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[TEST] God of War 3

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Le 03/01/2013

                                      

Trahi, poussé à tuer sa femme et sa fille, livré aux pires supplices dans sa quête de vengeance avant d'enfin atteindre le statut de dieu, seulement pour être de nouveau trahi et jeté dans l'Hadès. La vie de Kratos, le fantôme de Sparte, le grand albinos devant qui les Spartiates se prosternent, n'a pas été de tout repos mais enfin il sent une paix venir. Car alors qu'il s'élève, montant à l'assaut de l'Olympe il sait que cette route sanglante marquera la fin de sa lutte sans répit. Enfin il trouvera la quiétude. Mais pour y parvenir, beaucoup de sang devra être versé

 



Au commencement il n'y avait que le Chaos

Un grand nom du Beat'em All revient sur notre console de salon préférée. Une des meilleurs exclusivités Playstation 3 est de retour et une chose est certaine, on ne sera pas déçus du voyage. Le titre s'ouvre sur une magnifique scène cinématique réalisée avec le moteur du jeu. Les titans ont été réunis par Kratos pour monter à l'assaut de l'Olympe. Déchu de son titre de dieu de la guerre, le Spartiate ne désire qu'une chose, verser le sang de tous les dieux qui subsistent encore dans ce palais du vice. Posséidon, Hadès, Hélios, Hermés, Zeus, tels sont les noms de vos victimes du jour. Et tout de suite on est plongés dans le bain de sang. Perché sur la tête de Gaia, on se retrouve plongé dans une mélée furieuse. Les ennemis vous sautent dessus par vague et vos chaines ne seront pas de trop pour vous en débarasser. Aussitôt, c'est l'impression de surpuissance qui nous saute aux yeux. Les combos s'éxécutent avec une simplicité déconcertante tout en restant assez techniques pour qu'un joueur chevronné puisse contrôler ses timings au centième de seconde près. Dès le mode Titan, il faudra persévérer dans la connaissance de tous ces enchainements pour maitriser les timings d'attaques et d'esquives (qui s'éxécutent avec le joystick droit pour une prise en main parfaite) pour éviter de passer l'arme à gauche trop vite. Attaque légère, attaque lourde, magie, grab et objets supplémentaires (arc, bottes de supervitesse ou tête d'Hélios qui permet d'aveugler les ennemis), les possibilités sont assez nombreuses pour donner lieu à des combats techniques et variés. Mais c'est surtout la nervosité qui vous tiendra en haleine lors de ces joutes. Passés les premiers ennemis, on se retrouve rapidement face au premier boss, Posséidon, que l'on affrontera en plusieurs combats séparés par des petites séquences de varape et des combats contre des mobs. La mise en scène est magnifique et nous colle parfaitement à l'action grandiloquente. Ainsi, on se retrouvera bien vite à combattre à l'envers, alors que Gaia se courbe sous les assauts du Dieu. Il faudra apprendre impérativement les cycles d'attaque de l'ennemi pour éviter de se prendre ses attaques dévastatrices et il faudra rester vif et aux aguets. Enfin, une dernière QTE se déclenche (le jeu en est friand mais ce n'est pas pour nous déplaire puisque, bien loin de couper l'action, elles ne font que l'intensifier en lui offrant une mise en scène digne des blockbusters). Kratos plonge, attrape le dieu, le projette sur le sol et le tabasse avant de lui briser la nuque. Enfin un peu de calme, enfin un peu de repos, enfin on peut souffler après cette avalanche de combats et cette pluie de sang. God of War 3 vient de commencer et on le comprend d'entrée de jeu, il ne nous lâchera pas avant de nous avoir administré une overdose de testostérone.

 

Le Tartare, l'endroit où les âmes viciées expient leurs crimes. Un terrain de jeu rêvé pour notre meurtrier sans scrupules.



Poussière, tu retourneras à la poussière

Graphiquement le jeu est magnifique, malgré son âge. Les décors sont gigantesques, avec une distance d'affichage en plan fixe assez impressionante et sont pleins de vie et d'âme. Du fond du Tartare aux sommets de l'Olympe, les environnements les plus glauques s'enchainent, toujours avec ce soucis du détail. Les personnages ne sont pas en reste et si on peut regretter quelques bugs de collision, les animations sont globalement très fluides et réussies. Notre Spartiate saute, frappe, vole, cours, pousse et à chaque mouvement on peut voir ses muscles se tendre sur son dos nu et le sang le recouvrir au fur et à mesure qu'il éviscère les ennemis. Mais là où les graphismes et l'ambiance s'enflamment, c'est lors des moments épiques que sont les combats de boss, les QTE et les séquences de chute libre. Lors des ces moments d'adrénaline pure (oui, les QTE peuvent être tendus), la mise en scène atteint des sommets et on se demande si on est encore dans un jeu ou dans un blockbuster hollywoodien. Il n'y a pas à dire, on est directement plongés dans le bain de sang. Et contrairement à Call of Duty, God of War ne délaisse pas le gameplay au profit du grand spectacle. Si les affrontements peuvent paraitre un peu bourrins et qu'ils se traversent en martelant les boutons d'attaque en mode facile, le mode Titan apporte tout de suite une nouvelle dimension. Là il n'est plus question de marteler les touches comme un tard, il faut savoir utiliser la bonne arme (parmis une sélection de 4 qui ont toutes leurs spécificités et entre lesquelles on switch avec le pad directionnel), le bon combo et avoir le bon timing pour les esquives puisqu'aucune possibilité de garde ne vous est offerte. Les combats se transforment alors en balets où votre Kratos se doit de rester en mouvement constant pour éviter toutes les lames brandies en quête de sa chair. Vos meurtres vous octroient des âmes que vous pourrez ensuite dépenser pour améliorer les différentes parties de votre équipement alors que les différents trésors que vous trouvez dans les coffres dissimulés dans les niveaux vous permettent d'augmenter la taille de votre barre de vie ou de mana. Petit à petit, vous vous améliorez, devenant une véritable machine à tuer. Le fait de pouvoir choisir quelle arme upgrader vous permet d'orienter votre personnage sur du combat bourrin mais statique ou mobile et dynamique, vestige de l'orientation RPG des Beat'em All d'antan. Mais ne vous y trompez pas, l'intérêt principal du jeu réside dans les tueries ultra gores et sanglantes et pas dans la gestion des âmes.

 

Si God of War est un jeu résolument tourné vers l'action décompléxée, il renoue avec la tradition des jeux d'aventure d'antant en nous proposant des petits puzzle ou énigmes. Même s'ils ne sont pas très compliqués, ils ont le mérite de nous divertir, à l'instar de ce qu'on pourrait trouver dans un Uncharted

 



Si Zeus voulait écouter les voeux des hommes, tous périraient, car ils demandent beaucoup de choses qui sont nuisibles à leurs semblables.

En lisant mes lignes vous vous dites "ouais encore un Beat'em All classique où on affronte des vagues de sbires puis des boss, c'est toujours pareil". Et bien en un sens oui. Mais c'est oublier la principale force de God of War, sa narration et sa mise en scène. Même si l'histoire n'est pas très compliquée, elle s'étoffe légèrement au fur et à mesure de votre progression, juste assez pour qu'on se sente investi par la mission du vengeur blanc. Pour détruire Zeus il faut pulvériser la flamme de l'Olympe et ouvrir la boîte de Pandore. Après un affrontement écourté contre le père des dieux, Kratos se retrouve plongé dans les enfers mais ce n'est que pour mieux en revenir, puisque c'est dans les tréfonds de l'Hadès qu'a été enfermée l'arme permettant d'affronter l'ennemi suprême. Autant vous le dire tout de suite, une fois que vous commencez une partie de God of War, vous avez intérêt à annuler toutes vos obligations de la journée car ce titre ne vous lâche pas. Plongé sous un déferlante d'action et d'effets spéciaux, vous n'êtes pas pour autant assomés par les feux d'artifices incessants comme cela pourrait être le cas sur un Call of Duty, moins fin sur la mise en scène. God of War vous ménage quelques instants de calme, pendant lesquelles vous devrez résoudre des énigmes somme toute assez basiques ou tout simplement progresser à travers une plaine dévastée mise en valeur par des plans de caméra scryptés du plus bel effet. La caméra fixe (ou du moins sur laquelle vous n'avez aucun contrôle) permet d'avoir toujours une vision optimale du champ de bataille (même si vous aurez immanquablement quelques problèmes lorsque vous vous trouverez en arrière-plan, caché derrière des minotaures cinq fois plus grands que vous) et offre un outil totalement maîtrisé au metteur en scène. Les décors n'en sont que mieux mis en valeur et il faut avouer qu'ils envoient sérieusement du pâté. Pendant plusieurs heures, vous arpenterez la même zone de niveau pour résoudre une énigme ou juste pour progresser et pendant ce laps de temps, la narration vous lâche, vous laisse libre d'affronter les ennemis sans vous harasser en vous rappelant le but de toutes vos actions. Vous vous sentez comme perdu, seul au monde, face à l'adversité universelle, comme un baroudeur qui s'enfonce dans l'obscurité et il faut avouer que ces moments sans narrations sont assez envoûtants par là-même. Puis soudain, on vous reprend en main. Une tentacule jaillit du plafond et enclenche une QTE qui ne vous laissera que peu de temps pour réagir et échapper à la mort. Aussitôt le rythme s'emballe et vous vous retrouvez à marteller les boutons, esquivant les attaques de ce nouvel ennemi qui semble invincible, essayant d'apprendre ses patterns et de comprendre la marche à suivre pour le battre. Esquive gauche, esquive droite, magie, coup direct, esquive arrière. La chorégraphie s'installe et haletant, vous vous retrouvez les yeux rivés sur votre téléviseur, à en oublier le reste du monde. Et c'est ce genre de moments qui nous réunit tous dans la passion du jeu vidéo, le moment où plus rien n'existe à part votre avatar et son terrible ennemi. Enfin la QTE se déclenche, vous pensez souffler mais vous vous retrouvez dans une séquence de chute libre, à manoeuvrer entre les débris et les obstacles à une vitesse hallucinante. Interdiction de cligner des yeux pendant ces séquences sinon c'est la mort assurée. Et enfin, votre lame plonge dans le coeur de votre ennemi et vous vous retrouvez de nouveau au calme. Et autant vous dire que lorsqu'on sort d'un jeu comme Diablo 3 où l'on progresse par petites difficultés, sans vraiment d'encombres, subir un tel ascenceur émotionnel et monter à l'assaut d'un tel pic de difficulté soudaine est incroyablement revigorant. D'autant plus que le combat est magnifiquement mis en scène (oui je me répète mais il faut bien insister sur ce point).
 

L'interface sobre est réduite au minimum pour ne pas encombrer l'écran. On peut ainsi jouir de cette tuerie en plein écran sur le nouvel écran plat. Et il faut avouer que ça claque sévère

 


N'oublie pas le nom de celui qui t'a mutilé car son nom est Personne.

Après tout ce que je viens de dire peut-on encore trouver des défauts à God of War 3? Graphismes, mise en scène, musique, narration, gameplay, difficulté, tout semble parfait. Néanmoins il subsiste quelques aspérités. Sur le plan de la difficulté déjà, même si le jeu est globalement bien équilibré, on se retrouve parfois confronté à des phases ridiculement difficiles et frustrantes. Les séquences de chute libre peuvent sembler amusantes et dynamiques au début mais au fil et à mesure de l'aventure on se rend vite compte qu'elles sont également incroyablement frustrantes puisqu'alors qu'on est censés avoir le droit à 3 impacts avant de mourir, en réalité le premier choc immobilise Kratos pendant quelques secondes tout en innodant l'écran d'une gerbe de sang qui bloque toute visibilité, si bien qu'à moins de bouger tout à fait au hasard et d'avoir de la chance, on perd tous les points de vie dans la foulée. Ensuite les doublages français ne sont pas d'une grande qualité, surtout la voix de Kratos, qui crie tout le temps sans qu'on n'entende sa voix, la faute sûrement à une balance sonore approximative. Le jeu d'acteur est donc assez déficient et sera à oublier. Sur le plan du gameplay, le fait de blinder la mise en scène de QTE est très intéressant pour le spectateur que nous sommes mais force est de constater que parfois, trop c'est trop et qu'on décroche complètement de l'action. De même, les finish-moves, mini-QTE à réaliser en combat sur les monstres un peu plus gros que la moyenne (minotaures, gorgones, chimères). Elles interrompent le combat et nous permettent la plupart du temps d'échapper à des attaques que l'on n'aurait pas dû esquiver. On retrouve alors le même problème que dans Deus Ex où vous adversaires tournent autour de vous sans rien faire alors que vous étripez joyeusement leur ami. En plus de rendre les joutes plus faciles, cela nuit également à la vraissemblance du jeu et donc à l'immersion. Enfin, la prise en main des montures (les cyclopes ou les petites cerbères quand on leur monte dessus) est assez imprécise et ces phases sont largement dispensables. Voilà les défauts les plus notables jetés en vrac. Mais ne vous y trompez pas, aucune de ces tares ne justifie que vous passiez à côté de ce magnifique jeu. Même sans avoir joué aux précédents volets vous pourrez vous faire plaisir en étripant les créatures mythologiques, en décapitant les dieux et en couchant avec Aphrodite (le pied). Et avec le jeu qui devrait être disponible (déjà ou incessament sous peu) en version Platinum, vous n'avez aucune excuse pour ne pas vous laisser tenter par ce monument de la Playstation. Un monstre, un dieu, une légende qui mérite sa renommée.
 

  • JOUABILITÉ

    17

    Rien à redire, le jeu est fluide, on enchaine les esquives et les attaques dans un balet du plus bel effet. Les QTE sont plaisantes car nerveuses et peu permissives et leur nombre peut-être un peu trop important ne parviendra pas à ternir le tableau

  • GRAPHISMES

    17

    C'est beau c'est fin c'est glauque. Que ce soient les décors qui profitent de la caméra en plan fixe pour se permettre d'être magnifiques et transpirant de vie, les animations criantes de vérité, les personnages tous plus redoutables les uns que les autres ou dans les QTE sanglantes où les tripes et le sang pleuvent sur la terre, les graphismes ne connaissent pas la crise et c'est une véritable délice pour les yeux

  • BANDE SON

    14

    Si les musiques sont sympathiques tout en sachant se faire discrètes quand il le faut, le voice acting à la ramasse au niveau des doublages français vient considérablement ternir le tableau et nuit à toute l'immersion créée par ailleurs. Quand les éditeurs comprendront-ils que la VO c'est mieux? Ou alors embauchez des vrais acteurs pour la version française

  • DURÉE DE VIE

    16

    A une époque où les jeux d'action se terminent en 6 heures, réussir à tenir plus de quinze heures sur un Beat'em All est louable. D'autant qu'il n'y a pas vraiment de temps mort. Entre les phases plus laxes où on arpente le niveau à notre rythme en éliminant les ennemis et résolvant les énigmes, et les phases d'action pure et d'adrénaline en intraveineuse, rien n'est à jeter et on ne s'ennuie pas un instant lors de ce périple

  • SCÉNARIO

    14

    Vous vous en doutiez, ce n'est pas sur son scénario que l'on attendait God of War 3. Néanmoins il se permet le luxe de tenir la route, avec la conclusion de la trilogie, la vengeance qui arrive à son terme, le dernier combat entre le père et le fils. Les ficelles scénaristiques sont visibles des heures à l'avance et la fin est assez navrante mais ne crachons pas sur ce point annexe. Le scénario fait le taf et c'est tout ce qu'on lui demande

    • Points positifs

      • Mise en scène
      • Action débridée
      • Difficultée au rendez-vous
      • Bestiaire impressionant
    • Points négatifs

      • Voice acting à la ramasse
      • Quelques soucis de gameplay (chute libre et montures)
      • Peut-être un peu trop de QTE

    Conclusion

    Une série grandiose se termine en apothéose. Les défauts sont très peu nombreux et facilement négligeables, ce qui fait de ce titre un défouloir magnifique, bien mis en scène, gore à souhait et plaisant à jouer sans pour autant être trop facile. Tous les possesseurs de Playstation 3 se devraient de posséder un tel titre.

    17

  • Les avis du staff

    En complément de ce test, les autres membres du staff peuvent aussi vous donner leur avis sur le jeu

    Commentaires (5)

    Titiboy a écrit un commentaire le 03/01/2013 à 13:39

    OHH VERY GOOD, je le voulais celui là !

    * a écrit un commentaire le 05/01/2013 à 16:30

    Excellent test Daemon ! =D Il me tente grandement ce jeu (mais je n'ai joué que furtivement aux anciens volets...)

    const a écrit un commentaire le 05/01/2013 à 17:05

    Un des meilleur jeu PS3 ! Merci

    antokaz a écrit un commentaire le 15/01/2013 à 10:52

    un tres bon test daemon, on voit ke tu as eu un gros coup de coeur pour le jeu
    tu as du vocabulaire et une très bonne syntaxe.
    par contre je ne comprends pas trop pourquoi tu compare tant avec call of qui n'a rien à voir...
    mais c'est un super test ;) bravo

    daemonfire a écrit un commentaire le 19/01/2013 à 11:17

    Certes ça n'a rien à voir mais la série des Call of Duty tend vers un idéal qui s'inspire de god of war. Y a qu'à voir les tonnes de QTE qu'on te sert dans les COD, les séquences d'adrénaline pure (genre course poursuites etc), ils essaient d'en faire un FPS grand spectacle plein de mise en scène au même titre que God of War est un beat-em-all somme toute classique mais garni de scènes épiques et explosives. En ce sens Call of Duty essaie de devenir un God of War FPS mais si les derniers volets ont prouvé quelque chose c'est bien que toute la mise en scène et l'epic qu'ils veulent y mettre ne fait qu'alourdir le jeu et en faire finalement un film interactif de seconde zone.

    Après bien sûr c'est mon opinion et ma vision des choses mais c'est comme ça que je le pensais. :)

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