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[TEST] Furi

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Le 21/05/2018

Avec la sortie de Furi sur PS4, Xbox One et PC en juillet 2015, l'équipe Montpelliéraine de The Game Bakers avait réussi le pari de gagner le cœur des joueurs exigeants et amateurs de gameplay aux petits oignons. En phase avec la tendance actuelle qui consiste à porter de nombreux jeux sur Switch, les développeurs français ont emboîté le pas et se sont tournés vers la console hybride de Nintendo. Le résultat est-il à la hauteur de l'aura culte qui entoure le soft et, surtout, le jeu parvient-il à assurer techniquement ?


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Le prisonnier, la brute et le lapin

 

 

Emprisonné, torturé à tours de bras, notre héro se retrouve un beau jour libéré par un mystérieux inconnu affublé d’un masque de lapin. Ce dernier lui enjoignant de se battre pour sa liberté, lui propose de l’aider à s’enfuir de sa prison et lui confie pour y parvenir un katana. Malheureusement pour les deux compagnons la tâche s’avère plus ardue que prévu puisque la prison fait partie d’un immense réseau d’îlots flottants au dessus de la Terre qu’il leur faudra traverser afin d’éliminer les différents gardiens employés à retenir notre protagoniste enfermé.

 

Avant toute chose, il faut savoir que Furi, en tant que Boss Rusher ne propose pas vraiment de phases de gameplay à proprement parler hormis les différents affrontements contre les boss. Entre ces derniers, rien ne sert de regarder sa manette et d’essayer toutes les touches, seuls les joysticks vous amèneront à destination et vous n’aurez pas d’autre choix que d’avancer jusqu’au prochain adversaire sans rencontrer de plateformes à sauter ou d’ennemis secondaires à occire. Pour couronner le tout, les développeurs ont même poussé le vice jusqu’à inclure une touche “marche automatique”.

 

Toujours jauger du regard son adversaire avant un combatToujours jauger du regard son adversaire avant un combat

 

Et même si scénaristiquement ces moments de flottement permettent petit à petit au scénario de se dévoiler, de reposer vos petites mimines et de se remettre de vos émotions, il est regrettable de n’avoir que pour seul objectif d’avancer en ligne droite à la vitesse d’un paresseux léthargique jusqu’au prochain combat à chaque nouveau Boss. Surtout lorsque l’on voit à quel point notre héro fait preuve d’agilité et d’aisance durant les phases où il peut enfin laisser parler le katana. Jusque-là, il faut avouer que ça ne casse pas la barraque mais bercé par la pluie et l’orage, avec un morceau de Carpenter Brut en fond sonore, l’ambiance claque sévèrement. Le premier affrontement peut débuter.


 

Bats-toi pour ta liberté

 

 

Soyons clairs dès le début, cette version Switch n’a pas à rougir face aux autres moutures. Que ce soit en mode TV ou portable, le portage s’en sort avec les honneurs et rend hommage au matériau de base même si la résolution est revue à la baisse rendant le tout un tantinet flou surtout en mode nomade. Quelques légères chutes de framerate sont aussi à déplorer mais celles-ci restent vraiment anecdotiques et n’impactent que rarement le gameplay. Au niveau de ce dernier d’ailleurs, force est de constater que la simplicité règne en maîtresse. Le jeu se basera sur votre capacité à apprendre les mouvements de vos ennemis et à réagir en conséquence, faisant fi de combos ou autres joyeusetés superficielles. Les possibilités et les capacités de votre héro (qui ne sont pas améliorables, ne vous attendez pas à un Action RPG) sont à l’image du jeu : basiques, brutes et sans fioritures.
 

Ça tourne parfois au festival de boulettesÇa tourne parfois au festival de boulettes

 

Un dash, un tir à distance, un bouton pour parer les coups et une seule touche pour les attaques rapprochées, voilà à quoi pourrait se résumer la palette disponible. Mais si le gameplay est facile à maîtriser sur le papier, en situation réelle attendez-vous à finir tous les affrontements avec des mains moites crispées au pad. Ceux-ci se déroulent tous en plusieurs phases. Pour la première, la caméra prend généralement de la distance pour se positionner au dessus du joueur faisant la part belle aux boulettes en tout genre. Durant ces dernières, proche d'un Shmup (Shoot 'em Up), il faudra dégommer l’adversaire à distance au flingue tout en évitant ses tirs qui peuvent être détruits ou esquivés voir repoussés grâce à un blocage parfait. Une fois la barre de vie du Boss réduite à néant, le combat vire à l'affrontement au corps à corps et il sera temps de faire parler l'acier.

 

Les affrontements au corps-à-corps sont particulièrement intensesLes affrontements au corps-à-corps sont particulièrement intenses.

 

Le joueur dispose d'un combo classique à quatre coups mais sachez que, dans Furi, la précipitation se solde toujours par un échec cuisant. Rares seront les fois où il sera possible de toucher l'adversaire plus de trois fois sans qu'il ne réplique ou vous bloque. Et même si votre nemesis s'amuse à vous narguer vous laissant imaginer pouvoir l'attaquer, il n'en est rien car pour réussir ici il ne faudra jamais foncer tête baissée vers l'adversaire. La prise de risque n'est pas récompensée et les maîtres mots pour s’en sortir victorieux sont l’analyse, l’esquive et la parade.


 

Tomber sept fois, se relever huit

 

 

Car, soyons honnêtes, Furi est un jeu exigeant, punitif, frustrant même parfois. Et si les affrontements sont retors et l’exécution pointilleuse, les développeurs n’ont pas oublié de récompenser les joueurs persévérants en restaurant un petit peu de vie par exemple à chaque parade réussie et un enchaînement dévastateur en cas de timing parfait. Même si le joueur peut sembler décontenancé au premier abord, un signal sonore ainsi que visuel préviennent de l’imminence d’une attaque au corps à corps.

 

Les parades parfaites donnent accès à une mise en scène sympathiqueLes parades parfaites donnent accès à une mise en scène sympathique.

 

Chaque boss, bien que suivant un cheminement similaire à base de combat à distance puis rapproché à partir d’un certain nombre de points de vie, aura des patterns uniques. La force de Furi se situe dans l’apprentissage des mouvements de l’adversaire puis, passant à la phase suivante, l’introduction d’un désapprentissage de tous les réflexes acquis auparavant mettant en permanence le joueur sous pression.

 

 

Synthwave et compagnie

 

 

L'essentiel du soft repose donc sur des mécaniques parfaitement huilées et des combats requérants une bonne dose de skill et d'apprentissage faisant fi d'un scénario recalé au troisième plan. Car, même si l'ambiance flashy typique des années 80 assure, il faut souligner le travail effectué sur l’OST qui tabasse sévère. De grands noms de la scène électro tels que Carpenter Brut, The Toxic Avenger ou Waveshaper, pour ne citer qu’eux, signent des compositions pêchues  pour le plus grand bonheur de nos oreilles.

 

Les phases entre les Boss permettent de souffler un peu et d'admirer le panoramaLes phases entre les boss permettent de souffler un peu et d'admirer le panorama.

 

Malgré toutes ses qualités et bien qu’un mode speedrun vienne rallonger un peu la durée de vie, il faut tout de même souligner que cette dernière n’est pas le point fort de Furi et même si l’expérience est intense elle n’en est pas moins très courte puisque le jeu peut se terminer aisément en quatre à cinq petites heures seulement.

 

C'est en cela que Furi reste un petit jeu, certes, mais difficilement oubliable et vers lequel on reviendra avec grand plaisir. Cette alchimie entre design osé, gameplay arcade mais brutal et bande son énervée fait de Furi une expérience qui marque au fer rouge et il faut bien avouer que nous avons vraiment hâte de voir où les développeurs de chez The Game Bakers vont nous emmener pour leur prochain jeu.

  • JOUABILITÉ

    17

    Une vraie pépite de réactivité avec ses parades au timing impardonnable. Le mélange de Shoot 'em Up et d'action rapprochée fonctionne à merveille. Tout est bon, rien à jeter.

  • GRAPHISMES

    14

    La version Switch souffre d'une résolution un peu au rabais rendant le tout légèrement flou, ainsi qu'un aliasing un poil plus visible que sur les versions de ses consœurs. Rien de bien méchant, Furi conserve toute son identité visuelle qui transpire le rétro flashy années 80. Bien qu'offrant certains panoramas magnifiques, les textures sont pour la plupart assez grossières et le style ne plaira pas à tout le monde.

  • BANDE SON

    19

    Si il y'a bien un sujet qui divise c'est souvent celui des goûts musicaux et comme dirait un grand philosophe : "Tous les égouts sont dans la nature". Si les synthés et les rythmes binaires à grand renfort de grosse caisse vous filent la nausée, il y'a fort à parier que l'OST de Furi vous laissera de marbre. Les autres prendront leur pied du début à la fin avec une bande originale qui colle à merveille à l'action. À noter le choix du doublage entre le français et le japonais avec des acteurs de qualité de deux côtés.

  • DURÉE DE VIE

    12

    Court, mais intense, c'est là le point noir du jeu. La durée de vie ne dépasse pas les cinq heures, même en galérant comme il faut sur certains combats. Reste un mode speedrun pour les amateurs du chrono et de challenge qui rehausse un peu le temps passé sur cet opus.

  • SCÉNARIO

    12

    Relégué au troisième plan (derrière le gameplay et la bande son), le scénario n'a rien d'original et apparaît assez convenu même si un petit twist final met un peu de piquant sur le tout, il ne faut pas s'attendre à ce que Furi casse la baraque à ce sujet et ce n'est pas ce qu'on lui demande de toute manière.

    • Points positifs

      • Gameplay irréprochable, facile à prendre en main.
      • La bande son
      • Mécaniques de désapprentissage à chaque phase de boss qui force le joueur à s'améliorer
      • La mise en scène originale lors de certains combats
      • Le choix des doublages très appréciable
      • Un design coloré qui pète à l'écran....
    • Points négatifs

      • ... mais qui ne plaira pas à tout le monde.
      • Version Switch un peu floue au niveau de la résolution
      • Quelques (très) rares chutes de framerate

    Conclusion

    Furi est un jeu qui ne se déguste pas, il n'est pas venu pour ça et n'a pas le temps pour de telles balivernes. Il prend le joueur par le col dès les premiers instants et lui balance une bonne grosse tatane sur le coin de la tronche pour ensuite le rouer de coups du début à la fin le forçant à se relever et à être meilleur. Le plaisir réside dans cette progression personnelle tout du long, cette ascension intérieure qui pousse à s'améliorer, à passer ce passage qui semblait impossible et finalement réussir. Frustrant, satisfaisant, Furi c'est de l'adrénaline en barre.

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    Fiche du jeu

    Furi

    Furi

    Support : Nintendo Switch

    Editeur : The Game Bakers

    Développeur : The Game Bakers

    Genre :Action

    Multijoueur : Non, uniquement jouable en solo

    Moyenne des joueurs : - / 20

    Moyenne de la presse : - / 20

    Galerie d'images

    Qui est notre testeur ?

    Swanley : Testeur écrit

    Je joue aux jeux vidéo, j'écris dessus parfois. Joueur touche a tout depuis qu'une NES est arrivée chez moi, je ne compte plus heures passer a fixer des écrans lumineux tout en martelant des boutons. Grand amateur de Dark Souls et de Metal Gear Solid qui a une place très importante dans mon coeur et je suis capable d'en réciter les dialogues.

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