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[TEST] Accel World VS Sword Art Online

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Le 07/08/2017

Dans le monde du jeu vidéo, les cross-over sont ces expériences qui permettent de réunir tout un casting issu de divers univers plus ou moins connus. Si certaines licences sont ainsi incontournables dans le paysage vidéoludique, à l’image de la série Smash Bros., il est plus rare de voir ces expériences se décliner dans des genres tels que les RPGs. C’est pourtant le pari fait par Bandai Namco avec Accel World VS Sword Art Online, un jeu d’action-RPG mélangeant donc ces deux séries, et sorti le 7 juillet dernier sur PS4 et PsVita. Un pari réussi ? Réponse en test !

 

Un parfait équilibre dans le mélange des univers

 

 

Sword Art Online et Accel World mettent tous deux en scène le futur proche du jeu vidéo, avec respectivement les MMORPG en réalité virtuelle (avec un casque) et en réalité augmentée (implanté dans l’environnement réel). Leur auteur se penche sur le lien de ces jeux vidéo du futur avec la réalité, ce qui donne souvent des pistes de réflexion assez concrètes sur le possible avenir du mélange entre réel et virtuel.

 

Dans un cross-over, le plus difficile vient du dosage entre la présence de tel ou tel univers représenté. Le plus souvent, la licence la plus connue sera la plus représentée, et servira de tremplin au reste. Une fois n’est pas coutume, c’est donc cette formule qui est ici appliquée : dans Accel World VS Sword Art Online, c’est SAO qui sert de tremplin à Accel World… Du moins au début !

 

En effet, les deux séries étant signées du même auteur, celui-ci use de son génie pour proposer un scénario qui use habilement de la notoriété des deux licences, tout en proposant de l’inédit. Ainsi, l’histoire prend place dans le monde virtuel de SAO mais suite à la sortie d’une extension qui prend la forme d’un ensemble d’îles volantes. « Alfheim Online » se voit alors perturbé par un afflux de données, et l’arrivée d’avatars inconnus : c’est de cette façon qu’entrent en scène les héros d’Accel World, ayant traversé un mystérieux portail apparu dans leur monde virtuel « Brain Burst ».

 

D’abord enrôlés par une mystérieuse sorcière pour abattre Kirito et Asuna, les premiers personnages d’Accel World que l’on rencontre ne tardent pas à comprendre qu’ils se sont faits bernés, et font donc équipe avec l’équipe de Kirito pour les aider dans leur quête : retrouver Yui, personnage de SAO qui s’est fait capturer par la sorcière suscitée.


Kirito se fait d’abord attaquer par Black Lotus, qui a été enrôlée par une mystérieuse sorcière…

 

Si le départ scénaristique est plutôt basique, le déroulement tire ingénieusement parti des deux licences. On se retrouve alors à affronter les différents Rois de l’univers d’Accel World tout en explorant chaque recoin d’un Alfheim Online envahi par des morceaux de Brain Burst. Les relations entre les personnages sont, par contre, tantôt bien menées, tantôt trop peu claires. Les deux groupes se méfient l’un de l’autre, ce qui est assez logique lors de leur rencontre, mais du coup ils n’échangent jamais réellement sur les spécificités de leurs univers. Un manque toutefois excusé par le scénario, où la trame temporelle des évènements d’Accel World se situe vingt ans dans le futur comparé à celle de Sword Art Online.


Les Rois de couleur pure, issus du monde virtuel Brain Burst d’Accel World, se mettront sur la route de nos héros.

 

On reprochera par contre un manque de clarté global dans les différents termes utilisés, où tout est très spécifique à chaque univers : il est ainsi recommandé d’avoir au moins vu les séries animées de Sword Art Online et d’Accel World, pour pleinement s’immerger dans ce que le jeu nous propose sans avoir peur de se perdre. Non pas que le titre soit incompréhensible pour les nouveaux venus, mais il est certain que l’on ne profitera pas pleinement de l’expérience proposée si l’on découvre les deux licences par ce cross-over.


Une base de données permet d’acquérir toutes les informations nécessaires à la compréhension totale du background.

 

De plus, le soft a pour lacune d’avoir une narration assez confuse : on vous donnera un élément sur le prochain objectif une fois dans une conversation, et ne comptez pas sur l’interface du jeu pour vous rappeler votre destination ! Il vous faudra alors passer par le café de la ville, où des personnages de la guilde principale du jeu sauront parfois vous indiquer les différents points d’intérêt scénaristique. Pour pallier à ce manque de clarté globale, le titre propose une encyclopédie plutôt complète dans les menus du jeu, mais cela demandera un réel investissement avec beaucoup de lecture à tout moment du jeu pour vraiment intégrer chaque élément des différents mondes.

 

Le cœur du scénario consiste à l’infiltration progressive de Brain Burst dans Alfheim Online (ALO), ce dernier étant géré par le système Cardinal qui adapte ainsi peu à peu le monde virtuel, donnant lieu à une fusion des mécaniques de Brain Burst et ALO. Si les personnages ne comprennent pas comment un pont spatiotemporel a pu naître entre ALO et Brain Burst, leur aventure leur fera mener l’enquête, pour un final explosif qui sublime la fusion de ces deux univers. Qu’il est bon de voir un scénario de cross-over tirer pleinement parti de ses univers ! Et c’est sans parler du gameplay…


Les éléments de Brain Burst qui s’engouffrent dans Alfheim Online se reconnaissent de suite, et apportent un certain charme à l’univers.

 

 

Un gameplay riche en possibilités

 

 

Là encore, le titre met en place une fusion des mécaniques d’ALO et Brain Burst, orchestrée par le système Cardinal. Le jeu propose donc deux systèmes de monnaie : le Yrd et les PB (Points de Burst), que l’on obtient tous deux en éliminant des monstres.

 

Mais l’essentiel concerne évidemment le système de combat, avec une séparation majeure dans le casting : ceux qui peuvent voler, et les autres. Les premiers pourront évoluer librement dans les différentes zones, quand les autres devront se déplacer au sol ou enchaîner les sauts pour gagner de la hauteur. Heureusement, ceux-là pourront aussi compter sur une accélération leur permettant de se téléporter directement devant un ennemi ciblé, et enchaîner les combos permettra de rester en l’air en évitant de retomber mollement sur le sol.

 

Là encore, les différentes compétences sont extrêmement variées. On peut en configurer jusqu’à 32 par personnage. Elles sont affichés par palettes, attribuées aux touches de la manette selon si vous appuyez en même temps sur R1 ou R2, et appuyer sur R3 vous permettra de passer d’un groupe de 16 compétences à l’autre. Les enchaîner vous fera maximiser vos dégâts grâce aux liens de compétences, qui augmentent vos dégâts de 10% en 10% à chaque compétence utilisée l’une après l’autre. Par ailleurs, le niveau de vos compétences augmente au fur et à mesure que vous les utilisez : à l’instar de vos personnages, elles pourront atteindre le niveau 1000 –ce qui nécessitera toutefois de très nombreux combats.


Il est à tout moment possible de réorganiser les raccourcis pour les compétences utilisées en combat.

 

Enfin, chaque action puisera dans l’une des jauges à l’écran : sauter, sprinter ou utiliser une compétence de combat au corps-à-corps consommera de l’endurance, tandis que les compétences magiques consommeront de la magie, avec pour finir les accélérations qui consomment la barre de Switch. De même, bloquer une attaque ou effectuer une attaque puissante (avec la touche triangle) plutôt qu’une attaque rapide (avec la touche carrée) consommera la jauge d’endurance.

 

Les combats ont lieu en temps réel dans les zones explorées, avec souvent des apparitions de groupes d’ennemis que l’on se surprend à vouloir décimer jusqu’au dernier avant de reprendre notre route. La prise en main est difficile au début, mais au bout d’une heure de jeu on savoure pleinement notre voyage : à l’instar des protagonistes de Sword Art Online, on se perd à explorer librement le monde d’Alfheim Online, avec une sensation de liberté procurée par le vol qui se veut particulièrement jouissive.


Le vol permet de découvrir librement le monde, à s’en donner parfois le vertige ! Extrêmement jouissif.

 

Les différentes zones sont reliées entre elles par un portail, avec notamment la ville principale qui sert de hub central : on y trouve toutes les boutiques nécessaires à l’amélioration des équipements des personnages d’ALO et Brain Burst, un panneau de quêtes secondaires, une arène de combat qui sert à défier d’autres joueurs en ligne (en 1V1 ou en équipe), un portail permettant de faire des donjons en multijoueur en ligne, ainsi que le fameux café où se réunissent les membres de la plus grosse guilde du jeu et qui seront de bon conseil. Selon le personnage que vous incarnez, vous y trouverez aussi diverses quêtes annexes, qui vous feront évoluer avec un groupe spécifique.


La ville aérienne de Ryne sert de hub central : on y trouve toutes les enseignes, et les points d’accès au multijoueur.

 

L’important casting apporte de nombreux styles de gameplay : en vol avec Kirito ou Silver Crow, au sol avec Black Lotus, à distance avec Shinon et son arc… Il y en a pour tous les goûts, même si l’on aura tendance à se concentrer sur un personnage qui nous plaît. On dispose d’ailleurs de deux alliés en permanence, contrôlés par l’IA lorsque l’on joue en solo. Une IA qui se montre parfois pénible par sa difficulté à assurer autant que vous en combat : vous aurez le temps de déblayer les trois quarts des ennemis alors que les deux IA alliées en seront à leur deuxième cible au mieux.


Le casting compte un total de plus de trente personnages ! De quoi diversifier sans mal le gameplay.

 

Ces IAs alliées disposent toutefois d’un avantage considérable : elles disposent d’une infinité d’objets de soin. Pour peu que ces IA restent en vie, elles peuvent se soigner entre elles et venir à votre secours en cas de coup dur. Une feature particulièrement utile lors des combats de boss par exemple ! Ces derniers sont par ailleurs très impressionnants et demandent un réel effort comparé au reste des combats, en incarnant l’occasion idéale de lâcher ses meilleures attaques en optimisant les combos. Malheureusement, les IAs alliées ont tendance à être longues à la détente quand il s’agit de soigner les alliés et d’esquiver les attaques, ce qui nous fait trop souvent finir les combats de boss en un contre un… Car si les alliés ont de quoi soigner à l’infini, ce n’est pas le cas côté joueur !

 

Enfin, des quêtes soudaines pourront se déclencher lors de vos traversées de zone, donnant lieu à un objectif à réaliser avant la fin d’un chronomètre. Malheureusement, il ne faudra là encore pas compter sur l’IA pour vous faciliter la tâche, ce qui donne des timings relativement serrés.


Les combats de boss sont particulièrement intenses et ardus !

 

 

Direction artistique et durée de vie

 

 

Sans être excellent graphiquement, Accel World VS Sword Art Online se montre tout-à-fait charmant. On évolue dans les différentes zones en avançant dans le scénario, et chaque nouvelle zone pousse à l’exploration, avec un décor qui se renouvelle sans cesse : plaine jonchée d’îles volantes, désert de glace… le tout étant parsemé d’éléments de décor issus de Brain Burst, apportant un aspect dévasté qui contraste avec l’éclatant Alfheim Online, pour un mariage franchement agréable visuellement.


Certaines textures sont particulièrement baveuses…

 

Le chara-design, qu’il s’agisse des protagonistes ou du bestiaire, est particulièrement soigné. On regrette néanmoins certaines textures particulièrement baveuses. Le gameplay permet toutefois d’optimiser le rendu graphique : on se plaît à parcourir le ciel jusqu’à s’y perdre, et certains plans sont tout simplement sublimes. Les effets en combat sont efficaces sans altérer la lisibilité de l’action, et l’interface se veut assez optimisée pour que le grand nombre d’informations (on pense aux multiples jauges à l’écran) ne vienne pas complexifier inutilement l’expérience de jeu.


Certains plans sont tout simplement sublimes.

 

En ce qui concerne la musique, elle accompagne tranquillement notre périple, sans jamais se démarquer réellement si ce n’est dans la ville de Ryne. Le doublage est par contre excellent, et les effets sonores en combat se montrent particulièrement immersifs.

 

Côté durée de vie, il faudra compter une bonne vingtaine d’heures pour venir à bout de l’histoire principale, mais le jeu propose pléthore de contenu à découvrir : titres à collectionner, compétences à débloquer, quêtes à remplir et multijoueur en ligne… il y a de quoi faire, et le charme d’Alfheim Online saura vous captiver de nombreuses heures.

  • JOUABILITÉ

    15

    Un peu étrange à prendre en main au début, au bout de quelques dizaines de minutes on se retrouve à évoluer librement dans Alfheim Online, avec un grand panel de possibilités en combat grâce à un gameplay exploitant au mieux chaque touche de la manette. Résultat, parcourir le monde est particulièrement plaisant.

  • GRAPHISMES

    14

    La diversité des zones et le chara-design travaillé permettent au titre d’avoir un visuel somme toute assez charmant, avec des effets en combat qui n’entachent pas la lisibilité de l’action. On regrette tout de même des textures parfois baveuses dans certains environnements.

  • BANDE SON

    13

    Les musiques accompagnent assez bien l’aventure, avec un excellent doublage en langue originale, et des effets sonores en combat qui renforcent l’immersion. Néanmoins, seule la musique de la ville aérienne de Ryne viendra réellement se démarquer du reste.

  • DURÉE DE VIE

    16

    Il faudra une vingtaine d’heures de jeu pour venir à bout de la trame principale, mais beaucoup plus pour ce qui est d’explorer et découvrir tout ce que le jeu a à nous offrir. Et il se trouve que le monde d’Alfheim Online est particulièrement agréable à parcourir !

  • SCÉNARIO

    16

    Le scénario tire pleinement parti du mélange des deux univers, pour un arc narratif final explosif illustrant le génie de l’auteur de Sword Art Online et Accel World.

    • Points positifs

      • L’exploration libre
      • Les nombreuses possibilités de gameplay
      • L’important casting
      • Les combats de boss
      • Le scénario tirant pleinement parti du mélange des deux univers
    • Points négatifs

      • Un ensemble d’informations parfois confus pour les nouveaux venus
      • L’IA pas toujours au point
      • Certaines textures peu ragoûtantes

    Conclusion

    Avec un mélange parfaitement dosé entre ses univers, Accel World VS Sword Art Online permet à SAO de mettre un peu en avant le monde d’Accel World, moins connu, et explore plus que jamais la profondeur des liens entre réalité et virtuel, avec une approche futuriste pas si éloignée de nous qu’on ne pourrait le croire. Le gameplay offre un panel incroyable de possibilités tant en ce qui concerne l’exploration que le combat, et les rencontres avec les boss sont particulièrement intenses. On déplorera néanmoins une IA pas toujours au point, ainsi que certaines textures baveuses au possible. L’aspect dévasté de Brain Burst venant contraster Alfheim Online offre toutefois un rendu graphique aussi perturbant qu’immersif, aboutissant à un univers dans lequel il fera bon de se perdre des dizaines, si ce n’est des centaines d’heures.

    15

  • Les avis du staff

    En complément de ce test, les autres membres du staff peuvent aussi vous donner leur avis sur le jeu

    Commentaires (1)

    GalWii a écrit un commentaire le 08/08/2017 à 09:16

    Merci pour ce bon test !

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    Vesperia : Co-Responsable de la rubrique "Tests"

    Joueur de 22 ans, je tente de rattraper des années de culture vidéoludique pour comprendre le pourquoi du comment de chaque jeu. Ce qui me prend beaucoup de temps et me fait accumuler plus de retard encore. J'aime le jeu vidéo, tout simplement.

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