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[TEST] Portal

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Le 29/10/2012


Vous vous réveillez dans une cellule immaculée, sans savoir ce que vous faites ici. Qui êtes-vous? Quel est cet endroit? Autant de questions qui devront rester sans réponse. Car une voix s'adresse à vous et vous annonce que vous venez d'entrer dans la zone de test d'Aperture Science. Aperture? Qu'est-ce que c'est? Tout ce que vous pouvez conclure du monologue qui émane des murs même du centre de recherche, c'est que vous allez subir des tests qui feront grimper votre probabilité de décès de manière très rapide. Et à la fin, il y aura un gâteau.



Je ne veux pas mourir, je suis juste réaliste. Vous pensez qu'ils se prendraient la peine de construire tout ce truc si on pouvait en sortir ?


Pourquoi ma première citation provient-elle du film Cube? Et bien parce qu'il faut avouer qu'on y retrouve une ambiance assez similaire. Un bâtiment inconnu, gigantesque et oppressant, des énigmes retorses qui menacent à chaque instant de vous priver de votre précieuse existence, une menace impersonnelle et omniprésente. La seule différence, c'est que dans Portal, vous êtes seule. Pour vous accompagner dans votre parcours initiatique, il n'y a que la voix tantôt suave, tantôt agressive, mais toujours 100% inquiétante de GlaDOS. Vous progressez dans une succession de tableaux sans qu'un véritable scénario ne semble se présenter à vous, et pourtant impossible de décrocher. L'ambiance du titre est oppressante à souhait, sans pour autant jouer dans le grandiloquent et la surenchère. L'atmosphère est minimaliste, et c'est bien ça qui vous inquiète, car les seuls éléments de background qu'on vous donne la possibilité d'expérimenter ne font que vous rejeter dans une inquiétude croissante. Et pourtant que faites-vous? Vous ne faites guère que résoudre des énigmes. Bien sûr, ces énigmes sont mortelles, mais il n'y a pas de monstres ou même d'ennemis à proprement parler, exception faite des tourelles qui, signe de perversion malsaine encore plus oppressante, s'adresseront à vous avec des voix synthétiques enfantines, prononçant des phrases telles que "bonjour, il y a quelqu'un? Pourquoi? Je ne vous en veux pas". Un simple élément de sonorisation qui change totalement le regard que vous portez sur ce monde froid et clinique. La musique est minimaliste mais les sonorités électro bruitistes ne seront d'aucun secours pour votre psychisme et lorsque vous essayerez de trouver le repos dans une salle de test d'apparence plus simple, ce n'est que pour tomber dans le piège d'une GlaDOS manipulatrice qui en profitera pour vous glisser une remarque au choix blessante, menaçante ou tellement hors de propos que l'inquiétude n'en est que plus grande. Certaines phases rappelleront aux joueurs de Metal Gear Solid 2 cet instant où le jeu semble avoir perdu la raison et où les dialogues n'ont plus aucun sens. Rares sont les jeux qui vous imprègnent autant de leur ambiance, et plus rares encore sont ceux qui le font tout en ne vous proposant qu'une simple résolution d'énigmes. Portal est malsain. Portal joue avec votre cerveau. Et cette déstabilisation mentale n'a pour but que de vous faire perdre tous vos moyens pour les résolutions d'énigmes.



Qui a écrit ceci? Quel est le problème avec le gâteau? Sans parler de scénario à proprement parler, l'ambiance vous prend aux tripes et vous fait vivre une expérience à part entière



Qu'est-ce qu'il y a dehors? -La stupidité sans limite des hommes


Car finalement, lorsqu'on le dépouille de tout cet enrobage, Portal ne se révèle guère plus qu'un puzzle-game. Vous mettez rapidement la main sur un projecteur de portail, le portal gun. Il vous permettra d'ouvrir un portail bleu et un portail orange à distance sur les surfaces prévues à cet effet. Lorsque vous rentrez dans un portail, vous ressortez par l'autre. Le gameplay se résume à ça, et un esprit limité aurait tôt fait d'enterrer le jeu comme simpliste puisque ne reposant que sur un seul gimmick de gameplay. Mais force est de constater que les développeurs de Valve ont une nouvelle fois fait fort en poussant cette seule mécanique, de prime abord simple, dans des développements insoupçonnés. Ainsi, la vitesse et l'accélération de votre personnage se conservent lors de votre traversée d'un portail, si bien que vous aurez tôt fait de comprendre qu'en utilisant la gravité pour vous accélérer en chute libre, vous pourrez jaillir de l'autre portail à une vitesse hallucinante, vous permettant de traverser un gouffre gigantesque. Au fur et à mesure que l'aventure se développe, ce sont ainsi divers utilisations différentes du Portal Gun que vous devrez appréhender, avec un minimum d'informations délivrées par le jeu, si bien que le plaisir de la recherche et de la réflexion demeure entier et ne sera jamais entamé par une quelconque aide plus casual. Si vous ne pouvez résoudre l'énigme, vous n'avancez pas, et c'est ainsi que cela devrait toujours être. Parfois même, GlaDOS vous donnera de fausses indications, allant même jusqu'à vous dire que la salle est buggée et ne peux être résolue, pervertissant l'aide au joueur pour le torturer un petit peu plus. Et force est de constater que si les premières énigmes se traversent facilement, plus de dextérité sera attendue par la suite, lorsque vous devrez ouvrir un nouveau portail en plein saut, jouer avec les tourelles ou utiliser les cubes pour actionner les interrupteurs. Un cerveau un tant soit peu bien formé arrivera sans trop de mal à finir le jeu mais il en tirera néanmoins la satisfaction de l'accomplissement intellectuel. Alors certes, le gameplay est simple, mais il est utilisé et intégré dans le jeu de manière tellement virtuose que l'on a l'impression que toutes nos actions sont naturelles et que le gameplay s'efface pour céder sa place à l'harmonie avec ce monde virtuel pourtant si étranger.



En plaçant les portails l'un au-dessus de l'autre, on s'autorise une chute infinie qui nous amène rapidement à la vitesse maximale du soft, nous permettant ensuite de projeter un portail ailleurs pour par exemple atteindre une plate-forme inaccessible. Autant vous dire que tomber ainsi en voyant une infinité de votre propre personne tomber avec vous est quelque peu déroutant



Bien que la mutation ait altéré ta conscience, tu restes irrévocablement humain. Par conséquent, toutes mes réponses ne te seront pas accessibles.


J'ai pour habitude lorsque je teste un jeu de considérer gameplay et ambiance séparément. Mais ici, les deux se marient de manière tellement fusionnelle que je ne peux me résigner à les séparer plus longtemps. Le gameplay épuré va de paire avec l'ambiance épurée, et si la simple mécanique du Portal Gun ouvre des horizons de puzzle-game plus profonds qu'on pourrait le penser avec un regard extérieur, l'ambiance se contente de ses quelques rares éléments de background pour créer une tension palpable et vous habiter véritablement. On voit encore ici planer l'ombre de Cube qui à l'aide d'une simple succession de chambres vides, nous donnait l'impression d'un monde foncièrement malsain. Lorsque vous lancez Portal, vous ne vous arrêterez pas avant d'avoir fini ses 3 heures de jeu. 3 heures? Et oui malheureusement c'est le peu de temps que l'on nous autorise à passer dans cet univers impersonnel et pourtant si vivant. Un défaut certes, mais largement compensé par son faible coût puisque vous pourrez le trouver aux alentours de 10 ou 15 euros en ligne et qu'il fut un moment gratuit sur Steam pour PC (je ne sais pas si c'est toujours le cas). A ce prix, il ne faut pas hésiter un instant, il n'y a nulle raison de rester sur le pas de la porte. Allez, entrez, venez parcourir ce monde malsain, hanté par la voix si captivante de l'administratrice artificielle névrosée.



Avant chaque salle, un panneau vous avertit des dangers que vous encourez lors de cette énigme. Mais cet élément est à son tour perverti pour nous rendre fou. Mais qu'est-ce que c'est que ce gâteau?



Deus ex machina


Valve s'y entend pour créer un véritable mythe autour d'un jeu. Reprenant certaines recettes qui avaient très bien réussies à Half-Life (environnement sous-terrain scientifique, background oppressant) auquel il fera quelques références (comme la chanson de fin qui évoque Black Mesa) et le mélangeant avec des éléments de SF très dérangeante, comme Cube, 2001 ou même Matrix (pour les conversations et thèmes abordés, pas pour les fusillades au bullet-time), et en introduisant une unique mécanique de gameplay originale qu'ils retourneront sous tous les angles, ils créent ici un chef-d’œuvre qui ne paie pas de mine mais saura rivaliser avec les plus gros block-busters du moment



Ces tourelles constituent votre unique ennemi "vivant". Mais comment se résoudre à faire du mal à quelque chose d'aussi fin et qui s'adresse à vous avec une voix enfantine et naïve. Portal parvient à nous convaincre que dans notre lutte pour la survie, nous sommes le mal



daemonfire

  • JOUABILITÉ

    16

    Epuré et simple, le gameplay de Portal n'en est pas pour autant limité. Un jeu entier basé sur le principe du Portal Gun peut sembler redondant vu de l'extérieur, mais lorsqu'on y met le pied, force est de constater que chaque salle semble être une redécouverte de l'appareil. Même si certains éléments d'énigmes se répètent parfois, ils sont agencés de manières différentes et offrent une renaissance perpétuelle au jeu. La difficulté est loin d'être insurmontable mais est présentée de manière suffisamment habile pour qu'on n'y trouve rien à redire.

  • GRAPHISMES

    12

    Le moteur de Half-Life 2 est bien loin des standards actuels. Techniquement, les graphismes ne peuvent se targuer d'être à la hauteur des standards de 2007. Mais esthétiquement, l'aspect clinique, net et épuré du centre ne présente aucun défaut visuel et s'approche d'un certain idéal artistique. Ce n'est pas joli, et c'est pourquoi je ne leur octroie pas une très bonne note, mais je parle sans complexe d'oeuvre d'art, car la simplicité peut engendrer des merveilles d'esthétisme. On ne peut qu'être enthousiasmé par l'absence de HUD à l'exception du viseur.

  • BANDE SON

    17

    Minimalistes, les musiques electro bruitistes rajoutent à l'atmosphère oppressante. En dehors de cela, la voix de GlaDOS, qui sera votre seule véritable piste sonore au cours du jeu, et les petites voix enfantines des tourelles sont magnifiques en français et sublimes en version originale. Seuls les bruitages du Portal Gun sont un peu dégueulasses, sortes de "zap" qu'auraient pu utiliser les groupes new wave des années 80s, mais cela n’entache en rien la qualité sonore du titre.

  • DURÉE DE VIE

    6

    Je ne m'attarderais pas longuement sur ce point. Certes, le jeu se boucle en 3 heures et n'offre pas une rejouabilité énorme de par sa linéarité et la latitude très relative qui nous est laissée dans la résolution des énigmes. Mais au prix auquel il nous est proposé, et sachant à quel point il est magnifique formellement sur tous les autres points, ce critère ne devra en aucun cas arrêter votre choix.

  • SCÉNARIO

    -

    • Points positifs

      • une ambiance maîtrisée à la perfection
      • un gameplay simple et complexe à la fois
      • une des meilleurs expériences de 2007
    • Points négatifs

      • La durée de vie

    Conclusion

    N'y allons pas par quatre chemins, Portal est une oeuvre d'art comme on en fait trop peu dans le monde du jeu vidéo. A la fois beau formellement, sobre, travaillé dans ses moindres détails et offrant une expérience intellectuelle complexe et non édulcorée, c'est un must-have pour toute personne qui a un jour dans sa vie joué à un jeu vidéo. La seule chose qui me retienne de lui mettre une meilleur note est que je ne saurais alors plus quelle note donner à Portal 2.

    17

  • Les avis du staff

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    Commentaires (6)

    Titiboy a écrit un commentaire le 11/06/2012 à 09:20

    Merci pour le test.

    Lund a écrit un commentaire le 22/08/2012 à 11:44

    Il a été publié mais il manque les plus et les moins D:

    const a écrit un commentaire le 22/08/2012 à 12:50

    Oui je viens de m'en apercevoir :/

    Daemon si tu vois ce post rajoute les + et - en réponse s'il te plaît :) Merci

    Pikayub a écrit un commentaire le 22/08/2012 à 23:10

    Merci pr le test.
    Je viens de faire le jeu, c'est sympa et je trouve les notes justes :)

    daemonfire a écrit un commentaire le 22/08/2012 à 23:27

    omagad! vite! les + et les -!

    les +
    -une ambiance maîtrisée à la perfection
    -un gameplay simple et complexe à la fois
    -une des meilleurs expériences de 2007

    les -

    -La durée de vie


    Je suis rentré de vacances juste à temps, je vais remplir les + et les - sur mes tests

    Tant que j'y suis voici la version corrigé du paragraphe "durée de vie"


    Je ne m'attarderais pas longuement sur ce point. Certes, le jeu se boucle en 3 heures et n'offre pas une rejouabilité énorme de [b]par[/b] sa linéarité et la latitude très relative qui nous est laissée dans la résolution des énigmes. Mais au prix auquel il nous est proposé, et sachant à quel point il est magnifique formellement sur tous les autres points, ce critère ne devra en aucun cas arrêter votre choix.


    J'y avais laissé une horrible faute d'orthographe, ici en gras

    merci pour votre travail les gars

    const a écrit un commentaire le 23/08/2012 à 08:47

    Merci pour l'ajout des + et - sur tes tests ;)

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    Fiche du jeu

    Portal

    Support : PC

    Editeur : Valve

    Développeur : Valve

    Genre :Réflexion

    Multijoueur : Non

    Moyenne des joueurs : - / 20

    Moyenne de la presse : - / 20

    Galerie d'images

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