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[TEST] God Wars : Future Past

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Le 02/07/2017

Sorti le 16 juin 2017, God Wars : Future Past propose une plongée au coeur d'un Japon féodal où les conflits entre régions côtoient la colère des dieux et des chimères sous la forme d'un Tactical-RPG fortement inspiré par la mythologie nippone. Le concept est alléchant pour tous les amateurs du genre et les développeurs, Kadokawa Games, ont eu la bonne idée de s'entourer de beau monde sur un projet qui fut déjà retardé, dans le but de corriger de nombreux défauts et de tenir ses promesses. Qu’en est-il aujourd'hui ?

 

God Wars : Future Past

 

 

Chronique des faits anciens

 

Fortement inspiré du Kojiki, compilation de récits du conteur Hieda no Are, God Wars parle d'un âge où les dieux régnaient en maîtres et étaient honorés. Trois nations, Fuji, Izumo et Hyuga, vivaient en paix et en harmonie sur le territoire de Mizuho en célébrant la nature et les anciens esprits qui habitaient ces terres et les protégeaient. Avec le temps, les récoltes furent plus intenses, le métal de plus en plus recherché et extrait de la montagne, son utilisation entraînant conflits et guerres de territoires. L'acquisition de la technologie et du savoir poussait l'homme à asseoir sa domination sur une nature envers laquelle il était auparavant bienveillant, provoquant inéxorablement sa destruction afin d'assouvir son besoin de conquête et de pouvoir. Se faisant, les habitants de Mizuho déclenchèrent indirectement de nombreuses catastrophes naturelles aux quatre coins du pays, reflet de la désapprobation et de la colère des dieux qu'ils vénéraient autrefois.

 

Certaines cinématiques utilisent le moteur du jeu

Certaines cinématiques utilisent le moteur du jeu.

 

Tsukuyomi, la reine de Fuji, décida alors dans un élan désespéré de sacrifier l'une de ses deux filles au Mont Fuji, l'emblématique volcan japonais, afin de calmer la rage divine qui s'abattait sur ses sujets. Elle garda sa soeur, Kaguya, enfermée dans l'éventualité d'un deuxième rituel sacrificiel si les divinités venaient à se vexer à nouveau. Ce n'est que 13 ans plus tard que Kintaro, son ami d'enfance, profite d'une émeute pour la libérer afin qu'elle ne subisse pas le même sort que sa frangine. La reine étant introuvable, les deux amis, épaulés par Kuma le compagnon de Kintaro, partiront en quête de réponses et rencontreront lors de leur aventure de nombreux compagnons de route.

 

Parfois, les cartes sont très grandes

Parfois, les cartes sont très grandes.

 

 

L'image du monde flottant

 

Fortement inspiré des estampes japonaises dans les décors et les couleurs choisis, God Wars est un tactical-RPG qui parlera aux plus anciens de l'ère Playstation première du nom, de part son gameplay quelque fois archaïque et très vieille école, nous y reviendrons. Hormis la carte du pays, sur laquelle vous pourrez vous déplacer en ligne droite vers votre prochaine destination et vous arrêter à des points clefs pour faire des contrats annexes ou vos emplettes, l'essentiel du titre repose sur les combats. Toutes les quêtes annexes qu'il sera possible de réaliser vous téléporterons directement dans le feu de l'action et il en sera de même pour l'histoire principale. De nombreuses scènes fixes feront office de fil narratif et seront parfois légèrement animées, ce qui aura pour effet de donner un peu d'action à un récit ponctué également par de très rares cinématiques mais néanmoins plutôt réussies. Le jeu est disponible en japonais ainsi qu'en anglais, les sous-titres et les menu sont eux, par contre, proposés uniquement dans la langue de Shakespeare. Attention cependant, les cinématiques sous forme d'animé ne sont pas sous-titrées alors ne vous faites pas avoir si vous avez sélectionné le japonais pour l'audio...

 

Le design des monstres est réussi

Le design des monstres est réussi.

 

En terme de gameplay pur, le titre repose sur des mécaniques de RPG tactique en vue 3D isométrique et dispose de cartes plutôt grandes mais entourées d'un décor passablement laid. Comme tout bon Tactical, le terrain est divisé en quadrillage et les combats se déroulent au tour par tour, chaque personnage disposant d'un déplacement et d'une action à réaliser à chaque rotation. En début de partie, il sera possible de choisir, parmi une liste de protagonistes comptant 14 personnages jouables, ceux qui se battront et dans quel ordre vous souhaitez les placer. Certains seront plus efficaces en première ligne alors que d'autres, plus fragiles, pourront utiliser des compétences ou des armes à distances afin d'attaquer les ennemis ou soigner leurs alliés. Le placement étant crucial, les dégâts infligés seront plus important en attaquant les ennemis sur le côté ou encore mieux dans leur dos ce qui est également le cas pour les agressions que peuvent subir vos héros. Si les PV de ces derniers atteignent 0, ils seront dans un état d'agonie pendant un certain nombre de tours avant de disparaître définitivement du combat. Il ne tiendra qu'à vous de les remettre d'aplomb avec l'item nécessaire afin qu'ils puissent reprendre le combat.

 

Parfois l'action est un peu brouillonne

Parfois l'action est un peu brouillonne.

 

L'autre feature intéressante concerne la cumulation des débuffs. Pour les néophytes, les débuffs sont les malus négatifs que vos héros peuvent infliger ou recevoir des ennemis et qui, pour les DoT (comprendre Damage Over Time: les dégâts sur la durée), s'additionneront dans le but de faire plus de ravages. Si vous frappez un ennemi déjà empoisonné avec une attaque infligeant du poison, celle-ci se cumulera avec la précédente et le statut de votre adversaire passera d'empoisonné à intoxiqué ce qui aura pour effet d'augmenter les dégâts subis à chaque tour. Autre exemple, si un ralentissement est infligé à un ennemi déjà sous l'effet de ce malus, ce dernier ne pourra plus se déplacer et restera cloué sur place. Tout ceci afin d'utiliser un maximum les debuffs/buffs dans le but d'en maximiser tout leur potentiel stratégique. 

 

 

Les copains d'abord

 

Chaque personnage possède une classe principale, une secondaire et une unique, liée au héro, qui pourront être améliorées grâce à l'expérience acquises lors des différents affrontements. Une fois un certain niveau de classe atteint, vous aurez la possibilité d'en choisir une autre qui combinera une partie des talents des deux précédentes. Par exemple un soigneur pourra évoluer vers un moine, combattant au corps à corps et soignant ses alliés, ou plutôt vers un prêtre shintoïste qui privilégiera les compétences de soins à distance. C'est au bas mot une trentaine de jobs différents qui eux-mêmes possèdent au total plus de 300 compétences qui permettront de disposer d'une équipe équilibrée et à son goût. À ce niveau, God Wars propose une personnalisation très poussée et vous aurez l'embarras du choix.

 

Après avoir prié au temple vous bénéficierez d'effets positifs

Après avoir prié au temple vous bénéficierez d'effets positifs pour les combats à venir.

 

Mais si les options sont nombreuses, le titre pourra en rebuter certains par une approche très simpliste, un gameplay énormément old -school et des combats qui auront parfois tendance à s'éterniser. Les cartes étant très grandes, certains traîneront un peu lorsqu'il faudra parcourir toute la surface du terrain pour atteindre des ennemis situés à l'autre bout de la map. Vue en 3d ismoétrique oblige, le contrôle de la caméra sera réduit au strict minimum, vous permettant de tourner autour de la carte ou de zoomer sur une action la plupart du temps très brouillonne car souvent perturbée par un élément du décor qui nuira à la bonne lisibilité de l'ensemble. Barres de vie et icônes de bonus et de malus au dessus des têtes des différents protagonistes auront tôt fait d'achever ce manque de clarté dans l'action pour peu que ces derniers soient tous réunis au même endroit. À noter que le jeu dispose d'un mode automatique autorisant l'intelligence artificielle à jouer à votre place les personnages avec des configurations définies, que ce soit agressif au corps à corps ou à distance, modéré, ou même soigneur. Un mode qui peut paraître étrange sachant que l'essentiel de l'intérêt du titre repose dans ses combats...

 

 

La fine équipe

 

Avec Sawaki Takeyasu, designer pour Okami ou encore Devil May Cry, et Mino Taro, chara designer des jeux Love Plus, l'équipe de développement a su s'entourer de personnes compétentes puisant leurs inspirations dans une mythologie colorée à l'image des graphismes proposés par le jeu. Certes, le rendu fait très vieillot et n'est pas digne de la puissance d'une PS4 ou d'une PS Vita (les deux machines sur lequel le jeu est disponible), cependant le design des personnages et l'ambiance résolument rétro parleront aux joueurs avides de retrouver la nostalgie du gros pixel qui bave dans un monde cubique au possible. Les compositions musicales de très bonne facture sont trop peu nombreuses et à part lors de quelques combats de boss, ce seront les trois mêmes musiques qui tourneront en boucle. Malgré leur qualité indéniable, c'est trop peu et cela pourra vous monter à la tête très rapidement...

 

La World Map ne sert qu'à suivre la route

La World Map ne sert qu'à suivre la route.

 

Avec plus d'une trentaine d'heures pour en voir le bout, God Wars peut paraître archaïque, limite austère, mais sous ses airs simplistes le jeu n'est pas dénué de qualités. Doté d'une histoire qui prend racine au coeur de la mythologie japonaise et qui propose au joueur nombre de rencontres hautes en couleurs et de graphismes résolument sommaires mais au combien mignons, le titre n'est pas avare en contenu. Ponctuée par de très belles cinématiques qui viendront ça et là insufler un peu d'action et de fraîcheur, la narration reste cependant très classique. Avec une jouabilité à l'ancienne mais néanmoins efficace, le manque de lisibilité dans l'action est le plus gros reproche qu'on pourra lui faire ainsi que le manque de variété au niveau des thèmes musicaux proposés. Bourré de bonnes intentions, n'en déplaise à certaines phases de jeux un peu répétitives et qui traînent en longueur, God Wars est un Tactical sympathique qui saura contenter les amateurs du genre et tous les amoureux de la culture nippone.

  • JOUABILITÉ

    15

    Lors des combats, le déplacement du curseur sur la carte est très intuitif et paramétrable selon votre goût. La navigation dans les menus est rapide et efficace. On notera cependant un temps de chargement de quelques secondes à chaque consultation de la fiche de son personnage ce qui aura pour effet de casser légèrement le rythme.

  • GRAPHISMES

    14

    Clairement, ce n'est pas la claque de l'année et encore moins de la décennie mais le jeu sait se rattraper en proposant un univers mignon et coloré. Il ne plaira pas à tout le monde, mais saura plaire aux nostalgiques de l'ère 32 bits. Mention spéciale aux design des créatures et des dieux qui sont tout simplement magnifiques.

  • BANDE SON

    11

    Avec des mélodies et des sonorités japonisantes très intimistes et des compositions plus envolées pour les phases d'action, les musiques sont trop peu nombreuses pour ne pas nuire à votre plaisir de les écouter. Trop de redondance amènera indubitablement à se retrouver à chantonner le thème de la World Map ou des combats, nerveusement, sans s'en rendre compte.

  • DURÉE DE VIE

    17

    Doté d'une durée de vie d'une bonne trentaine d'heures et de nombreuses possibilités de personnalisation des classes de vos protagonistes, God Wars fait le boulot et vous en aurez pour votre argent. Quelques quêtes annexes et de nombreux objets sont disponibles tout au long de l'aventure et les perfectionnistes de l'équipement pourront s'en donner à cœur joie.

  • SCÉNARIO

    14

    Avec le héro au grand cœur ami d'enfance de la princesse prisonnière de sa destinée funèbre, le scénario fait dans le classique. Malgré tout, les cinématiques animées font leur petit effet et ramènent à chaque fois un peu d'intérêt.

    • Points positifs

      • 14 personnages jouables
      • Un système de job très complet
      • De nombreux skills et équipements
      • Les cinématiques en animation rares mais de qualité
      • Le design des monstres superbe
      • La possibilité de jouer en japonais...
    • Points négatifs

      • ... mais pas sous titré lors des séquences animées
      • Pas de traduction française
      • Les mêmes musiques qui tournent en boucle
      • Les graphismes un peu vieillots
      • World Map très linéaire
      • Personnages un peu clichés

    Conclusion

    Qu'on se le dise clairement, pas de cachotteries entre nous, God Wars ne pète pas la rétine, loin de là. Certains pourront trouver que les développeurs font preuve de fainéantise, d'autres avanceront qu'il s'agit d'un parti pris artistique. Dans tous les cas, bien qu'ayant des graphismes d'un autre âge, le charme opère grâce à une direction artistique colorée et des environnements variés. Ce voyage initiatique dans un monde dévasté par la colère des dieux se fera parfois dans la douleur, l'ennui même à de très rares endroits, mais le plaisir de la progression sera au rendez-vous.

    15

  • Les avis du staff

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    Swanley : Testeur écrit

    Je joue aux jeux vidéo, j'écris dessus parfois. Joueur touche a tout depuis qu'une NES est arrivée chez moi, je ne compte plus heures passer a fixer des écrans lumineux tout en martelant des boutons. Grand amateur de Dark Souls et de Metal Gear Solid qui a une place très importante dans mon coeur et je suis capable d'en réciter les dialogues.

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