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[TEST] Akiba's Beat

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Le 20/05/2017

Si le mot Akihabara sonne telle une douce mélodie aux oreilles de tous les amoureux de ce que la culture pop japonaise a à offrir, c'est parce que ce quartier iconique de la ville de Tokyo est le symbole de nombreux fantasmes pour tous les gaijin un peu otaku sur les bords. Véritable sanctuaire de tout ce dont nous abreuve la péninsule Nippone aujourd'hui en termes de manga, d'animation ou de musique, il était évident que notre média préféré, le jeu vidéo, s'empare un jour de tout cela pour le tourner à sa sauce. La série Akiba's Trip en est le parfait exemple avec son troisième épisode dont il est question aujourd'hui : Akiba's beat.

 

 

Il était une fois, Akihabara

 

Vous incarnez Asahi, étudiant déscolarisé et sans emploi, très fier de sa situation et passant ses nuits à jouer aux jeux vidéo ou à lire des mangas et ses journées à arpenter les ruelles d'Akihabara, quartier dans lequel il réside. En retard au rendez vous que lui avait donné son meilleur ami, il lui propose de se rattraper le lendemain en lui promettant que, cette fois, il serait à l'heure. Comique de répétition oblige, notre héros se réveille encore en retard et en chemin vers son rendez-vous il remarque que quelque chose ne tourne pas rond. Une jeune fille, du nom de Saki, fait son apparition pour nous expliquer qu'il s'agit là d'une delusion(une illusion). Cette dernière représente la manifestation physique des désirs d'une personne, ce qui a pour effet d'altérer la réalité et de créer un portail vers une autre dimension dans laquelle vous devrez affronter des ennemis afin d'accéder au fantasme qui a donné naissance à tout ce bazar. Votre but sera de le détruire pour rétablir l'ordre des choses.

 

Une fois tout ceci fait, vous vous rendez compte que vous êtes enfermés dans une boucle temporelle, condamnés à vivre inlassablement votre dernier dimanche sans que personne autour de vous ne s'en rende compte à part vos compagnons. L'équipe grossira au fil des rencontres dans le but commun de détruire ces delusions et ainsi de débarrasser Akihabara de sa terrible malédiction.

 

Vous aimeriez pouvoir y rentrer hein ? Eh bah non !Vous aimeriez pouvoir y rentrer hein ? Eh bah non !

 

La bagarre !

 

Le jeu est un action-RPG proposant une partie exploration dans la ville et une partie combat une fois que vous aurez franchi les portes des delusions, entrecoupées de nombreuses scènes de dialogues sous formes de dessins à peine animés. Durant les phases de combat vous pourrez voir vos ennemis et ainsi choisir de les éviter ou de les attaquer par simple contact, ce qui aura pour effet de faire basculer le jeu dans une petite arène comme un RPG au tour par tour. Si un ennemi vous touche le dos il aura l’avantage, en revanche si vous arrivez à le frapper avant de le toucher ça sera tout bénef. Vous serez alors accompagné de votre équipe afin d’occire comme il se doit vos ennemis avec un système de déplacement en ligne droite, que vous pouvez désactiver par simple pression d’un bouton afin de se placer comme bon vous semble.

 

L'utilisation du mode spécial en combatL'utilisation du mode spécial en combat.

 

Une fois le monstre vérouillé, il sera possible de se mouvoir uniquement de gauche à droite avec une touche pour bloquer/esquiver et une autre pour les attaques simples. Une jauge de mana permet l’utilisation de skills, à débloquer en montant de niveaux, ce qui aura pour effet de déclencher des attaques de types élémentaires (feu, electricité, eau, etc…). En effet, les monstres que vous affrontez seront résistants ou faibles contre certains éléments et les dégâts que provoquent ces attaques sont loin d’être négligeables. À noter par ailleurs la possibilité de changer de personnage durant les combats par le biais de la croix directionnelle. Chaque coup porté à l’ennemi permet d’augmenter une jauge de spécial, qui une fois déclenché permet de passer en mode berserk grâce à un morceau de musique. Ces derniers seront récupérables tout au long de l’aventure et auront chacun des bonus différents une fois activés en combat.

 

Certains donjons sont assez originauxCertains donjons sont assez originaux.

 

 

Tout seul c'est bien, à plusieurs c'est mieux

 

L’équipe, composée de quatre personnes en plus de votre personnage sera dirigé par l’IA, mais vous pouvez décider de leur comportement via un menu tactics  en précisant si chaque personnage doit se concentrer sur les soins ou plutôt être agressifs, conserver sa mana ou au contraire l’utiliser un maximum. Menu totalement paramétrable et très pratique, ce qui permet de ne pas se retrouver avec des poids morts durant les combats mais avec des compagnons utiles.

 

Le menu Tactics très pratiqueLe menu Tactics très pratique.

 

Une cinquième personne, que vous pouvez interchanger, appelée ici  maid en clin d’oeil aux cafés à thèmes japonais, sera de la partie. Elle pourra, selon celle que vous choisirez, vous donner accès à des buffs de restauration de la barre de santé ou de la jauge de mana, ou même par exemple soigner vos altérations d’état de manière aléatoire durant les combats. Feature intéressante mais totalement insupportable puisque votre maid aura la bonne idée de vous rappeler son existence à chaque point de sauvegarde, boutique ou ennemi que vous aurez le malheur de croiser avec une boucle de deux phrases différentes pour chaque rencontre...

 

 

Irasshaimase !

 

Comme tout bon RPG qui se respecte, l’achat de matériel pour augmenter ses statistiques d’attaque et défense sera de la partie, avec une petite originalité ici puisqu’il s’agira de composants d’ordinateurs. Ram, carte mère et autre cartes graphique seront votre manière d’augmenter vos stats. Certaines boutiques vendront des cartes que vous pourrez équiper afin d’améliorer vos compétences avec des possibilités de combinaisons entre elles afin de profiter d’effets plus intéressants. Cette feature se base sur un système de booster aléatoire à ouvrir à la manière d’un HearthStone.

 

Le système de cartesLe sytème de cartes.

 

Vous ne rencontrerez aucune difficulté à pimper votre groupe, puisque pour peu que vous dézinguiez tous les ennemis à chacun de vos passages dans les donjons, l’argent coulera à flot. Parce que ces delusions vous allez les traverser en long, en large et en travers, le jeu vous imposant d’y retourner maintes fois afin de rallonger une durée de vie poussive.

 

Parfois la modélisation laisse à désirer...Parfois la modélisation laisse à désirer...


 

Le laissez-passer A 38 !!

 

Les allers-retours dans les donjons ne sont pas les seuls points énervants de ce titre, parce que des allers-retours improbables vous allez en manger à la pelle. La grosse partie du jeu se concentre sur des dialogues inutiles et insipides entre les protagonistes en images à peine animées puis il vous sera demandé d’aller à un point clef de la carte pour déclencher une autre discussion et ainsi de suite. Si Akihabara est, il faut l’avouer, fidèlement reproduit, il souffre d’un manque cruel de finition et les nombreux clins d’oeil déposés ça et là pour les connaisseurs n’arriveront pas à sauver un environnement globalement laid mais surtout désespérément vide.

 

Clin d'oeil au groupe d'idols AKB48 qui a ses quartiers à AkihabaraClin d'oeil au groupe d'idols AKB48 qui a ses quartiers à Akihabara​.

 

Quartier qui est découpé en de très nombreuses petites zones toutes pourvues d’un temps de chargement d’une dizaine de secondes à chaque fois ce qui rend l’expérience désagréable, entachant une fois de plus un sentiment de liberté quasi inexistant. Les passants ne sont représentés que par des formes colorées, aucune possibilité de rentrer dans les magasins et la pléthore de murs invisibles finira d’achever les plus curieux. Comble de l’ironie, le jeu est moins détaillé que son aîné qui avait bénéficié d’une sortie sur PS3, ! Incompréhensible.

 

Mur invisible land !Mur invisible Land !

 

 

Le jour de la marmotte

 

Et c’est bien l’incompréhension et les regrets qui accompagneront toute votre aventure car le principe de la boucle temporelle était une bonne idée. Tout simplement, le fait de pouvoir visiter Akihabara semblait un postulat enchanteur mais tout est gâché par une technique et un gameplay simplistes au possible. Les combats brouillons, rythmés à chacunes de leurs attaques par les mêmes phrases en boucle de vos alliés, finiront par vous achever. Même si certains donjons ont un design insolite et inspiré, leur achitecture couloiresque et sans surprise vous ramène en permanence à la dure réalité : celle d’un monde où rien n’a de sens et où votre quête ne vous mène qu’aux mêmes endroits en permanence, encore et encore pour faire de nouveau les mêmes choses, à écouter les mêmes dialogues inintéressants et tuer les cinq monstres d’un bestiaire pauvre et sans originalité.

 

Une des trop nombreuses phases de dialogue...Une des trop nombreuses phases de dialogue...

 

Ces derniers ainsi que les boss sont à l’image du jeu, sans véritable inspiration et, à part un ou deux, aucun ne marquera les esprits. Tout comme les quêtes secondaires vous demandant d’aller tuer un nombre défini d’ennemis, pour remporter des objets totalement dispensables et qui ne sert qu'à débloquer une petite scène en plus à la fin du jeu. Les personnages que vous croiserez seront tous stéréotypés au possible, sans profondeur et ne vous donneront jamais envie de vous attacher à eux tant leurs réactions sont dénuées de toute logique et de bon sens.

 

 

Kawaii desu ne !

 

En ce qui concerne la bande son, les thèmes musicaux qui accompagneront vos explorations sont tous très classiques, toujours les mêmes et tournent souvent en boucle. Mais l’utilisation des musiques spéciales lors des combats sonne comme un grand vent de fraîcheur et donne du piment à l’action pour peu que vous aimiez la J-Pop. Le reste étant de la même veine, ce jeu s’adresse avant tout aux personnes qui sont intéressées par cette culture visuelle et musicale sous peine d’arriver à l’intérieur d’un monde dans lequel les références vous paraîtront obscures voir incompréhensibles. Dommage qu'il ne soit pas possible d'écouter les différentes musiques collectables dans le menu.

 

Vous retrouverez les mêmes affiches partout dans le jeuVous retrouverez les mêmes affiches partout dans le jeu.

 

Sachez par ailleurs que le jeu n’est traduit qu’en anglais, textes et voix. Certes il s’agit là d’un anglais simple et accessible, bien que certains jeux de mots  puissent être compliqués à assimiler, mais cela peut rebuter beaucoup de personnes. Vous pourrez bien évidemment y jouer avec les doublages en japonais et les textes en anglais afin de vous immerger encore plus dans l’ambiance ! Petite mention spéciale pour les doubleurs anglais qui, comme c’est souvent le cas dans les animes, ne tombent pas dans la caricature ici et restent dans leurs personnages. Les voix originales sont quant à elles irréprochables, malgré le peu de lignes de dialogues différentes ce qui rend l’expérience parfois désagréable.

 

Quelques trop rares séquences animés viendront casser la monotonie de la narration
Quelques trop rares séquences animées viendront casser la monotonie de la narration.

 

Certes le bilan est plus que mitigé mais Akiba’s Beat n’est pas exempt de qualités avec un humour un peu potache qui fonctionne parfois, une ambiance sympathique avec un quartier d’Akihabara fidèle et quelques bonne idées de gameplay. Malheureusement, tout ceci n’arrive pas à rattraper une technique à la ramasse et un gameplay parfois approximatif. L’impossibilité de pouvoir entrer à l’intérieur des boutiques et des immeubles de ce quartier mythique et qui se retrouvent ici condamnés à n’être que de tristes textures sans interaction est impardonnable. À cela, il faut ajouter les trop nombreux allers-retours ponctués par des temps de chargement insupportables entre les différentes zones du quartier pour se retrouver à refaire le même trajet en sens inverse. Tout n’est pas à jeter, mais le chemin est encore long pour rivaliser avec les cadors du genre qui eux, ont plusieurs trains d’avance en terme de jouabilité, de narration et d'interactions avec l’environnement.

  • JOUABILITÉ

    11

    Si le personnage répond bien, vous serez malheureusement enfermé durant tout le jeu dans un couloir entouré en permanence par des murs invisibles. Les combats se résument à matraquer une seule touche puisque les esquives ne se déclenchent que rarement quand il le faut. Le mystère reste entier quant à l'utilité de la touche de saut, puisque vous ne vous en servirez jamais.

  • GRAPHISMES

    8

    Avec une modélisation des personnages grossière et une utilisation de la luminosité douteuse, Akiba's Beat ne brille pas par sa technique. Si les environnements sont colorés et certains donjons agréables à regarder, le reste est trop simpliste et n'utilise à aucun moment les capacités de la PS4. Les séquences de dialogues sont à peine animées et les quelques rares cinématiques se comptant sur les doigts de la main ne viennent pas sauver les meubles.

  • BANDE SON

    10

    Avec 4 thèmes musicaux sans saveur pour tout le jeu durant les phases d'exploration, vous aurez vite fait le tour de la bande originale. Les quelques morceaux collectables à activer durant les combats remettront un peu de couleurs à la pauvreté musicale qui vous accompagnera tout au long de votre aventure.

  • DURÉE DE VIE

    7

    Le jeu est plutôt dans la moyenne pour un RPG, mais uniquement parce qu'il use d'une flopée de moyens visant à augmenter sa durée de vie. Allers-retours permanents, dialogues à rallonge, retours dans les mêmes donjons plusieurs fois pour rien, ces subterfuges auront vite fait de vous lasser et rendent le jeu et l'expérience parfois pénibles.

  • SCÉNARIO

    10

    Avec comme sujet les rêves et les désirs de tout un chacun et les boucles temporelles, l'idée de départ était très sympathique et n'augurait que du bon. Malheureusement, la narration passable vient plomber tout cela avec des dialogues longs et ennuyeux. Vous vous rendrez rapidement compte que le jeu ne vous fait pas aller à des points précis de la carte pour une raison particulière, mais seulement pour que vous y alliez parce que les développeurs l'ont décidé ainsi.

    • Points positifs

      • Les musiques à déclencher durant les combats
      • Le menu tactique
      • Akihabara fidèlement reproduit...
    • Points négatifs

      • ... mais bourré de murs invisibles
      • Les temps de chargement qui coupent l'exploration
      • Une modélisation simpliste
      • Les allers-retours trop nombreux
      • Des dialogues plats
      • Les combats brouillons

    Conclusion

    Akiba's Beat n'est pas un jeu orienté grand public, qu'on se le dise d'emblée. Il ne parlera qu'à une petite niche de joueurs très ciblée mais ne fait pas l'effort d'apporter autre chose que des caricatures revues maintes fois dans toutes les productions japonaises. Très pauvre dans ses mécaniques et dans tout ce qu'il entreprend, le virage vers le RPG de ce troisième opus apporte néanmoins quelques bonnes idées. Il est inévitable que le joueur en manque d'exploration et en quête d'une narration correcte sera laissé sur sa faim. Souvent passable et peu inspiré, il est triste de voir un jeu avec un potentiel original autant gâché par manque de temps ou d'envie et qui ne laissera pas un souvenir impérissable. Même les quelques bons moments du titre n'arriveront pas à raviver une flamme qui, tout du long, n'aura eu de cesse de vaciller pour n'éclairer au final pas grand chose.

    7

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    Fiche du jeu

    Akiba's Beat

    Akiba's Beat

    Support : PS4

    Editeur : PQube

    Développeur : Acquire

    Genre :Action-Rpg

    Multijoueur : Non

    Moyenne des joueurs : - / 20

    Moyenne de la presse : - / 20

    Galerie d'images

    Qui est notre testeur ?

    Swanley : Testeur écrit

    Je joue aux jeux vidéo, j'écris dessus parfois. Joueur touche a tout depuis qu'une NES est arrivée chez moi, je ne compte plus heures passer a fixer des écrans lumineux tout en martelant des boutons. Grand amateur de Dark Souls et de Metal Gear Solid qui a une place très importante dans mon coeur et je suis capable d'en réciter les dialogues.

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