À une époque où certaines productions cherchent à multiplier les systèmes, les mécaniques et les promesses démesurées, Denshattack! choisit une autre voie. Celle d’un jeu d’arcade immédiatement amusant, construit autour d’une idée improbable, mais parfaitement assumée : transformer un train en véritable planche de skateboard capable de sauter, de grinder, de drifter et d’enchaîner des figures à travers le Japon.
Développé par Undercoders et édité par Fireshine Games et Boltray Games, Denshattack! est disponible sur Nintendo Switch 2, PS5, Xbox Series et PC. Nous avons testé la version Nintendo Switch 2 en compagnie de Valentboy et Clemboy, afin d’observer son système de jeu, sa prise en main, sa direction artistique et son potentiel de rejouabilité.
Le constat s’impose rapidement : sans chercher à réinventer l’ensemble du jeu vidéo, Denshattack! rappelle qu’une idée forte, des commandes bien pensées, une identité visuelle affirmée et une véritable maîtrise du gameplay peuvent suffire à produire une excellente expérience d’arcade.
*Test-live en mode paysage (pour PC & TV):
*Test-live en mode portrait (pour mobiles...):
L’aventure prend place dans un futur dystopique où les populations les plus riches vivent sous d’immenses dômes, tandis que les autres habitants tentent de survivre dans des territoires contrôlés par différents groupes. La société Miraidō a développé un réseau souterrain de trains à très grande vitesse, mais l’histoire s’intéresse surtout à celles et ceux restés à l’extérieur de ce monde privilégié.
Les premières séquences évoquent des pêcheurs, des agriculteurs, des artisans, des orphelins et des délinquants. Le jeu installe ainsi un contexte social sans ralentir excessivement l’action. Les dialogues entre les niveaux servent de fil conducteur et expliquent pourquoi les personnages parcourent les différentes régions du Japon.
Cette narration reste légère dans sa présentation, mais elle ne se limite pas à quelques écrans fonctionnels. Les personnages changent d’expression au cours des conversations, tandis que leurs réactions permettent de mieux percevoir leur tempérament. L’ensemble conserve un ton coloré, énergique et proche de l’animation japonaise.
Le joueur rencontre notamment d’autres adeptes du Denshattack, ces conducteurs capables de réaliser des cascades avec leurs trains. Courses, rivalités et défis se succèdent alors au fil d’un voyage traversant plusieurs préfectures japonaises.
Le concept de Denshattack! paraît absurde sur le papier, mais il devient très rapidement naturel une fois la manette en main. Le train suit des rails, mais il dispose d’une mobilité qui dépasse largement celle d’un véhicule ferroviaire traditionnel.
Il peut sauter, changer de voie dans les airs, drifter dans les virages, esquiver des obstacles et réaliser des figures. Le jeu emprunte ainsi au skateboard, au snowboard et au jeu de course arcade, tout en conservant sa propre logique.
Les premiers niveaux introduisent progressivement les commandes. Le joueur apprend d’abord à freiner et à réussir les drifts, puis à sauter, à rejoindre un rail adjacent et à réaliser des esquives aériennes. Les nouvelles actions sont intégrées les unes après les autres, ce qui évite de submerger immédiatement le joueur.
Cette progression pédagogique est importante. Lorsque Clemboy a pris la manette sans avoir suivi l’intégralité du tutoriel, il a rapidement constaté que l’expérience pouvait sembler confuse. Les commandes ne sont pourtant pas inutilement nombreuses, mais elles doivent être assimilées pour profiter pleinement du jeu.
Une fois les bases maîtrisées, le plaisir devient immédiat.
Le système de drift demande de maintenir le frein, puis de relâcher la commande lorsque le curseur atteint la zone optimale. Un bon timing permet de conserver sa vitesse et d’aborder plus efficacement le prochain obstacle.
Les sauts fonctionnent selon une logique similaire. Il faut maintenir la commande, préparer son impulsion et relâcher au moment opportun. Pendant la phase aérienne, le joueur peut déplacer le train vers un rail voisin ou réaliser une figure.
Les niveaux mettent progressivement ces capacités à l’épreuve. Il faut parfois sauter au dernier moment, choisir rapidement entre deux embranchements, atterrir sur une voie étroite ou éviter un obstacle quelques fractions de seconde avant l’impact.
Le jeu demande donc de l’observation et de la réactivité. Il ne suffit pas de laisser avancer le train en attendant l’arrivée. Chaque tronçon oblige à lire le parcours, à anticiper les changements de direction et à sélectionner la bonne commande.
Les erreurs peuvent être fréquentes au début, mais elles ne donnent pas le sentiment que le jeu triche. Lorsqu’un obstacle est franchi après plusieurs tentatives, la satisfaction est réelle. C’est précisément ce que nous recherchons dans un bon jeu d’arcade : des règles compréhensibles, une exécution exigeante et une récompense immédiate lorsque le geste est correctement réalisé.
La vitesse constitue l’un des piliers de Denshattack!. Les décors défilent rapidement, les embranchements s’enchaînent et les obstacles laissent parfois peu de temps pour réagir.
Cette rapidité pourrait rendre l’action illisible, mais la direction du jeu parvient généralement à signaler correctement les rails, les dangers et les trajectoires possibles. Le joueur finit par reconnaître les éléments importants sans devoir ralentir en permanence.
Certains passages adoptent une perspective presque latérale, tandis que d’autres replacent la caméra derrière le train. Ces changements de cadrage apportent de la variété et modifient la perception des obstacles.
Le train peut donner l’impression de se comporter comme un skateboard lancé sur une piste. Il grind sur les rails, rebondit entre plusieurs voies, tourne dans les airs et se retrouve parfois projeté au-dessus de bâtiments, de plages, de forêts ou de zones industrielles.
Le titre conserve pourtant une certaine cohérence. Les règles de déplacement restent les mêmes d’un niveau à l’autre, même lorsque les environnements deviennent plus spectaculaires.
Les missions ne consistent pas seulement à parcourir une ligne droite jusqu’à l’objectif final. Certaines zones utilisent des embranchements et demandent de remplir plusieurs tâches avant de pouvoir terminer le parcours.
Il peut être nécessaire de détruire différents éléments répartis dans une zone, puis d’emprunter plusieurs itinéraires afin de tous les atteindre. Le joueur doit alors comprendre la structure du niveau et revenir sur certains rails pour compléter son objectif.
Chaque mission propose également plusieurs défis facultatifs. Il peut être demandé d’arriver sans accident, de réaliser un nombre précis de drifts parfaits, de détruire des antennes, de faire fuir des chauves-souris, d’écraser un château de sable ou d’enchaîner plusieurs figures différentes.
Ces objectifs donnent une véritable utilité à la rejouabilité. Terminer un niveau constitue seulement la première étape. Il reste ensuite à améliorer son temps, augmenter son score, trouver les objets à collecter et valider toutes les conditions proposées.
Le saut final participe aussi à cette recherche de performance. Plus le train s’élève correctement lors de l’arrivée, plus le joueur peut engranger de points. Même les dernières secondes de chaque parcours demandent donc de rester concentré.
La différence entre un joueur débutant et un joueur ayant assimilé les commandes apparaît très clairement durant notre test. Valentboy, déjà habitué au jeu, a rapidement enchaîné les sauts, les figures, les changements de rails et les esquives risquées.
Ses passages donnent l’impression d’un jeu beaucoup plus fluide et naturel. Le train semble presque voler au-dessus du parcours, tandis que les figures se succèdent sans interrompre la vitesse.
Cette évolution illustre parfaitement la réussite du gameplay. Les commandes sont suffisamment simples pour être comprises rapidement, mais laissent une marge de progression importante.
Un nouveau joueur peut terminer les premières missions en commettant plusieurs erreurs. Un joueur expérimenté cherchera, lui, à maintenir un combo, éviter toutes les collisions et exploiter chaque élément du décor pour améliorer son score.
Le jeu parvient ainsi à être accessible sans devenir creux. Il peut être apprécié pour son spectacle immédiat, mais récompense aussi ceux qui souhaitent maîtriser chaque mouvement.
La réalisation visuelle repose sur un rendu en cel-shading particulièrement adapté à l’énergie du jeu. Les personnages, les trains et les environnements possèdent des contours marqués, des couleurs vives et une esthétique proche de certains dessins animés japonais.
L’influence de Jet Set Radio apparaît rapidement dans le mélange entre culture urbaine, déplacements acrobatiques, musique et aplats colorés. Il ne s’agit pourtant pas d’une simple copie : le train, les paysages japonais et la structure des niveaux donnent à Denshattack! une identité immédiatement reconnaissable.
Les décors changent régulièrement de tonalité. Le joueur traverse des villes, des plages, des forêts, des grottes, d’anciennes zones minières et même des secteurs partiellement submergés.
Certaines séquences vont jusqu’à placer le train sur une immense vague, donnant l’impression de surfer sur l’eau. D’autres font alterner rails extérieurs, tunnels, tuyaux et passages en hauteur à un rythme très soutenu.
Les effets visuels accompagnent constamment l’action. Brouillard, vent, lignes de vitesse, inscriptions japonaises, particules et onomatopées viennent renforcer l’impact des mouvements. Le résultat est chargé, mais cohérent avec l’approche volontairement exubérante du jeu.
La version Nintendo Switch 2 testée s’est montrée particulièrement convaincante. La fluidité reste impeccable pendant les parcours, malgré la vitesse, les changements de direction et les nombreux effets affichés.
Le jeu fonctionne à 60 images par seconde de manière constante durant les séquences observées. Ce point est essentiel : dans une expérience reposant autant sur le timing et la lecture rapide du parcours, la moindre instabilité aurait pu nuire aux sensations.
Le rendu en cel-shading est propre, les contours restent lisibles et les environnements conservent suffisamment de détails malgré leur défilement rapide. Les temps de chargement observés entre les séquences sont également très courts, généralement inférieurs à quelques secondes.
Le format portable correspond parfaitement au concept. Les niveaux sont suffisamment courts pour permettre de lancer rapidement une partie, tout en offrant assez de profondeur pour encourager des sessions plus longues consacrées à l’amélioration des scores.
La musique joue un rôle déterminant dans l’identité de Denshattack!. Les morceaux accompagnent la vitesse et renforcent le sentiment de participer à une immense performance acrobatique.
La bande originale bénéficie de la participation de nombreux artistes reconnus, parmi lesquels Tee Lopes, Ryo Nagamatsu , Richard Jacques et Takenobu Mitsuyoshi. Cette diversité se ressent dans les tonalités utilisées, entre énergie arcade, rythmes urbains et influences issues de plusieurs générations de jeux vidéo. Les compositions donnent envie d’avancer, de recommencer un parcours et d’enchaîner les figures en suivant le rythme.
Le jeu propose des voix japonaises ou anglaises, tandis que les textes sont disponibles en français. Cette localisation permet de suivre confortablement l’histoire et les objectifs sans perdre l’identité japonaise de l’ensemble.
Entre certaines missions, le joueur peut accéder à un garage afin de modifier l’apparence de son train. Plusieurs couleurs, motifs et autocollants sont disponibles.
Des bombes de peinture et différents éléments cosmétiques peuvent être récupérés ou achetés au fil de la progression. Cette personnalisation ne transforme pas le fonctionnement du véhicule, mais permet de s’approprier davantage son train.
Le jeu contient également un répertoire des figures. Les mouvements y sont classés selon plusieurs niveaux, allant des techniques les plus simples aux figures intermédiaires, difficiles ou particulièrement exigeantes.
Cette liste donne un aperçu de la marge de progression proposée. Les premiers niveaux n’utilisent qu’une partie des possibilités, tandis que les figures plus complexes demanderont davantage de maîtrise.
L’une des plus grandes qualités de Denshattack! vient de sa capacité à se concentrer sur l’essentiel. Le jeu ne cherche pas à donner l’illusion d’une profondeur artificielle par l’accumulation de menus, de ressources ou de systèmes secondaires.
Son principal objectif consiste à procurer du plaisir à travers le déplacement. Le train doit être agréable à contrôler, les figures doivent être gratifiantes et les parcours doivent donner envie d’être recommencés.
Tout le reste accompagne cette base : le scénario justifie le voyage, la direction artistique donne une identité au monde, la musique soutient le rythme et les défis encouragent la maîtrise.
Le résultat rappelle une évidence parfois oubliée : un jeu vidéo peut reposer sur une idée simple, à condition que celle-ci soit parfaitement exécutée.

Points forts
- Un concept original immédiatement identifiable,
- Un gameplay arcade particulièrement efficace,
- Des commandes précises une fois les bases assimilées,
- Une excellente sensation de vitesse,
- Des figures et déplacements aériens très gratifiants,
- Une vraie marge de progression,
- Des niveaux variés et riches en embranchements,
- De nombreux défis facultatifs,
- Une forte rejouabilité grâce au score et au chronomètre,
- Une direction artistique en cel-shading très réussie,
- Une bande-son énergique portée par de grands compositeurs,
- Une fluidité bien présente sur Nintendo Switch 2,
- Des temps de chargement très courts,
- Des textes en français,
- Une personnalisation visuelle du train !
- Un prix de lancement particulièrement accessible.
Points faibles
- Une prise en main pouvant sembler confuse sans avoir suivi le tutoriel,
- Certains passages demandent beaucoup de réactivité,
- L’abondance d’effets visuels peut parfois impressionner les nouveaux joueurs,
- Les premières erreurs peuvent être nombreuses avant de maîtriser les déplacements aériens !
Conclusion
Note d'expérience : 17/20 + Label Qualité
Denshattack! est une excellente démonstration de ce que peut produire un studio lorsqu’il maîtrise parfaitement ses outils et se concentre sur les fondations du jeu vidéo.
La direction artistique donne au jeu une identité forte, tandis que la bande-son accompagne admirablement l’énergie des parcours. La diversité des environnements, les défis, les embranchements et la recherche du meilleur score entretiennent efficacement l’envie de recommencer les niveaux.
Il s'agit d'un excellent jeu d’arcade, spectaculaire et immédiatement plaisant, qui mérite pleinement l’attention des amateurs de scoring, de vitesse et d’expériences originales.













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