A Plague Tale : Innocence

Ecrivez vos remarques et vos tests sur les jeux.
Avatar de l’utilisateur
Greed Lavare
Ninja d'élite
Messages : 983
Inscription : 20 mai 2018, 16:14
Titre : Chasseur de Rêves
Localisation : Un monde

A Plague Tale : Innocence

Message par Greed Lavare » 11 mai 2019, 16:47

La fraternité est un lien puissant. Malgré l'adversité, les dangers, ce simple lien du sang peut nourrir le plus grand des courages. C'est ce que tend à montrer le français Asobo Studio en nous faisant jouer deux enfants au sein d'une France moyenâgeuse en proie aux assauts de l'Inquisition et des rats porteurs de maladie. C'est sous ce voile noir qu'A Plague Tale : Innocence mène par la main le joueur, le plongeant progressivement dans un enfer visuel invraisemblable.

 



 

 

Il était une fois...

 

 

Aucune introduction cinématique grandiloquente ne vient nous présenter Amicia de Rune et son père qui se promènent paisiblement dans les terrains boisés de France ; le joueur incarne sans attendre la demoiselle.

Comme pour chaque enfant, chaque place est un terrain de jeu. Armée de sa fronde, la jeune bourgeoise frappe les pommes encore accrochées aux branches menues. La nature revient au galop, le chien qui les accompagne aboie, flairant une piste chaude. Un sanglier, là, s'abreuvant tranquillement. La chasse commence pour Amicia sous le regard aimant de son père. Une pierre cogne le crâne épais du porc sauvage qui s'enfuit. Le fidèle compagnon part à sa poursuite, et Amicia suit en laissant son père qui n'a plus toute sa jeunesse à l'arrière, mais plus l'adolescente, pourtant déterminée, s'aventure dans la forêt sombre, plus le calme devient oppressant. La chasse n'a plus rien de drôle lorsqu'elle aperçoit sa proie en lambeaux, puis plus loin son ami velu, allongé et chouinant dans la boue.

Lorsqu'Amicia s'approche pour voir son mal, le cabot se fait littéralement engloutir par la terre.

 

Rien n'est fini puisqu'en rentrant à toute allure dans son domaine pour y retrouver sa mère, l'Inquisition débarque, questionnant violemment chaque citoyen et abattant les récalcitrants. Ils semblent rechercher activement Hugo de Rune, le frère cadet d'Amicia qui est atteint par un mal incurable. Béatrice, leur figure maternelle, ordonne à la grande sœur de veiller sur le petit et de l'aider à sortir vivant du domaine des de Rune.

Le chemin pour sortir du bâtiment est couvert du sang coagulé des innocents et semé d'embûches. Il faudra aux deux chérubins coopérer et penser à se cacher le plus souvent possible, la moindre erreur pouvant être fatale.

 

Dès les premières minutes, A Plague Tale : Innocence ne fait pas semblant, surrenchérit le malaise à chacun de nos pas grâce à une composition visuelle plus que convaincante, si ce n'est pour dire magnifique, ainsi que des musiques particulières, fortes, oppressantes, collant parfaitement avec l'atmosphère du titre. Ces sensations ne disparaissent pas durant toute la mésaventure si ce n'est à quelques moments de répits bien mérités pour Amicia et les amis qu'elle rencontrera sur sa route.

 

 

 

 

Les premiers pas

 

 

L'histoire emprunte des rythmes soutenus lors des phases de poursuites, lorsqu'Amicia se fait repérer par exemple, mais prend relativement son temps pour nous présenter chaque aspect de son univers. Les rats, pourtant été annoncés comme les stars du jeu — et elles le sont, n'arrivent pas dès le début du jeu, mais s'immiscent avec fracas dans le scénario pour créer une surprise bienvenue.

 

Les mécaniques de jeu présentées sont pour le moins intéressantes. Il faut savoir se cacher convenablement, faire du bruit au loin pour attirer les gardes en faisant attention à sa fronde qui est loin d'être silencieuse à l'utilisation, et gérer les hordes de rats. Comment les gérer ? Ces rongeurs porteurs de la peste craignent la lumière, capable de les tuer, et il faudra donc jouer avec le feu — littéralement — pour éloigner les bestioles avant qu'elle ne dévore la petite fratrie.

Et ce n'est pas tout, de nombreux composants jonchent les environnements d'A Plague Tale : Innocence qui permettent d'améliorer l'arsenal et l'équipement d'Amicia (portée et bruit de la fronde, place dans les poches pour les munitions, etc.) et de fabriquer des mixtures alchimiques rapidement sur le terrain aux multiples effets. La première concoction que la demoiselle fait se nomme Ignifer et permet, afin de faciliter sa survie et celle d'Hugo, d'allumer les torches et les brasiers sur son chemin.

 

Autre mécanique intéressante : la coopération. En appuyant sur haut, les alliés peuvent effectuer quelques intéractions spécifiques. Hugo peut, par exemple, se faufiler dans des passages exiguës pour libérer un nouvel accès à son aînée, Emilie crochete les serrures pour une approche plus discrète...

Mais ces intéractions sont toujours obligatoires et n'engagent en rien à explorer les quelques rares zones ouvertes, les alliés étant inutiles dans cette partie pourtant réduite du jeu. S'il faut ouvrir une porte, c'est que la suite se situe juste derrière elle. Il ne faut pas s'attendre à pouvoir composer son équipe pour un cheminement différent, même si l'histoire demeurait identique. Et c'est sur cet aspect que le jeu pêche...

 

 

Par ici !

 

 

Cependant, A Plague Tale : Innocence cherchant à tout prix à nous titiller émotionnellement avec des scènes tantôt macabres tantôt touchantes, le gameplay en prend un coup. Le jeu s'avère être très linéaire au point de ne proposer qu'un panel étroit de possibilités, réduisant radicalement son aspect "infiltration". Certains zones sont certes plus ouvertes mais ne proposent qu'un lot de cachettes et des matériaux différents à ramasser, ainsi que des objets dispensables à collecter pour compléter son Codex.

Pour continuer sur cette lancée, les gardes effectuent sans cesse les mêmes rondes et retournent à leur poste tranquillement après avoir été distrait par un bruit suspect préalablement provoqué par Amicia pour se dégager d'une situation délicate. Trouver une ouverture n'étant jamais difficile puisque la demoiselle et son frangin peuvent passer sans problème devant un soldat dont l'intelligence et la vue ont été réduites au possible. Il faut tout de même faire attention car se faire repérer revient à se faire rattraper par une flèche ou un javelot la plupart du temps, ce qui plonge instantannément le joueur dans un game over. Heureusement pour lui, les checkpoints sont fréquents, le jeu étant rarement punitif à moins de refaire un "puzzle" entier (pousser un brasier à tel endroit, utiliser des leviers dans le bon ordre pour passer, etc.).

Ces quelques phases sont pour la plupart assistées, les personnages donnant toujours quelques indications sur la voie à suivre, voire la réponse complète d'une énigme.

 

Nombre de scripts viennent également renforcer le côté "couloir" du titre, certains d'entre eux prenant la peine de ne pas s'activer lorsque le joueur se rue un peu trop vite vers la suite.

 

Lire le test en entier...

Répondre

Revenir à « Tests de jeux sur Console Fun »