survie de la forêt de Nibel est entre vos mains et se mérite : il vous faudra faire preuve de rigueur et de doigté pour éviter de succomber à la mort.

En ce sens, et selon beaucoup de joueurs, Ori and the Blind Forest est considéré comme un die and retry. Avantage ou inconvénient, toujours est-il qu'il vous arrivera à de nombreuses reprises de devoir recommencer le même passage en boucle jusqu'à en connaître les moindres subtilités. Une façon de procéder qui ne plaira pas à tout le monde, cela peut être compréhensible, mais les sentiments d'accomplissement et d'évolution personnelle régulent la dynamique du joueur et feront office de motivation pour progresser.

Autre volonté de rendre l'expérience la plus authentique et brut, les développeurs de Moon Studios ont élaboré un système de sauvegarde manuel qui n'est plus dans l'habitude des joueurs. Ainsi, si vous souhaitez sauvegarder votre progression dans le jeu, deux possibilités s'offriront à vous : sauvegarder en créant ses propres checkpoints (l'utilisation de ses checkpoints videra votre barre de mana) ou bien vous rendre dans des Puits aux Esprits ; des emplacements disséminés un peu partout dans la carte. Ainsi, le jeu renforce sa rigueur et son exigence et chaque défaite devra être considérée comme votre seul échec, si vous avez oublié de sauvegarder, c'est votre problème.


 

La belle surprise

Méfiant jusqu'au bout, c'est rassuré et heureux que nous avons vécu avec Ori and the Blind Forest une aventure intense, rythmée et rafraîchissante. Dans un milieu où Rayman et Mario semblent régner aujourd'hui en maître, il existe pourtant des studios capable d'apporter un vent nouveau et inattendu en matière de jeu de plate-forme. Loin d'être parfait, avec une fâcheuse tendance à compliquer certaines choses quand il ne le faudrait pas, des allers-retours quelque peu fastidieux ou encore des effets visuels parfois surexploités, Ori and the Blind Forest reste toutefois une expérience qui offre énormément. Auréolé d'une bande sonore enchanteresse qui accompagne chacun des grands moments du jeu, c'est donc sans aucune hésitation que nous vous conseillons de prendre part à cette belle aventure. Microsoft a su voir en Moon Studios une équipe talentueuse, pleine de passion. Ori and the Blind Forest, leur premier jeu, en est la preuve parfaite.

 

  • JOUABILITÉ

    17

    Le gameplay du jeu offre de nombreuses possibilités d'interactions qui renforcent la diversité du titre. Certes petit, Ori n'en demeure pas moins très maniable et agréable à  contrôler, les compétences qu'on apprend au fil de l'aventure sont bien pensées et s'articulent autour de la progression du joueur.

  • GRAPHISMES

    18

    Presque un sans faute. Une direction artistique extraordinaire qui vient sublimer un jeu déjà  très bon dans ses mécaniques. Les différents environnements de la forêt de Nibel regorgent de détails et chaque univers est un véritable tableau. Seul reproche notable, la surexploitation de certains éléments visuels comme les explosions lors de certaines phases, qui viennent souvent gâcher la lisibilité de l'action.

  • BANDE SON

    18

    Les différentes compositions musicales du jeu sont en parfaite harmonie avec l'ambiance du titre et viennent renforcer la poésie et le mystère. Une bande son marquante, qui demeure l'un des gros points forts du titre tant elle est de qualité.

  • DURÉE DE VIE

    16

    Une dizaine d'heures vous sera demandée pour accomplir la destinée d'Ori. Une durée convenable pour un jeu de cette envergure, même si on aurait apprécié un peu plus de surprise dans son contenu.

  • SCÉNARIO

    15

    Presque anodin, le scénario du jeu reste pourtant solide et parfaitement en accord avec le monde qui nous est proposé. Le joueur ne s'attardera pas véritablement sur cette partie là  du jeu, bien qu'elle ait son importance pour qu'il comprenne de quoi il en retourne.

    • Points positifs

      • Un univers de toute beauté
      • Un gameplay généreux et profond
      • La bande sonore qu'il fallait
      • Poétique et rafraichissant
      • Un jeu exigeant dans l'effort, gratifiant dans le succès
      • Un studio qui fait les choses avec coeur et passion !
    • Points négatifs

      • Des allers-retours pénibles et rébarbatifs
      • Trop d'effets spéciaux à  certains endroits du jeu
      • Le 100% se réalise en une seule partie

    Conclusion

    Moon Studios nous offre avec Ori and the Blind Forest un jeu réalisé avec le cœur, véritable pot-pourri où se mélange avec subtilité différentes sources d'inspiration pour réaliser un jeu unique. C'est avec une direction artistique maitrisée et impressionnante visuellement que ce titre s'est d'abord fait connaître, c'est avec son univers et tout ce qu'il nous propose qu'il restera longtemps dans notre cœur de gamer. On regrettera que l'aventure d'Ori and the Blind Forest soit teintée de quelques défauts mais rien n'est parfait, et si jamais vous avez envie de prendre part à une aventure que vous n'êtes pas prêt d'oublier, foncez.

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  • Les avis du staff

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    Commentaires (4)

    Titiboy a écrit un commentaire le 14/09/2015 à 21:09

    Super ! Merci beaucoup.

    loveandpeace a écrit un commentaire le 15/09/2015 à 16:59

    ça donne envie c'est sûr !

    Vesperia a écrit un commentaire le 17/09/2015 à 11:45

    J'avoue que même en ayant déjà fait le jeu, lire le test m'a donné envie d'y rejouer :D

    Dryz38 a écrit un commentaire le 10/11/2015 à 11:33

    Ce jeux est l'une de mes revelations de cette année !!! J'ai passé un tel plaisir à finir de bout en bout ce jeux. Vivement une extension qui a été annoncé il y a quelques temps. Et très sympas le test ; )

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    Qui est notre testeur ?

    Galwii : Webdesigner & Développeur

    Tout a débuté sur une Super Nintendo avec l'excellent Super Mario World. Mon expérience de joueur a débuté avec des titres emblématiques, Donkey Kong Country, Earthworm Jim, Mr Nutz et bien d'autres. Plus tard, je me suis tourné vers le PC où je me souviens encore des folles parties de Midtown Madness. Une très belle époque, avant de me lancer de plein pied dans le jeu vidéo avec la première Xbox. Halo, Top Spin, PGR, des indispensables qui ont forgé mon appétit de gamer.

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