Warcraft : Le Commencement : Notre critique du film !

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Maktorius
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Warcraft : Le Commencement : Notre critique du film !

Message par Maktorius » 27 mai 2016, 18:06



 

Les jeux vidéo et le cinéma ont toujours eu un lien particulier. Les premiers ayant souvent adapté des films et vice et versa avec des résultats, en général, plutôt mauvais. L'annonce par Blizzard, il y a plusieurs années, de l'adaptation de son Univers phare, Warcraft, en film avait de quoi faire rêver mais également inquiéter les fans que nous sommes. Après un temps d'attente relevant presque de l'arlésienne, Warcraft : Le Commencement arrive enfin dans nos salles obscures. Verdict ?

 

La paix règne en Azeroth alors que le Royaume Humain de Hurlevent est soudainement attaqué par un ennemi puissant et inconnu. Il s'agît en réalité d'Orcs, venus envahir ce monde alors que le leur est à l'agonie. Mais dans les rangs des Orcs, un jeune Chef de Clan, Durotan des Loups-de-Givre, doute des réelles intentions et motivations de ses supérieurs Main Noire chef du clan Rochenoire, et Chef de Guerre de la Horde, et de Gul'dan le Démoniste. De leur côté, les Humains, dirigés par le Roi Llane Wrym, tentent d'en apprendre plus sur leurs ennemis. Avec l'aide du jeune Mage Khadgar, du Gardien Medivh et de Garona (faite prisonnière), Anduin Lothar, le commandant des armées d'Hurlevent, essaie d'empêcher les Orcs de construire la Porte des Ténèbres, permettant à Gul'Dan de faire venir la Horde sur Azeroth.

 

Attendu de pied ferme par les fans des jeux, Warcraft : Le Commencement aura fait douter tout le monde avant de tous nous éblouir par ses bandes annonces. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le film est une réussite. Certes pas une réussite totale mais il fait son boulot et prouve qu'avec du respect, adapter un jeu vidéo en film est faisable. Malgré tout, le film n'est pas parfait et ce sont d'abord les quelques points noirs que nous allons aborder. Ainsi, si le scénario prend le parti de suivre le début de la Première Guerre, ce qui permet de ne pas perdre ceux ne connaissant pas cet Univers, celui-ci se permet de faire quelques entorses à l'histoire d'origine. Alors oui, certaines libertés sont minimes et sans conséquences (comme l'histoire d'amour entre Garona et Lothar ou une Dalaran volante bien avant l'heure) d'autres sont plus gênantes comme Orgrim Marteau-du-Destin qui passe de Rochenoire dans les jeux à Loup-de-Givre dans ce film par exemple (il y aurait d'autres exemples mais ils spoileraient le film). Mais si ces différences sont excusables, certaines incohérences propre au film le sont moins. L'exemple le plus frappant étant Khadgar, apprenti de Medivh, qui ne semble jamais avoir mit les pieds à Karazhan, la demeure du Gardien.

 

Le parti prit de Duncan Jones pour son film, a été de faire un film dit live-action (avec de vrais acteurs) mais avec une esthétique proche des cinématiques qui ont fait la renommée du studio Blizzard. Cette volonté peu dérouter au premier abord mais le tout rend parfaitement bien malgré, encore une fois, quelques défauts. Ainsi, si les Orcs et les Nains sont particulièrement bien fait dans leur animation, les Draenei (visibles fugacement au début) et les Hauts Elfes (visibles également rapidement lors d'un conseil) sont particulièrement ratés voire même horribles pour les Hauts Elfes. Pour le reste, c'est du tout bon. Les armes et armures sont magnifiques et, malgré un très léger aspect factice parfois, sont de parfaites répliques de ce que l'on voit dans le jeu. On regrettera peut-être quelques effets spéciaux mal terminés ou mal incrustés mais rien de bien méchant. Le seul vrai défaut de la réalisation, finalement assez classique de Duncan Jones, est la mauvaise gestion de la 3D, plutôt inutile malgré de bonnes possibilités en profondeur de champs, notamment grâce aux montures volantes. Dommage.

 

Le plus dur avec les films d'Heroic Fantasy, c'est de réussir à montrer que ce monde est vivant avec ses propres règles mais surtout qu'il a un univers vraiment installé. L'avantage de ce film par rapport à d'autres, c'est que l'Univers de Warcraft est visuellement représenté depuis les années 90. Mais Duncan Jones a souhaité se différencier de la licence de base en encrant son Univers dans une forme de réalisme plus poussé que les jeux, ceux-ci s'axant plus sur des designs cartoon. Pour rendre son univers crédible, le réalisateur a voulu nous faire visiter différents lieux connu comme Hurlevent, Karazhan, Comté de l'Or... Mais la meilleure trouvaille est de rendre la magie comme quelque chose d'habituel mais également de lui fournir un traitement différent que dans les jeux. Ainsi, pour lancer un sort, le mage doit prononcer une incantation. Cela s'accompagne par l'apparition de runes arcaniques autour des mains du lanceur. Une excellente idée, tout comme faire de son utilisation quelque chose de banal. Il n'est ainsi pas rare de voir un personnage contrer un sort machinalement en plaquant sa main sur la bouche d'un mage ou simplement de se téléporter via des portails sans gène. La dernière bonne idée sur cette volonté de trouver plus de réalisme est d'avoir amélioré les Orcs en retirant le côté trapu qu'ils peuvent avoir dans le jeu.

 

Duncan Jones a également souhaité s'éloigner du schéma classique du blockbuster en se concentrant plus sur le combat des personnages principaux que sur de grandes batailles façon Seigneur des Anneaux. Un bien pour un mal car ce genre de batailles avec beaucoup de troupes de chaque côtés auraient rappelées le côté stratégie des jeux mais permet une meilleure identification aux héros présentés .Hélas, l'un des aspects important de l’univers Warcraft a été légèrement atténué par ce film. En effet, les jeux ont toujours essayé de ne pas tomber dans le manichéisme primaire (le Bien contre le Mal). Or ce film, en ce concentrant sur les Humains, semble nous montrer le combat des gentils Humains face aux méchants Orcs. Heureusement que Durotan et son clan sont là pour nous montrer que tous les Orcs ne sont pas tombés sous le contrôle de Gul'Dan et des démons.

 

Côté casting, le réalisateur a préféré jouer la carte de la qualité et du respect des personnages plutôt que de céder aux sonnettes du star système. Ainsi, Lothar est interprété par Travis Fimmel (Vikings), Ben Foster (X-Men : L'Affrontement Final) donne ses traits à Medivh, Garona est interprétée par Paula Patton (Mission Impossible : Protocole Fantôme), le jeune Khadgar est joué par Ben Schnetzer (quelques rôles dans des séries mais rien de connu). Tous ces acteurs sont parfaitement dirigés et incarne à merveille leur personnage. Notons également que les Orcs ont eu droit à de la motion capture. Ainsi Toby Kebbell (Les 4 Fantastiques) prête son jeu et sa voix à Durotan, Main Noire est joué par Clancy Brown (Highlander), Gul'Dan est joué par Daniel Wu (principalement des films d'arts martiaux hongkongais)et Orgrim est interprété par Robert Kazinsky (Pacific Rim). Encore une fois, pour les Orcs, rien à redire, tous les acteurs jouent parfaitement leur rôle.

 

Au final que retenir de Warcraft : Le Commencement ? Pari réussi pour Blizzard qui signe une adaptation fidèle et soignée de sa licence. Malgré quelques défauts et des libertés volontaires et excusables envers la licence d'origine, Warcraft : Le Commencement se laisse regarder et apprécier sans mal, que l'on soit fan du jeu ou simple néophyte. Un film qui appelle une suite qui, on l'espère, saura conserver le même amour envers les jeux tout en corrigeant les défauts de ce premier film.
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