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Critique : Le Pont des Espions

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Que ce soit un blockbuster ou un film plus dans la veine auteur, le talent de ce réalisateur n'est plus à prouvé. Après un excellent biopic sur Abraham Lincoln l'année passée, Spielberg nous revient cette fois avec un film historique. Retour gagnant ?

 

1957, la Guerre Froide est à son paroxysme. Entre la peur d'une guerre thermos-nucléaire globale et la paranoïa autour des espions, l'arrestation par le FBI de Rudolf Abel, un ressortissant / espion Russe sert de prétexte à montrer au monde (et donc aux Communistes) la grandeur des États-Unis. Pour ce faire, Abel se voit commettre d'office l'excellent avocat en assurance James Donovan. D'abord retissant à l'idée de défendre un espion dont l'opprobre finirait par déteindre sur lui et sa famille, ses convictions et son assurance dans le système judiciaire le poussent à accepter. Évitant la peine capitale à Abel, il se voit la cible de la colère populaire qui voit en lui un traître. Dans le même temps, les USA perdent un avion de reconnaissance ainsi que son pilote, tombé aux mains des Soviets. Il incombe alors à Donnovan de négocier l'échange des deux prisonniers à Berlin-Est, alors que les Russes viennent de finir le Mur.

 

Le talent de Spielberg tient dans le fait qu'il est capable de sortir des chefs-d’œuvre poignant comme La Liste de Schindler comme des blockbusters plus classique façon La Guerre des Mondes. Pourtant, à quelques exceptions prêt (oui Indiana Jones 4, c'est toi que je vise), tous ces films font l’unanimité, ils sont tous très bons. Cela tient au fait qu'il dispose de deux réalisations. Dans les blockbusters, il se permet d'innover, de refaçonner sa vision du cinéma (cf Jurassic Park et les premiers effets spéciaux par ordinateur). Alors que dans ses films plus intimiste, il travaille tout autant le fond que la forme, nous servant des plans travaillés et parfaitement maîtrisés.

 

C'est cette seconde facette de Spielberg qui est à l’œuvre dans Le Pont des Espions. Et plus particulièrement deux gimmicks. Le premier, que l'on peut retrouver dans tous ses films, c'est l'utilisation de la lumière. En effet, Spielberg adore mettre des lampes, des faisceaux de lumière devant la caméra. Cette volonté est toujours lié à une idée de réalisation. Pour le film qui nous intéresse c'est surtout pour montrer les deux faces de la société. Par exemple, dans la prison d'Abel, quand Donnovan lui rend visite pour monter son dossier, le personnage est tantôt dans la lumière tantôt dans l'obscurité. Cela nous montre avec talent que chacun a une part d'ombre en lui mais aussi une part de lumière.

 

L'autre facette de Spielberg réalisateur de film d'auteur, c'est sont talent à ne pas trop en faire. On peut le constater dans la plupart de ses films historiques ou « sérieux ». Et ici encore on retrouve cette volonté de montrer ce qu'il faut sans en faire des tonnes ; Je prendrais deux exemples qui ne spoil rien car dans la bande annonce. Le premier est lorsque la famille de Donnovan subit un attentat au pistolet. D'autres réalisateurs auraient montré les coups de feu, la voiture, les dégâts. Mais pas Spielberg. Il joue la carte de la tension en suivant le déplacement de la fille de Donnovan sous la table pour se protéger. On se retrouve alors comme les personnages, perdus, effrayés. Le tout avec un minimum de plans. L'autre exemple, se situe à Berlin-Est. On suit Donnovan qui revient à son hôtel à l'Ouest en train . Sur le chemin, on aperçoit deux habitant de l'Est tentant de fuir en sautant le Mur. Le choix de Spielberg est ici de rester braqué sur la réaction de Donnovan. On voit ce qu'il voit, ni plus ni moins, nous montrant bien l'horreur de cette guerre idéologique sans pour autant tomber dans le putassier.

 

Car l'un des point fort de Spieblerg, c'est le soucis du détails dans la retranscription d'une époque. On se souvient tous des scènes de combat viscérales dans Il faut sauver le soldat Ryan, et bien ici c'est toute la Guerre Froide qui est décrite devant vos yeux durant 2h30 de film. Tout y passe : la chasse aux espions, la propagande pro-USA, la peur de la guerre nucléaire, le Mur de Berlin. La force de cette description que nous fait Spielberg c'est de ne pas prendre parti. L'on voit la guerre Froide avec les yeux de l'avocat . Or celui-ci a une vision plutôt humaniste des choses et on ne tombe pas dans le manichéisme primaire.

 

Mais pour que cette fresque fonctionne, il faut s'entourer des bons acteurs. Pour Spielberg pas de soucis, c'est un bon directeur d'acteur et il sait s'entourer. Ainsi James Donnovan est interprété par l'immense Tom Hanks (pas besoin de le présenter je pense). Cet acteur est juste incroyable de justesse. Il est capable en un regard, alors qu'il rigole en apparence, de nous faire comprendre le vrai fond de s pensée, magistral. C'est d'ailleurs lui qui porte le film sur ses épaules et il ne faiblit pas. Pour les seconds rôles on retrouve Mark Rylance. Habitué aux seconds rôle, sa tête vous dira certainement quelques chose. Il campe un Rudolf Bal stoïque et résigné parfaitement dans le ton. On finira le tour des seconds rôles avec Stephen Koch dans le rôle de Vogel, Scott Shepherd dans le rôle de l'agent du FBI Hoffman et Austin Stowell dans le rôle du prisonnier de guerre américain Francis Gary Powers.

 

Au final que retenir du Pont des Espions. Ce n'est certes pas l'un des chefs-d’œuvre de Spielberg mais ça reste une de ses meilleurs films. Une réalisation au service d'une histoire vraie poignante et trépidante où se mêle Guerre Froide et espionnage. Une tranche d'Histoire comme on devrait en voir plus souvent.

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Note des Membres :- / 10


Commentaires

Nigel a écrit un commentaire le 18/12/2015 à 14:20

Sympa comme film alors ! Bon à savoir.

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Blogueur : Maktorius