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[TEST] Persona 4 : The Golden

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Le 11/09/2014

 

Il y a des trucs que les japonais ont du mal à partager avec le reste du monde. Outre leurs recettes secrètes de sushis aux poissons mortels, cela concerne plus particulièrement le jeu vidéo. Et pas n'importe quel style de jeux, ce qui sort trop peu souvent des frontières du pays du soleil levant est le RPG, ce fameux genre qu'ils font mieux que personne. Il faut dire qu'ils s'y connaissent les filous en absurde et en univers atypiques. Certaines productions ne feraient évidemment pas mouche en occident, des titres qu'on pourrait qualifier de « trop japonais ». Pourtant on est rarement déçu lorsque l'un de ces titres paraît dans nos contrées, d'où une attente de plus en plus prononcée pour certains noms, dont la série Tales of ou encore Persona par exemple. Ce dernier tout particulièrement semble filtré aux frontières, tant et si bien que nous, pauvres petits européens que nous sommes, n'avons pu toucher qu'à une infime poignée d'épisodes affiliés à l'univers de Shin Megami Tensei. Mais réjouissons nous, même si la Vita compte déjà bien trop de remakes HD, au moins pour une fois il s'agira de J-RPG, et de surcroît de l'un des jeux les plus complets et complexes que la Playstation 2 ait accueillit en son temps, malheureusement nullement traduit de l'anglais. Retour sur l'un des monuments du jeu de rôle japonais plus de cinq ans après sa première sortie française.

 

Un coup de neuf


À l'époque de sa sortie sur Playstation 2, en 2009 (ça ne nous rajeuni pas...), Persona 4 était une claque visuelle relativement intense, même s'il avait déjà quelques années derrière lui, ayant traîné avant de traverser nos frontières. Une fois encore, ce portage, ou remake selon le terme que vous préférez, pose le problème de la refonte graphique. Ici, on a juste plaqué sur l'image d'origine un philtre haute définition, la solution la plus simple et rapide qu'avaient à portée les développeurs. Et à l'instar de la collection Metal Gear pour ne citer qu'elle, le résultat est plutôt agréable, voire même relativement joli par bien des égards. On sent bien que la technique date clairement, que certains trucs sont restés bloqués dans une époque désormais révolue, mais rien de bien choquant, en dehors de la rigidité des personnages lorsqu'ils ne sont pas en combat. Ce qui sauve tout particulièrement la donne est évidemment le style graphique, artistique, très original et coloré, offrant au soft une ambiance visuelle des plus dépaysantes et relativement intemporelle. Cette patte est d'autant plus intéressante dans le cas présent dans la mesure où l'image sur Playstation 2 bridait ce bariolage plaisant en le ternissant involontairement. Symptôme récurent de la console de Sony, que l'on retrouve notamment dans un certain Resident Evil 4 qui y perdait un minimum de saveur.

Persona 4 nous fera voyager à travers deux mondes bien distincts : la réalité et l'univers derrière l'écran de télévision. Dans l'un, relativement concis, on retrouvera l'architecture typique des petite villes japonaises actuelles, que l'on peut observer par exemple dans une infinité de mangas. Cette partie sera pour le moins dépaysante il faut le reconnaître, bien qu'elle ne soit pas d'une beauté extraordinaire. On retrouvera aussi l'ambiance très particulière des lycées japonais, puisque le quotidien de nos héros passera tout d'abord par une vie d'étudiant banal. De l'autre côté de l'écran, place à du donjon, chacun d'entre eux ayant ses spécificités de teintes et de formes évidemment. L'embêtant de ce type de progression est la répétitivité, car sans en connaître les motifs nous savons d'avance à quoi ressemblera le prochain. La musique n'aide en rien à se débarrasser de cette impression frustrante, puisqu'elle est elle même des plus répétitives. Pourtant pas mauvaise, vraiment bonne même dans son genre très japonais, et une fois de plus très dépaysante, mais il faut avouer que se cogner les mêmes sonorités durant toute l'aventure n'est pas des plus agréables. Les dialogues sont doublés en anglais et relèvent véritablement le niveau. Certes certains se plaindront de l'absence de doublages japonais, mais pour le coup ça n'est en rien dérangeant.

 

Quelque chose de très particulier tout de même !


Persona 4 n'est pas un RPG comme les autres. Il possède des caractéristiques qu'on ne trouve pas dans n'importe quel titre, et il s'avère assez compliqué à prendre en main dans les débuts. Bien qu'il faut l'avouer le plus grand souci réside dans la langue d'écriture du jeu, qui n'a subit aucune traduction dans celle de Molière. Un détail loin d'être insignifiant, qui change beaucoup de choses, puisque de surcroît le niveau d'anglais requis est loin d'être infime. Pour tout joueur non bilingue il va parfois falloir s'accrocher pour comprendre, que ce soit l'histoire ou l'ensemble du gameplay et des menus. Tout cela pose un véritable problème : il faut un temps d'adaptation énorme avant d'apprécier pleinement ce Persona 4. D'autant que le scénario met un temps fou à se lancer lui aussi, et que l'ensemble reste moins rythmé que ce qu'on a l'habitude de voir. Si le joueur ne s'accroche pas durant la première dizaine d'heures de jeu, il laissera purement et simplement tomber. Le premier concept qu'il faudra prendre en compte est celui de liens sociaux. En effet chaque personnage étant assez proche du joueur pour avoir créé des liens avec lui entraînera un effet bénéfiques sur ses pouvoirs, mais surtout se convertira en gain supplémentaire d'expérience lorsqu'il s'agira de fusionner les monstres que les héros invoquent, nommés Personas.

Les Personas que le héros utilisera seront déterminantes lorsqu'il faudra traverser l'écran de télévision. Le système de combat fonctionne autour de faiblesses et de forces, chaque monstre ayant sa faiblesse (quoique parfois ils n'en ont aucune) et sa force, lorsque celles-ci ne sont pas au pluriel. Il en va de même pour les Personas, qui transmettent ces caractéristiques à leurs porteurs. D'où l'intérêt de la fusion, car il n'est pas rare de pouvoir obtenir une nouvelle invocation à la fin d'un affrontement, et leurs puissances varient beaucoup. Il y a de surcroît énormément à gagner en terme de pouvoir. Les choses sont légèrement simplifiées cependant dans la mesure où seul le personnage principal, celui que le joueur incarne, pourra avoir plusieurs Personas. Les autres n'en changeront pas durant le cours de l'aventure et conserveront donc les mêmes faiblesses et les mêmes forces. Ce système fonctionne bien, il se révèle particulièrement intéressant et offre une multitude de possibilités, rendant par la même les combats plus captivants qu'ils ne le sont dans les débuts. La suite est assez simple, on retrouve un système de commerce classique, permettant cependant d'être maître de ce que le vendeur aura à offrir. Chercher des matériaux au sein des environnements sera primordial en cela, puisque ce que l'on vendra au forgeron déterminera des objets qu'il mettra en rayon. Un concept sympathique une fois encore.

La ville est certes petite, pourtant il y a énormément à y faire et à y apprendre. Selon le moment où l'on passera à un endroit spécifique, il ne s'y passera pas les mêmes choses. Parfois on rencontrera des personnages importants par pure chance. Le jeu joue beaucoup avec la notion de temps, et fait en sorte que le joueur gère ses actions dans la journée comme il le ferait s'il la vivait réellement. On est donc parfois contraint d'aller se coucher même si on ne le voulait pas, ou encore on ne peut pas rentrer à la maison avant le soir si on l'a quitté le matin. Tout ceci rend les choses plus complexes, il faut savoir gérer son temps à la fois pour la vie réelle, mais aussi en ce qui concerne les événements à l'intérieur de la télévision. Si l'on met trop de temps à aller y secourir une victime, elle mourra, ce qui est synonyme de game over pur et simple. Heureusement, le jeu nous rappelle régulièrement les choses importantes comme celle-ci, ce qui empêche plus ou moins d'être perdu, même en reprenant la console plusieurs jours après avoir sauvegardé. Il faudra aussi faire très attention à la météo dans cette gestion étrange du temps, car c'est elle qui influera sur la télévision, sur les enlèvements, et aussi c'est elle qui nous indiquera le temps restant avant que les victimes coincées derrière l'écran ne meurent. Elle aura aussi des conséquences dans le monde réel, quoique moindres.

 

Un background des plus complets


Le seul réel défaut de ce Persona 4 est la présence imposante d'une foule de dialogues qu'il sera impossible de sauter d'un simple coup de Start. L'histoire est touffue et s'attarde parfois sur des éléments dénués d'intérêt, ou qui paraissent de prime abord même dénués de sens. Une fois la dizaine d'heures d'habilitation passée, l'intérêt de l'intrigue n'est plus à prouver, malgré le fait qu'elle soit toujours aussi peu rythmée. Dommage que l'absence de traduction soit aussi handicapante à mesure que le scénario prend de l'ampleur, il sera difficile de comprendre absolument tout, bien que souvent il suffit de réfléchir un peu pour trouver la traduction. Les personnages ont beaucoup à dire, et parfois ils nous questionnent même (peut-être bien pour voir si l'on suit !). Ce qui est à la fois amusant et compliqué, car ce qu'ils attendent de nous, notamment en classe, est parfois LA bonne réponse. Or le savoir nécessité est loin d'être général, et donc le challenge est vraiment très élevé. Ce qui est vrai aussi dans l'ensemble du jeu et pas seulement à cause de la non traduction. Les combats sont rudes, les ennemis ne lâchent rien, et il vaut mieux être motivé à engranger de l'expérience avant le début de l'aventure. Sans combattre beaucoup il sera très difficile d'arriver à la fin, idem si l'on ne prend pas en compte tous les paramètres, tels que les liens sociaux.

Persona 4 : The Golden a deux spécificités supplémentaires par rapport à la version d'origine sur Playstation 2. La première, et la plus remarquable, est la possibilité d'accéder à un tout nouveau menu en touchant deux fois l'écran tactile. Celui-ci ne sera pas d'une grande utilité, certes, puisqu'il permettra simplement d'accéder à quelques informations relatives au background de Shin Megami Tensei, sous forme de vidéos. Cependant il faut avouer que cette affluence de contenu en rab n'est pas déplaisante, couplée à l'ensemble déjà particulièrement bien fourni. Il sera aussi possible d'y revoir les cinématiques du jeu, de visionner les trailers des opus de la série (dans leur version jap cependant), d'accéder à la soundtrack entière de Persona 4, ou encore d'accéder à de petites scènes musicales directement filmées lors de concerts donnés en l'honneur de Persona. Des petits plus qui ne font qu'agrémenter un ensemble déjà merveilleusement complet, pour notre plus grand plaisir. Le second ajout est le mode online, qui ne permettra que de savoir ce que la majorité des joueurs ont décidé de faire durant leurs journées au cours de l'aventure. C'est un ajout négligeable dans la mesure où mieux vaudra faire ses propres choix pour découvrir au mieux l'aventure, et surtout par ses propres moyens.

  • JOUABILITÉ

    18

    Son passage sur PS Vita n'a fait que l'arranger, Persona 4 : The Golden est proche de la perfection dans sa catégorie, bien qu'il manque encore de rythme.

  • GRAPHISMES

    15

    Le philtre HD est de bonne qualité et fait ressortir le caractère très bariolé de l'aventure. Un plus que n'avait pas la Playstation 2 qui ternissait complètement le jeu, malheureusement. L'ensemble est plutôt joli, bien que certains détails sont sans cesse là  pour nous rappeler la provenance lointaine du titre...

  • BANDE SON

    15

    Les morceaux sont très bons et relativement dynamiques, dommage qu'ils soient si peu nombreux et si répétitifs. On finit par les avoir en tête et par vouloir les désactiver. Ce qui n'est pas le cas des doublages anglais, qui sont d'une qualité tout à fait remarquable.

  • DURÉE DE VIE

    18

    Le jeu est très long, et il ne faut pas s'attendre à en avoir fait le tour avant une bonne cinquantaine d'heures. Et il dispose en sus d'un mode New Game + qui permet de doubler (voire de tripler ou quadrupler) cette durée de vie déjà extraordinaire.

  • SCÉNARIO

    16

    Dommage que les personnages parlent trop et que le rythme soit aussi faiblard, car il faut bien avouer que ce Persona 4 est très intéressant, voire captivant, et tellement complet.

    • Points positifs

      • Une durée de vie en béton armé
      • Le background super touffu
      • L'histoire captivante...
    • Points négatifs

      • bien qu'assez molle
      • Un problème de rythme dans l'ensemble
      • Le jeu est entièrement en anglais

    Conclusion

    Persona 4 : The Golden est le copié collé du titre que l'on a pu toucher sur Playstation 2 il y a environ cinq ans. Sa refonte graphique n'est pas exceptionnelle, et les ajouts ne sont pas non plus parmi les plus remarquables. Cependant ce titre est pour le moins surprenant, et d'une complexité difficilement égalable. De surcroît, même s'il a un peu vieilli et que son manque de rythme est un handicap à prendre en compte, il reste l'un des monuments incontournables du J-RPG de la dernière décennie. Un must à posséder, à condition d'avoir un niveau d'anglais assez élevé.

    16

  • Les avis du staff

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    Commentaires (2)

    * a écrit un commentaire le 12/09/2014 à 16:36

    Owww yeahhh ! Super test itokiry ;)

    GalWii a écrit un commentaire le 20/09/2014 à 10:52

    La classe itokiry, super test !

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    Testeur de jeux vidéo

    J'ai eu quasiment tout depuis la sortie de la nes, mais mes trois gros coups de coeur (accessoirement les consoles sur lesquelles j'ai le plus joué) sont la Game Boy Advance, la PSP et la Nintendo DS.

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