Avec Granblue Fantasy: Relink - Endless Ragnarok, Cygames remet en lumière l’un des action-RPG japonais les plus généreux de ces dernières années. Cette nouvelle édition rassemble l’aventure originale de Granblue Fantasy: Relink et une extension majeure conçue pour prolonger considérablement l’expérience, aussi bien en solo qu’en coopération. Disponible sur Nintendo Switch 2, PS5, PS4 et PC, le titre accueille également les possesseurs du jeu d’origine grâce à un kit de mise à niveau dédié.
Cette sortie représente surtout la première occasion pour le public Nintendo de parcourir cette aventure dans une version nomade. Nous avons donc testé la mouture Nintendo Switch 2, afin d’évaluer la qualité du portage, sa fluidité, sa réalisation et l’intérêt du contenu apporté par Endless Ragnarok.
Nous vous proposons de découvrir notre test-live de Granblue Fantasy: Relink - Endless Ragnarok, animé par Titiboy pour ConsoleFun.
*Test-live en mode paysage (pour PC & TV):
*Test-live en mode portrait (pour mobiles...):
L’univers de Granblue Fantasy prend place dans un monde composé d’îles flottant au milieu d’une immense mer de nuages. Bien avant le début de l’aventure, les Astrals ont tenté de soumettre les habitants des cieux à l’aide de puissantes créatures originelles. Après une longue guerre, les peuples de ce monde sont finalement parvenus à reprendre le contrôle de leurs terres.
Le joueur incarne Gran ou Djeeta, selon le personnage sélectionné au début de la partie. Notre session s’est déroulée avec Gran, jeune aventurier parcourant les cieux en compagnie de Lyria, une mystérieuse jeune fille capable d’établir un lien avec les créatures originelles.
Leur voyage les conduit à bord d’un navire volant, entourés de compagnons aux personnalités très différentes. Katalina, Rackam, Io, Eugen et Rosetta font notamment partie de cette équipe amenée à affronter de nombreuses menaces au fil de l’aventure.
L’introduction prend le temps de poser le contexte et d’expliquer la relation très particulière unissant Gran et Lyria. Le héros a autrefois été mortellement blessé en essayant de la protéger. Pour lui sauver la vie, Lyria a lié sa propre force vitale à la sienne, scellant ainsi leurs destins.
L’histoire reste assez simple à comprendre dans ses grandes lignes, même pour une personne qui ne connaît ni le jeu mobile d’origine ni l’adaptation animée. Le titre donne suffisamment d’informations pour identifier les héros, les enjeux et les forces qui menacent ce monde.
La dimension narrative constitue l’une des grandes réussites de Granblue Fantasy: Relink. Dès les premières scènes, la réalisation alterne illustrations, séquences en trois dimensions, changements de plans et affrontements spectaculaires.
Les cinématiques ne se contentent pas de placer deux personnages face à face. La caméra se rapproche des visages, s’éloigne pour dévoiler les environnements et change régulièrement de perspective afin de mettre en valeur les actions importantes. Cette réalisation donne souvent l’impression d’assister à un anime dont le joueur contrôlerait directement les scènes de combat.
Cette sensation est renforcée par les nombreuses conversations entre les membres de l’équipage. Les compagnons discutent pendant l’exploration, avant les missions, après les affrontements et même au cœur des batailles. Le jeu conserve ainsi une narration presque permanente, sans sacrifier le rythme de l’action.
Les échanges savent également adopter différentes tonalités. Certaines scènes développent les enjeux du scénario, tandis que d’autres misent davantage sur l’humour et la complicité du groupe. Ces respirations rendent les personnages attachants et participent au sentiment de voyager avec une véritable équipe.
Les voix sont disponibles en japonais ou en anglais, tandis que l’intégralité des textes bénéficie d’une traduction française. La localisation représente un avantage important pour suivre correctement le scénario, comprendre les nombreux menus et assimiler les subtilités du système de combat.
La direction artistique demeure l’un des principaux atouts du jeu. Granblue Fantasy: Relink transpose en trois dimensions une esthétique héritée de l’illustration japonaise, avec des personnages très détaillés, des couleurs chaleureuses et des environnements qui évoquent parfois des peintures animées.
Le chara-design se montre particulièrement réussi. Chaque personnage possède une silhouette immédiatement identifiable, un équipement travaillé et de nombreuses petites animations. Les cheveux et les vêtements réagissent au vent, tandis que les visages restent expressifs durant les dialogues et les cinématiques.
Les îles explorées proposent également une belle variété de paysages. Forêts luxuriantes, villages animés, falaises, constructions anciennes et navires volants donnent à l’ensemble un véritable sentiment d’aventure.
Les premières heures montrent déjà un monde riche en détails. La végétation bouge, les ombres sont projetées au sol, les personnages secondaires vaquent à leurs occupations et de petites créatures animent les villes. Les habitants discutent entre eux sans nécessiter d’interaction directe, ce qui renforce l’impression d’évoluer dans des lieux vivants.
La bande-son accompagne parfaitement cette esthétique. Les mélodies savent se montrer douces durant l’exploration, épiques pendant les cinématiques et beaucoup plus intenses lors des combats. L’OST participe pleinement à l’identité du jeu et soutient efficacement les changements de rythme.
La grande interrogation concernait naturellement la qualité de la version Nintendo Switch 2. Sur ce point, le résultat se montre très satisfaisant.
Le rendu paraît propre, lissé et suffisamment détaillé. Durant notre session, nous n’avons pas remarqué les problèmes de pixellisation qui pouvaient ponctuellement apparaître dans certaines versions antérieures. L’aliasing se montre également très discret, y compris dans les villes et autour des personnages.
La fluidité constitue une autre bonne surprise. Les combats s’enchaînent avec de nombreux effets visuels, plusieurs personnages et des ennemis imposants sans que l’action devienne illisible. Le framerate paraît limité afin de conserver une certaine stabilité, mais il reste régulier et agréable.
La rotation de la caméra semble plus lente que sur certains jeux concurrents. Cette décision paraît toutefois volontaire : plutôt que de permettre des mouvements extrêmement rapides au risque de provoquer des saccades, le jeu privilégie une caméra plus posée et une animation constante.
Les temps de chargement restent rares durant l’exploration et les combats. Après la victoire contre un boss, le jeu peut enchaîner directement avec une cinématique sans longue transition. Un chargement apparaît en revanche lors de l’arrivée dans certaines villes ou dans les zones plus importantes, mais il demeure raisonnable.
Les vibrations des manettes accompagnent bien les impacts et les séquences les plus intenses. Le portage ne donne donc pas l’impression d’une adaptation au rabais : il restitue correctement l’ampleur visuelle et le dynamisme du titre, tout en permettant de profiter de l’aventure en déplacement.
Le système de combat constitue le cœur de l’expérience. Granblue Fantasy: Relink repose sur une formule d’action-RPG en temps réel, avec des attaques rapides, des combos, une garde, des esquives et plusieurs compétences assignées aux boutons de la manette.
La prise en main reste immédiate. Les attaques de base peuvent être enchaînées rapidement, mais le joueur doit également observer les mouvements adverses, se protéger au bon moment et utiliser ses compétences avec discernement.
Chaque compétence possède son propre délai de récupération. Une fois utilisée, son icône s’assombrit jusqu’à ce qu’elle soit de nouveau disponible. Certaines capacités peuvent être déclenchées plusieurs fois, tandis que d’autres servent à attaquer à distance, à renforcer les alliés ou à récupérer de la santé.
Gran dispose notamment d’une mécanique améliorant les effets de certaines compétences après la réussite d’une fin de combo. Ce type de particularité distingue les personnages et donne envie d’expérimenter différents membres de l’équipe.
La garde joue également un rôle important. Les ennemis signalent certaines attaques particulièrement dangereuses, laissant au joueur un court délai pour se protéger ou se repositionner. Les boss disposent de patterns reconnaissables, de frappes successives et d’attaques de zone qu’il faut apprendre à anticiper.
Les combats gagnent en profondeur grâce aux attaques coordonnées. En frappant un ennemi, le groupe remplit progressivement sa jauge d’étourdissement. Une fois celle-ci complétée, une chance de lien apparaît et permet de déclencher une attaque commune avec les autres membres de l’équipe.
La répétition de ces actions augmente le niveau de lien du groupe. Cette montée en puissance récompense la coordination et conduit à des phases où l’équipe peut infliger des dégâts considérables.
Les boss disposent de leur propre jauge de mode. Une fois pleine, ils passent en Overdrive, deviennent plus agressifs et utilisent des attaques plus dangereuses. Il faut alors continuer à les blesser pour vider cette jauge et provoquer un Break. Cet état offre une ouverture durant laquelle l’équipe peut attaquer sans relâche.
Les arts célestes représentent les techniques les plus puissantes de chaque personnage. Lorsque plusieurs membres les activent successivement, le groupe peut déclencher un Full Burst, suivi d’une attaque finale particulièrement spectaculaire.
Ces systèmes donnent du panache aux affrontements tout en conservant une dimension stratégique. Il ne suffit pas de marteler constamment le même bouton : il faut gérer les compétences, observer les ennemis, conserver certaines attaques pour le bon moment et coordonner les offensives du groupe.
Le jeu propose plusieurs niveaux de difficulté ainsi que deux formes d’assistance. La première permet de faciliter les affrontements et d’enchaîner plus simplement les attaques. La seconde transforme presque l’expérience en aventure cinématographique, puisque le jeu prend en charge une grande partie des combats pendant que le joueur se concentre sur les déplacements et le scénario.
Ces aides peuvent être activées sans pénalité. Elles permettent à un public moins habitué aux jeux d’action de profiter de l’histoire, tout en laissant aux joueurs expérimentés la possibilité de choisir une difficulté plus exigeante.
Les options d’accessibilité comprennent aussi différents réglages d’affichage, un mode destiné aux personnes daltoniennes, la possibilité de réduire la quantité d’effets durant les affrontements et l’affichage d’une silhouette lorsque le personnage est masqué par un élément du décor.
Cette dernière fonction est particulièrement utile dans les combats les plus chargés, lorsque les effets, les ennemis et les éléments du décor risquent de masquer momentanément le héros.
L’une des grandes forces de Granblue Fantasy: Relink vient de son vaste choix de personnages jouables. Chaque membre possède ses propres attaques, compétences, animations et mécaniques.
Cette diversité permet de modifier radicalement les sensations. Certains combattants privilégient les attaques rapides au corps-à-corps, d’autres utilisent la magie, des armes à distance ou des techniques reposant davantage sur le positionnement.
Le jeu encourage donc à tester plusieurs profils et à construire une équipe adaptée aux missions proposées. Cette variété compense en partie la répétitivité qui peut apparaître sur la durée, puisque changer de personnage revient souvent à réapprendre une nouvelle manière de combattre.
Endless Ragnarok enrichit encore cette sélection. D'ailleurs, parmi les nouveaux personnages de la nouvelle mise à jour, figurent notamment Fraux, qui combat aux côtés de la créature originelle The Devil, et Fediel, l’un des Six Dragons, associée aux ténèbres.
La 2.0.2 ajoute également Gallanza et Maglielle en tant que personnages jouables. Ils peuvent être débloqués à l’aide de cartes de coéquipier spécifiques obtenues en remplissant certaines conditions.
L’extension ne se contente pas d’ajouter quelques combats. Elle introduit de nouvelles quêtes, des personnages supplémentaires, des systèmes inédits et des niveaux de difficulté destinés aux joueurs ayant déjà terminé une grande partie du contenu original.
Les joueurs qui possèdent déjà Granblue Fantasy: Relink peuvent acquérir le kit de mise à niveau. Les nouveaux venus peuvent quant à eux choisir l’édition complète, qui permet de commencer l’aventure depuis ses premières heures avant d’accéder progressivement au contenu d’Endless Ragnarok.
Cette organisation est importante, car certaines nouveautés de l’extension ne sont pas immédiatement accessibles. Il faut d’abord terminer l’histoire principale, poursuivre la progression et débloquer les quêtes de difficulté supérieure.
Les invocations spéciales font notamment partie de ces ajouts avancés. Elles permettent d’appeler de puissants personnages comme Lucilius ou Rolan dans certaines conditions. Lyria peut ensuite faire intervenir une créature originelle pour déclencher une attaque supplémentaire après une coordination réussie du groupe.
The World, l’un des nouveaux adversaires majeurs, est une entité d’Arcarum ayant développé sa propre conscience et sa propre volonté. Il incarne une menace à la hauteur des joueurs les mieux préparés.
Ces contenus de haut niveau prolongent une expérience qui disposait déjà d’une durée de vie conséquente. La campagne principale n’est pas nécessairement interminable, mais les quêtes secondaires, l’amélioration des personnages, la recherche d’équipements et les activités de fin de jeu peuvent occuper pendant de nombreuses heures.
Entre les missions, le joueur rejoint des villes qui servent de véritables centres d’activités. Il peut y rencontrer les compagnons, accepter des quêtes secondaires, améliorer ses armes, échanger des trésors et préparer ses prochaines sorties.
Les menus offrent également l’accès aux compétences, aux objets, aux maîtrises, aux armes et aux sceaux. Ces derniers jouent un rôle important dans la personnalisation des combattants et permettent d’affiner leurs caractéristiques.
Le journal de Lyria regroupe de nombreuses informations sur l’histoire, les ennemis, leurs faiblesses, les armes, les trésors et les différents services disponibles. Il comporte également de nombreuses archives à découvrir, ce qui devrait intéresser les joueurs souhaitant mieux comprendre l’univers.
Un jukebox permet de réécouter les musiques déjà entendues, tandis qu’un mode photo donne la possibilité d’immortaliser les environnements et les personnages. En coopération, différentes émotes et vignettes facilitent les échanges entre les membres de l’équipe.
Les quêtes peuvent être réalisées seul avec des compagnons contrôlés par l’intelligence artificielle ou en ligne avec un maximum de quatre participants.
L’arrivée d’Endless Ragnarok introduit en outre le crossplay entre les différentes plateformes, ce qui facilite la constitution des groupes et devrait maintenir une communauté plus large sur la durée.
Le mode assistance est désactivé durant les sessions en coopération, afin que chaque participant prenne réellement part aux combats. Le jeu conserve toutefois une grande lisibilité dans ses commandes et propose suffisamment d’explications pour accompagner les nouveaux venus.
La dimension collective correspond parfaitement au système de lien, aux arts célestes et aux attaques coordonnées. Les combats les plus difficiles devraient donc prendre tout leur intérêt avec une équipe organisée capable de répartir les rôles et d’optimiser ses compétences.
Le système de progression se montre efficace. Les personnages gagnent des niveaux, améliorent leurs armes, apprennent de nouvelles compétences et obtiennent différents équipements au fil des quêtes.
Les nombreuses ressources encouragent à fouiller les niveaux. Des coffres sont disséminés dans les environnements et certains nécessitent des clés particulières. Les villes cachent également plusieurs objets et passages secondaires.
Cette richesse a toutefois une contrepartie. Certaines missions reposent sur des structures similaires et les mécaniques peuvent devenir répétitives après de nombreuses heures. Plusieurs quêtes secondaires manquent aussi d’originalité et paraissent principalement conçues pour prolonger la progression.
La variété des personnages réduit ce sentiment, mais ne le fait pas totalement disparaître. Les joueurs souhaitant compléter l’intégralité du contenu devront accepter de refaire certaines activités et d’affronter plusieurs fois des ennemis comparables.
Quelques placements de caméra peuvent aussi devenir perfectibles durant les combats les plus intenses. Lorsque plusieurs ennemis, effets lumineux et attaques de zone occupent l’écran, il arrive que la lisibilité baisse momentanément.
Points forts
- Une direction artistique particulièrement soignée,
- Un portage Nintendo Switch 2 propre et fluide,
- Un chara-design très inspiré,
- Une mise en scène digne d’un anime,
- Des combats dynamiques et spectaculaires,
- Des boss disposant de patterns intéressants,
- Un système de lien efficace,
- Une grande variété de personnages jouables,
- Des voix japonaises convaincantes,
- Des textes intégralement traduits en français,
- Une OST parfaitement adaptée à l’aventure,
- De nombreuses options d’accessibilité,
- Un contenu particulièrement généreux,
- Une coopération jusqu’à quatre joueurs
- Le crossplay entre les plateformes
- De nouveaux personnages et systèmes grâce à Endless Ragnarok
- Une excellente expérience nomade sur Nintendo Switch 2
Points faibles
- Certaines mécaniques deviennent répétitives sur la durée,
- Plusieurs quêtes secondaires manquent d’originalité,
- Quelques placements de caméra perfectibles durant les combats,
- Le récit et les liens entre certains personnages pourraient être davantage développés,
- Une partie importante du contenu d’Endless Ragnarok demande d’avoir déjà bien progressé,
- La campagne principale reste moins longue que ne pourrait le laisser penser l’immense quantité de contenu annexe.
Conclusion
Note d'expérience: 16/20 + label qualité ConsoleFun
Avec Granblue Fantasy: Relink - Endless Ragnarok, Cygames propose une version particulièrement complète de son action-RPG. Le jeu associe une direction artistique remarquable, une mise en scène ambitieuse, des personnages attachants et un système de combat immédiatement plaisant.
Les affrontements se montrent nerveux, lisibles et suffisamment riches pour récompenser l’apprentissage. Les attaques liées, l’Overdrive, le Break, les arts célestes et les Full Bursts donnent aux batailles une véritable ampleur, sans rendre la prise en main inutilement compliquée.
La version Nintendo Switch 2 constitue une excellente surprise. Le rendu est propre, la fluidité convaincante et les rares chargements ne viennent pas casser le rythme général. Pouvoir profiter d’une telle aventure en mobilité représente un véritable argument en faveur de cette édition.
Endless Ragnarok s’adresse aussi bien aux nouveaux venus qu’aux joueurs ayant déjà terminé le jeu original. Les premiers bénéficient d’une édition complète et généreuse, tandis que les seconds disposent d’une nouvelle histoire, de personnages supplémentaires, de quêtes avancées et de systèmes conçus pour prolonger considérablement la durée de vie.
Quelques répétitions, des quêtes secondaires parfois conventionnelles et certains problèmes ponctuels de caméra empêchent l’ensemble d’être totalement irréprochable. Ces réserves restent néanmoins mineures face à la qualité globale de l’expérience.
Il s'agit d'un action-RPG spectaculaire, généreux et particulièrement réussi sur Nintendo Switch 2, à placer sans hésitation dans la sélection des amateurs de jeux japonais, de coopération et d’aventures épiques.















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