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[Interprétez !] Drakengard — L'entité que nous nommons "Dieu"

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Cet article spoile l'ultime fin (E) de Drakengard et de NieR : Automata.

 

 

 

 

"Des Archanges tu ne dois :

Les appeler,

Les peindre,

Les écrire,

Les sculpter,

Les célébrer,

Les nommer."

 

 

Dès lors, il est difficile de caractériser ce qu'est exactement un Archange tant il est abstrait de reproduire le Divin selon les commandements du Culte des Archanges.
Lors des différentes routes narratives de Drakengard, ce qui semble être des Archanges porteraient l'apparence d'humains géants et blancs, les premiers rencontrés par Caim étant des bambins dentés aux ailes électriques descendus du ciel pourpre pour se rendre sur une Terre torturée. Le second prend l'apparence d'une femme chauve, capable de détruire le temps lui-même — elle est la Reine Monstrueuse.

Dans Drakengard 3, les Archanges (traduit plus fidèlement "Anges" dans cet épisode) semblent posséder bien d'autres formes (draconiques, arachnides...).

Mais qu'importe les chapitres de Drakengard à NieR : Automata, "Dieu" est une puissance abstraite, sans visage — contraste saisissant entre les jeux de Yoko et ses congénères J-RPG contemporains et actuels.
Et pourtant... Une hypothèse — une interprétation quant à son identité dans cet univers — existe.

 

Un nouvel Âge de Terreur s'abat sur le monde.

 

 

Les Observateurs

 

 

Dans un premier temps, nous allons nous concentrer sur les différentes traductions occidentales de "tenshi" dans Drakengard, un mot nippon signifiant "ange".

En France, les traducteurs ont opté pour un mot relativement proche déjà utilisé à plusieurs reprises dans l'article : "archange".
Il faut savoir qu'un archange, dans les religions monothéistes chrétienne, musulmane et juive, est un être divin hiérarchiquement supérieur aux anges. "Archange" étant composé du grec "arkhè" signifiant "commencement" et "commandemant", et d'"ángelos", traduit "messager", il est simple de comprendre le choix de cet appelation dans la version française quant à l'arrivée commandée par les horribles et pâles enfants mangeurs de chair (en prenant le contrôle du culte qui leur est dédié ainsi que de l'entièreté de l'Empire) qui annoncent l'Apocalypse.

En Amérique, c'est un tout autre point de vue qui est adopté par les traducteurs. Pas de simples "angels" ou "archangels" pour désigner les Archanges, mais "watchers". "Watcher" est un terme rarement utilisé dans le cadre biblique, directement en lien avec les anges*. Mais le choix de ce mot est autrement intéressant, puisqu'il se traduit plus fréquemment par "observateur".

 

Les horribles chérubins célestes, prêts à dévorer quelques humains de leurs dents acérées...

 

 

Ce que je vois

 

 

Une étrange impression se dessine dans le cœur des joueurs lors des cutscenes. Outre les angoissantes situations dépeintes dans le jeu, et en dehors des cinématiques produites en CGI, la caméra est toujours surélevée et nous montrent les scènes depuis le ciel, comme si le joueur était dans les yeux d'une créature céleste qui fixerait du regard des humains prêts à changer le funeste destin de leur monde... Et qui se monteraient face à ses desseins.

De plus, l'écran est entouré par des lettrines stylisées et des écritures, comme si tous ces passages se déroulaient dans le cadre d'un texte sacré.

On peut donc supposer dans un premier temps que le choix de l'emplacement de la caméra lors des cinématiques en temps réel de Drakengard sert à nous faire deviner qui ou quoi regarde Caim et sa troupe se démener contre l'Empire : les Watchers — qui n'ont jamais aussi bien portés leur nom —, voire Dieu lui-même qui souhaite mener à bien ses plans.

 

Lorsque les personnages réagissent, leur visage apparaît dans le coin inférieur gauche de l'écran, comme s'ils étaient inspectés à la loupe.

 

 

La Chute

 

 

"The End of Dragonsphere", la fin E de Drakengard emmène Caim, son dragon rouge et la Reine Monstrueuse dans une autre dimension. Un monde paisible sans couleur : le nôtre. Le trio débarque exactement à Tokyo en 2003. 2003 n'est pas une date anodine puisqu'il s'agit de l'année de parution du jeu au Japon. Choisir notre monde plutôt qu'un autre peut paraître être une simple blague surgie de l'esprit alambiqué de Taro Yoko, mais c'est là que les fans interviennent avec leurs interprétations.

 

Alors que le reptile volant tombe du ciel déchiré, il s'exprime surpris :

 

"C'est le territoire des dieux ?",

 

comme s'il s'agissait réellement du lieu des origines de Drakengard... Ce qui est vrai, puisque les créateurs du jeu, après tout, logent au Pays du Soleil Levant. Les dieux seraient donc les humains qui auraient créé un jeu mesquin et sanglant.
Les Watchers, quant à eux, seraient en réalité les joueurs qui regardent, observent à travers leur écran des personnages puissants et qui leur commandent de déverser des vagues d'hémoglobine.

 

Un dénouement qui brise le quatrième mur mais qui condamne par la même occasion les Hommes à un avenir parsemé d'embûches mortelles avec des suites infinies à des jeux d'une violence extrême.
C'est d'ailleurs cette fin qui emporte l'humanité entière dans NieR, sa suite...
Et en lançant une nouvelle partie de NieR : Automata, le joueur entend 2B déclarer froidement :

 

"Tout ce qui vit est voué à mourir un jour. Nous sommes pris au piège... d'une spirale sans fin de vie et de mort. Est-ce une malédiction ? Un châtiment peut-être ? Je pense souvent au dieu auquel nous devons cette énigme... et je me demande si nous aurons un jour l'occasion de le tuer."

 

 

L'ultime combat lors de la fin E de NieR : Automata est d'affronter les créateurs du jeu** dans une phase shoot them up insérée dans les crédits du générique final, le joueur étant progressivement épaulé par les siens qui auront pris conscience de l'importance de la vie et de la liberté et qui ont été prêts à sacrifier leurs précieuses sauvegardes pour maintenir la paix pour les androïdes et pour tous les êtres vivants.

Par ailleurs, les formes de vie mécaniques reproduisent l'humain en tentant de "devenir des dieux", cherchant comment le devenir : par la puissance, en se connectant les unes aux autres, etc. Cependant, elles reproduisent également les erreurs du peuple maintenant disparu en repoussant les idéologies différentes, augmentant le dégoût de 2B ("to be") aka 2E (fonctionnalité première)*** envers le divin, victime d'un destin cruel et injuste : tuer indéfiniment son ami 9S à chacune de ses réincarnations. Les robots finiront par quitter la Terre en créant une Arche.

 

 

Cette rancœur envers "Dieu" — l'Homme de notre monde — persiste depuis le premier épisode de la saga... Même après une dizaine de millénaires passé derrière notre écran.

 

Bref ! Interprétez !

 

 

"[...] Je brûle entourée par les flammes, les Archanges qui dansent dans ce ciel cruel me regardent, te regardent." — Growing Wings, thème musical principal de Drakengard.

 

 

 

 

 

* Pour bien plus de détails à ce sujet, je vous invite à la page wikipedia [Watcher (angel)] à cette adresse : https://en.wikipedia.org/wiki/Watcher_(angel).

** SINoALICE, le jeu mobile signé Taro Yoko, reprend par ailleurs ce principe où les personnages de contes sont enfermés dans une histoire infinie et décident, afin de sortir de cette malédiction, de rencontrer leurs auteurs... Prêts à tout pour arriver à leur fin (littéralement).

*** Le numéro du matricule des androïdes YoRHa représente leur personnalité, la lettre leur fonctionnalité, leur rôle. Ici, B pour Battler et E pour Executioner, 2E étant la véritable identité de l'androïde YoRHa No.2.

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Blogueur : Greed Lavare