Dossier : 25 ans de Sonic, retour sur la carrière du hérisso

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Dossier : 25 ans de Sonic, retour sur la carrière du hérisso

Message par Nigel » 24 Juin 2016, 10:26



Quand on pense "jeux vidéo", pour beaucoup de monde, le nom de deux mascottes vient immédiatement à l'esprit des joueurs : Mario de Nintendo et Sonic de Sega. Si le célèbre plombier est depuis longtemps passé à la postérité, son concurrent direct a plus de mal à conserver sa réputation. Alors que le hérisson le plus rapide de l'Univers fête ses 25 ans cette année, il est temps de revenir sur la carrière exceptionnelle de Sonic afin de voir ce qu'il a apporté aux jeux vidéo mais aussi d'essayer de comprendre pourquoi ses jeux semblent ne plus avoir la même aura de gloire.



 



I) Les origines d'une Mascotte



 



a) Création de Sonic



 



Pour comprendre la création de Sonic, il faut remonter à l'avant Mega Drive. A cette époque, Nintendo domine le marché des jeux vidéo grâce à sa NES (Nintendo Entertainment System). Pourtant, un concurrent va venir bouleverser le géant au plombier. En effet, SEGA (contraction de Service Games) arrive sur le marché des consoles de salon avec son imparfaite mais pourtant sympathique Master System. A ce moment, la mascotte de SEGA n'est pas Sonic mais Alex Kidd. Hélas, la popularité (et la qualité des jeux) du jeune garçon décline avec le temps. SEGA prend alors la décision de sortir une nouvelle console : la Mega Drive. Mais pour cela, la firme décide de donner sa retraite à Alex Kidd et doit donc trouver une nouvelle mascotte.



 



Pour ce faire, SEGA lance un énorme concours interne afin de trouver la perle rare. Les deux côtés de la firme (Américaine et Japonaise) sont conviés à participer. De ce concours, pleins de projets arrivent mais seulement quatre sont retenus : un lapin, un bulldog, un homme-oeuf et un loup. Hélas, aucun ne trouve grâce au yeux des dirigeants. C'est alors qu'un jeune programmeur nommé Yuji NAKA (ayant auparavant travaillé sur Phantasy Star ainsi que des portages de jeux arcades), aidé par le graphiste Naoto OSHIMA et Hirokazu YASUHARA, présente un projet : un hérisson bleu ultra rapide. Emballé, SEGA valide le projet.





 



En effet, pour SEGA, Sonic incarne parfaitement la firme : sa nature rapide rappelle la volonté de SEGA de dépasser Nintendo, son côté cool lui donne une identité forte et le bleu est celui du logo de SEGA. Mais la firme americano-japonaise impose une énorme contrainte à Yuji NAKA et son équipe (qui deviendra la Sonic Team) : le jeu doit être prêt à sortir pour Juin 1991. La Sonic Team va donc devoir se mettre rapidement au travail. L'équipe de 3 recrute alors quelques nouveaux membres et se lance dans le développement. Pour Yuji NAKA l'idée est simple : il faut se détacher du modèle Mario et permettre à Sonic de sprinter tout seul. Hélas, les limitations techniques de la consoles montrent rapidement le bout de leur nez. Clignotements, ralentissements, saccades empêchent Sonic de courir librement. Dès que le personnage accélère, l'animation souffre. Yuji NAKA lui-même décide alors de plancher sur le problème et met au point un algorithme réglant tous les soucis et permettant (chose jamais vue à l'époque) un scrolling différentiel sur 7 plans différents. Reste alors à régler les derniers détails (vitesse du défilement, Univers, scénario...) pour que Sonic prenne enfin vie.



 



b) Création de l'Univers de Sonic



 



Comme tout héros qui se respecte, Sonic se doit d'avoir une némésis, un antagoniste qui lui donnera du fil à retordre. Si Mario a Bowser, le personnage de SEGA n'a, pour le moment, personne à affronter. Alors que Yuji NAKA travaille sur la programmation du jeu, Naoto OSHIMA s'occupe du scénario. Fan de pop-culture, il décide d'une trame plus moderne pour le jeu. Sonic est ainsi le leader d'un groupe de Rock et est en couple avec la chanteuse du groupe, une certaine Madona. Mais, pour SEGA of America, c'est le refus catégorique. L'idée de faire de Sonic le compagnon d'une humaine est inacceptable. Pour la Sonic Team c'est la douche froide mais, finalement, même Yuji NAKA estime bénéfique l'ingérence de la branche américaine. OSHIMA travaille alors à un nouveau scénario et arrive ainsi l'idée d'un scientifique fou transformant les animaux en robots pour dominer la planète. Même les Émeraudes du Chaos font leur apparition. Pour le design du scientifique, c'est un ancien projet de mascotte qui ressort des cartons : l'homme-oeuf. Baptisé Dr. Ivo « Eggman » Robotnik, il va devenir rapidement indissociable du hérisson.



 



Au fil du temps, l'Univers de Sonic va s'étoffer. Ainsi arrivera dès le deuxième opus Tails, qui sera encore source de conflit entre SEGA of America et Yuji NAKA. En effet, le créateur de Sonic souhaitait l'appeler Miles Prower (faisant un jeu de mot sur la prononciation japonaise de l'anglais) mais la firme décida, sans prévenir NAKA, de renommer le personnage simplement Tails. Après un bras de fer tendu (Yuji NAKA menaçant même de quitter le projet), décision est prise de nommer le personnage Miles « Tails » Prower. Puis viendront Knuckles the Echidna et Amy Rose, respectivement comme rival et compagne de Sonic. Avec l'arrivée de la période moderne de Sonic, de (très, trop?) nombreux nouveaux personnages vont venir garnir cet Univers coloré comme Shadow the Hedgehog (le rival sensé incarner Sonic en négatif), Silver the Hedgehog (un hérisson du futur) ou encore la Team Chaotix (Vector the Aligator, Espio the Cameleo et Charmee Bee).



 





 



Pour l'anecdote, il n'a jamais été expliqué dans les jeux d'où venait la haine d'Egmann pour Sonic. Pour le découvrir, il faut se tourner vers les comics officiels du hérisson. Ainsi, dans le comics Sonic #1, on apprend que le vil Robotnik n'a pas toujours été méchant. En effet, à l'origine, ce scientifique était nommé Ovi Kintobor (lisez à l'envers pour voir l'origine du nom) et travaillait à une machine permettant d'inverser le mauvais côté des choses. Ce gentil personnage fait un jour la rencontre d'un animal perdu qu'il recueille dans son laboratoire. Il s'agit bien entendu de Sonic. Un jours, lors d'une expérience avec les Émeraudes du Chaos qui a mal tourné, Kintobor est prit dans une explosion de matière avec les fameuses gemmes et un œuf (qu'il gardait pour le déjeuner). Sonic, inquiet, fonce voir son ami mais découvre que le physique et la psyché de celui-ci ont radicalement changé. Kintobor est devenu obèse (mutation avec l’œuf) et il hurle désormais sa haine envers Sonic et le monde entier. Il change son nom et décide de ne s'entourer que de robots, ceux-ci ne rigolant pas de son physique disgracieux.



 





 



II) L'âge d'Or de Sonic



a) La période 2D



Sonic the Heddgehog sort entre Juin et Juillet 1991 selon les régions. Le succès est immédiat, tant critique que public. C'est le début d'une longue carrière pour la mascotte de SEGA, carrière encore d'actualité aujourd'hui. Avec le succès du jeu, SEGA ne tarde pas à lancer le développement d'une suite. Mais pour ce faire Yuji NAKA et Hirokazu YASUHARA doivent partir aux USA. Bien évidemment, pour Yuji NAKA, l'idée n'est pas de refaire le même jeu mais d'en reprendre les mécaniques pour mieux les améliorer. Ce sera le fil de conduite pour la saga pendant de longues années. C'est ainsi que les différents opus de l'âge d'Or voient leur mécaniques conservées mais de petites améliorations viendront considérablement changer le jeu.



 



C'est ainsi que Sonic the Hedgehog 2 voit apparaître un mode multijoueurs à deux grâce à l'apparition du meilleur ami de Sonic : Tails. Ce mode a été pensé par Yuji NAKA dans l'optique de permettre à un enfant de jouer avec son grand frère sans qu'il soit trop compliqué pour lui de suivre. C'est pourquoi la caméra ne suit que le hérisson et que Tails, quand il met trop de temps, rejoint Sonic automatiquement. Hélas, bien qu'avec du potentiel, ce mode 2 joueurs sera relativement boudé par la suite car finalement trop restrictif. L'épisode 2 de la saga permet également l'apparition d'un nouveau mouvement salvateur : le « spin dash ». En tournant sur lui-même, Sonic prend de la vitesse et attaque ses ennemis au sol. Un mouvement très vite devenu culte. Bien entendu, la grosse nouveauté est l'arrivée de Super Sonic, qui sera présent dans tous les autres jeux Sonic. En trouvant toutes les Émeraudes du Chaos et en récoltant 50 Rings, Sonic devient littéralement un Super Saiyen. Yuji NAKA n'a jamais caché le clin d’œil au manga Dragon Ball, dont il était très fan.



 







Les suites, Sonic 3 et Sonic & Knuckles, auraient dû être le passage à la 3D. Hélas pour la Sonic Team, la console 16-bits de SEGA n'est pas capable de l'afficher correctement. Le jeu reprend alors la 2D mais conserve les sprites 3D pour le logo et les stages bonus. Mais la 3D ne fut pas le seul obstacle du jeu. En effet, Yuji NAKA avait vu grand pour son jeu qui devait, à l'origine, s'intituler Sonic 3 & Knuckles. Mais pour des raisons techniques et de délais, SEGA divisa le jeu en 2 parties. Mais Yuji NAKA avait plus d'un tour dans son sac. Il créa ainsi la technologie du lock-on. En clipsant la cartouche de Sonic 3 sur celle de Sonic & Knuckles, le jeu prévu par la Sonic Team prenait vie et révélait une œuvre hors du commun pour l'époque. Encore une fois les mécaniques de gameplay sont revues et les boucliers deviennent élémentaires pour faciliter la progression. Le bouclier d'eau permet de respirer sous l'eau, le bouclier de feu protège des flammes et permet de se transformer en boule de feu. Enfin le bouclier électrique permet d'attirer les Rings alentour et d'effectuer un double saut.

 





 



Pour l'anecdote, les musiques de Sonic 3 devaient être composées par le King of Pop : Mickael Jackson. Seulement, l'artiste estima que le rendu sonore de la console ne rendait pas hommage à ses musiques et décida de se retirer du projet. Le nouveau compositeur réutilisa malgré tout « l'ADN » des musiques de Mickael Jackson que l'on peut ainsi retrouver en tendant bien l'oreille.



 



L'avènement du support CD va également bouleverser l'industrie du jeu vidéo. Sonic se devait d'être sur le coup. Mis en développement dès la fin du premier jeu, Sonic CD devait en être la suite, mais les contraintes techniques ont repoussé la sortie. En effet, comme souvent, le jeu est ambitieux. Ainsi, Sonic CD possède 1 cinématique au début et à la fin du jeu. Ces séquence d'animations ont la particularité d'avoir été réalisées par la TOEI Animation (à l'origine, entre autre, de la série Dragon Ball). Le jeu possédant 2 fins différentes, cette cinématique là est différente selon votre partie. Les niveaux du jeu sont également traversable sous 4 formes différentes : le passé, le présent, le bon ou le mauvais futur. En effet, Sonic peut, dans cette épisode réalisé par Naoto OSHIMA (l'un des créateurs du personnage), voyager dans le temps. Un nouveau mouvement fait également son apparition pour la seule et unique fois : Sonic court sur place pour prendre de la vitesse avant de filer à toute allure. D'un point de vue sonore, les musiques, grâce au CD, sont parmi les meilleures de la licence et les personnages possèdent également, pour la première fois, des voix digitalisées. C'est également la première apparition de Metal Sonic.



 





 



Bien entendu, la période 2D ne se résume pas uniquement aux jeux Mega Drive. Toutes les consoles du constructeur ont eu droit à leur Sonic. Ainsi, la Master System et la Game Gear (la console portable de SEGA) ont eu droit à leur adaptation de la mascotte. Différentes des versions Mega Drive, elle proposaient un effet de vitesse moindre sans pour autant dénaturer la nature de Sonic. Les stages bonus disparaissaient au profit d'une recherche des Émeraudes du Chaos directement dans les niveaux. Mais même après l'arrêt de SEGA comme constructeur, Sonic a connu de nouveaux jeux 2D via les consoles portables de Nintendo mais nous en reparlerons plus tard.



 



b) La période 3D



 



Pour beaucoup de monde, l'Age d'Or de Sonic s'arrête à l'avènement de la 3D. Mais ce serait nier les qualités de nombre de jeux modernes. Nous l'avons vu, Yuji NAKA prévoyait le passage à la 3D pour Sonic 3 mais il dû revoir ses exigences. C'est finalement sur la Dreamcast qu'arrivera le vrai premier jeu 3D : Sonic Adventure. L'idée d'origine était de faire un RPG. Mais rapidement, la Sonic Team se rend compte que la nature première du jeu (un jeu de plates-formes rapide) était perdue. L'équipe se tourne alors vers un jeu de plates-formes-aventure où les personnages pourront explorer avant de partir à l'aventure. Pour renforcer l'Univers de Sonic, il nous est permis de jouer avec 6 personnages différents : Sonic, Tails, Knuckles, Amy, Big the Cat et Egg-102. Les deux derniers sont inédits dans l'Univers Sonic. Les fondamentaux du gameplay sont conservés comme le fameux spin dash. Afin d'améliorer la visé de Sonic quand il saute sur ses ennemis, la « homing attack » est crée. Cette attaque permet à Sonic de foncer automatiquement vers l'ennemi le plus proche lors d'une seconde pression sur la touche saut. La suite du jeu, Sonic Adventure 2, reprendra les mêmes mécaniques tout en retirant l'aspect aventure. Mais la nouveauté de Sonic Adventure 2 est de permettre au joueur de suivre un scénario sur les méchants de l'histoire : Eggman, Shadow (le rival de Sonic créé par le grand-père d'Eggman) et Rouge the Bat. De plus, ces deux jeux Sonic vont introduire de nouvelles façons de jouer. Ainsi, dans Sonic Adventure, Amy aura droit à des niveaux de plates-formes plus classique (sans vitesse), Big the Cat aura droit a un mini-jeu de pêche, Knuckles devra explorer les niveaux à la recherche de fragments d’Émeraudes et enfin Egg-102 sera un shoot'em up. Pour Sonic Adventure 2, seuls 3 types de gameplay seront conservés : plates-formes/vitesse pour Sonic et Shadow, plates-formes et shoot pour Tails et Eggman, exploration pour Knuckles et Rouge. Ces différents gameplay n'ont jamais été conservé depuis, surtout à cause de soucis de caméra mais également car cela dénaturait trop la base d'un Sonic.



 





 



La 3D va totalement bouleverser les jeux Sonic. En effet, après les premières tentatives de 3D (nous y reviendront), la Sonic Team se rend compte qu'il faut revoir le design de Sonic. Sa taille est alors augmentée, son ventre est réduit et le côté aérodynamique est plus prononcé. Les baskets de Sonic sont également modifiées pour avoir l'air plus « cool ». Cette évolution de design sera reprise à chaque nouvel opus. Avec la 3D, les stage bonus vont peu à peu disparaître, les Émeraudes du Chaos devenant une part intégrante du scénario. Le dernier jeu moderne en 3D à reprendre les stage bonus est Sonic Heroes.



 





 



Souvent considéré comme le dernier bon jeu de Sonic, cet épisode apporte encore son lot d'innovation. Ainsi, tout le gameplay repose sur l'utilisation simultanée de 3 personnages aux compétences complémentaires : 1 personnage rapide, 1 personnage fort et 1 personnage volant. Reprenant le principe des scénarios multiples, Sonic Heroes possède également quelques défauts récurrent de la saga comme une caméra capricieuse. De plus, sa grande difficulté repoussa pas mal de monde malgré ses qualités. Après ce demi échec, Sonic se fera discret sur consoles de salon, ne ressortant que via des portage, des épisodes sur consoles portables ou des compilations. On estime que la suite des aventures du hérisson bleu marque le déclin du personnage.



 



III) Un héros sur le déclin



 



a) Sonic moderne



 



Comme nous l'avons vu, Sonic a très rapidement su s'imposer comme un concurrent sérieux à Mario. Son apport au jeu vidéo est visible dans chacun des jeux sortis jusqu'à Sonic Heroes. Hélas, la suite est bien moins reluisante pour le hérisson. En effet, Sonic Adventure est la dernière aventure du héros à avoir été supervisée par l'équipe d'origine. La Sonic Team doit désormais faire vivre sa mascotte sans le triumvirat d'origine. Après le semi échec du précédent opus, SEGA décide de rebooter son Univers pour les 15 ans du personnage. Hélas, ce reboot sera à l'image du Sonic moderne. Pratiquement injouable, truffé de bugs en tout genre, l'anniversaire de Sonic ne se fête pas dignement. Sonic the Hedgehog (2006) décide même de reprendre l'idée de faire une liaison entre le personnage et une princesse humaine, alors même que cette idée avait été rejetée bien des années plus tôt. Comme nous l'avons vu, la force des jeux Sonic de l'âge d'Or est d'avoir compris qu'il ne fallait pas bouleverser entièrement le gameplay du jeu. Or, avec les Sonic Modernes, SEGA va remettre en question sa mascotte avec chaque nouvel opus.



 





 



C'est ainsi que chaque jeu va tenter de modifier l'approche du hérisson, parfois en retirant totalement le gameplay d'origine. Ça sera le cas pour Sonic Unleashed où le jeu abordera 2 types de gameplay différents : une partie jour avec des niveaux courses, une partie nuit avec un gameplay beat'em all. Sonic and the Secret Ring va retirer le contrôle du personnage au joueur, Sonic courant de lui-même et le joueur n’influençant que les sauts et le déplacement latéral. Enfin, Sonic and the Blak Knight va, quant à lui, totalement changer le gameplay pour faire de Sonic un jeu d'action teinté d'un peu de RPG. Ces trois jeux marquent clairement la période déclinante du hérisson, la Sonic Team n'arrivant plus à trouver la formule pour faire de Sonic le héros qu'il était.



 





 



Une tentative sera réalisé avec Sonic the Hedgehog 4. Souhaitant revenir aux origines, le jeu s'annonçait comme la suite directe de Sonic & Knuckles, effaçant de fait toute la période moderne. Hélas, plus qu'une véritable suite, ce jeu ne fut qu'un remake déguisé des deux premiers opus et si le jeu est bien en 2D, le gameplay reste proche de la période moderne avec un Sonic moins agile qu'avant et surtout avec une « homing attack » facilitant trop le jeu. Sa sortie en version dématérialisée épisodique finie de fâcher durablement les fans avec leur personnage favori.



 





 



Le soucis que rencontre également Sonic dans ses jeux de l'ère moderne, et c'est un problème récurrent, ce sont les bugs et autres soucis de gameplay que l'on retrouve systématiquement dans chaque nouvelle production. Entre un Sonic semblant glisser sur du savon, une caméra ingérable, des bugs de collisions divers et variés, le personnage est presque devenu injouable. Le paroxysme étant atteint avec Sonic Boom. Avec son character design douteux et sa multitude de bugs, il représente clairement le pire de Sonic de l'air moderne.



 





 



Si sur console de salon, la mascotte de SEGA a de plus en plus de mal, sur les consoles portables, le constat est plus mitigé. Si les jeu sortis dessus reprennent un gameplay 2D, les fans regrettent principalement l'arrivée constante de nouveaux personnages sans utilités et surtout le manque flagrant de prises de risques. Malgré tout, les consoles portables de Nintendo auront un avantage parfois déterminant sur les versions consoles de salon : l'utilisation de la 2D. Ce simple constat permet à certains jeux d'être plus réussi que leur version consoles.



 



b) Un déclin relatif



 



Mais, partant de ce que nous avons vu sur les jeux de l'ère moderne, pouvons-nous affirmer que tous les jeux modernes de Sonic sont ratés ? Et bien, oui et non. Si, nous l'avons vu, ces jeux n'ont jamais réussi à réellement impacter les joueurs, ce serait nier les quelques qualités que possèdent ces jeux, ainsi que certains jeux qui sont vraiment bons voire excellents. Par exemple, si on regarde Sonic Unleashed, il est indéniable que les phases en hérisson garou sont ratées. Pourtant, les phases de jour, en course, bien que délaissant le côté plates-formes (ce qui de toute façon semble être la volonté de SEGA depuis l'arrivée de l'ère moderne), sont très plaisantes avec un bonne sensation de vitesse. De plus, même si elle est mal exploitée, l'idée de voire le côté obscure d'un Sonic poussé à bout par Eggman et corrompu par l'énergie sombre des Émeraudes du Chaos était vraiment très intéressante. De plus, Sonic Unleashed fut le premier à réintroduire des moments en 2D dans les niveaux, une feature qui deviendra la norme par la suite. Même Sonic the Hedgehog (2006) tentait quelque chose côté gameplay avec des phases en utra vitesse où on ne contrôlait que les déplacement du personnage. Hélas ces phases étaient, au final, peu jouables.



 



Mais tous les jeux du Sonic moderne ne sont pas des ratés. Il n'aura fallu que trois jeux pour redonner de l'espoir aux fans. Ainsi, le « renouveau » de Sonic se fit d'abord sur la console de son plus grand ennemi. Sonic Colors réussi à concilier la frénésie du gameplay moderne en course avec quelques éléments de plates-formes. Le scénario revient à du classique pour Sonic et limite les protagonistes à l'essentiel : Sonic, Tails et Eggman. Le jeu donne également des pouvoirs à Sonic et sont introduits de façon simple et cohérente via les Wisps, la race extra-terrestre que rencontrera Sonic dans l'aventure. Mais la véritable réussite pour un Sonic moderne viendra par le jeu marquant le 20ème anniversaire de la mascotte. Se donnant pour défi de réaliser un jeu réconciliant les fans du Sonic classique avec ceux du personnage moderne, la Sonic Team va frapper un grand coup avec son Sonic Generations. Véritable hommage au personnage, ce jeu reprendra ce qui a fait le succès de chaque période du hérisson tout en améliorant et proposant une vision neuve de l'ensemble. Si le jeu n'est pas parfait, ses qualités l'emportent largement sur les défauts. Un scénario simple mais efficace, un gameplay maîtrisé font que tous les fans redemandèrent un tel jeu. Pourtant, le jeu suivant décida de partir sur quelque chose de totalement différent. Développé conjointement avec Dimps, Sonic Lost World se veut comme le Mario Galaxy de Sonic. Si on est loin, dans l'esprit, du jeu précédent, on est en réalité bien plus proche des Sonic d'origine avec plus de plates-formes et moins de course. D'ailleurs, dans ce jeu, si Sonic court toujours, il faut appuyer sur une touche afin de réellement sprinter. Une première chez Sonic qui permettra d'avoir (enfin) un bon contrôle de son personnage en 3 dimensions.



 





 



Pour continuer sur notre relativité du déclin de Sonic depuis l'époque moderne, il faut également signaler que même durant le fameux Âge d'Or du hérisson, tout n'était pas parfait pour notre héros. En effet, des jeux comme Sonic Labyrinth ou Sonic Spinball n'avaient pas réellement convaincu non plus. Sonic Labyrinth en est le parfait exemple. Sorti sur Game Gear, le jeu était presque injouable et brisait totalement le principe même d'un Sonic. Tout comme Sonic 3D Flikies' Island, la première tentative de Sonic en 3D. Développé par Traveler's Tales, ce jeu, bien que sympathique, n'arrivait pas à retranscrire le principe de Sonic, transformant le jeu de plate-formes en jeu d'exploration approximatif dans son gameplay.



 





 



Pour finir sur une petite note amusante, il est marrant de constater le parallèle entre les jeux Sonic et les différentes séries animées sur le personnage. Ainsi, Les Aventures de Sonic série 1, reprend le côté coloré et « enfantin » des deux premiers jeux Sonic avec une belle qualité d'animation et un côté cartoon prononcé. La série suivante, Les Aventures de Sonic série 2, sera plus sombre, légèrement plus mature que la précédente. Ce que l'on retrouve dans Sonic 3 et Sonic & Knuckles où l'on voit une évolution dans le ton des jeux avec un Robotnik plus méchant qu'avant, n'hésitant pas à brûler et bombarder une forêt rien que pour tuer Sonic ou encore à réaliser deux attentats (dont un à la bombe) contre Knuckles. La série animée suivante, Sonic le Rebelle, est un cas à part car ayant été commandée et produite par TF1, elle ne reprendra pas vraiment l'univers de Sonic. En revanche, Sonic X, elle, caractérise parfaitement l'ère moderne de la mascotte de SEGA. Design reprenant celui de Sonic en 3D, la série oscille entre l'excellent dans la trame principale et le ridicule des épisodes de remplissage, exactement comme les différents jeux. Enfin, la série Sonic Boom est à l'image du jeu dont elle est le prolongement. Destinée essentiellement aux enfants, sans considération pour les fans, avec une animation 3D dans la moyenne basse de ce qui est possible.



 



Pour conclure ce dossier, nous pouvons dire que la carrière de Sonic est extraordinaire. La mascotte de SEGA a apporté beaucoup au jeu vidéo et continue à le faire par petites touches. Hélas, la qualité des jeux estampillé Sonic n'est pas toujours constante, la faute à une volonté de réformer en permanence le gameplay du personnage et une impossibilité à consolider les acquis, surtout depuis le passage à la 3D. Pourtant, SEGA continue à croire en sa mascotte. La preuve avec les bons jeux (à défaut d'être parfaits) récents (si on excepte Sonic Boom) qui montrent que le passage à la 3D ne rime pas nécessairement avec jeu raté. Récemment, l'éditeur a reconnu les erreurs faites sur sa mascotte et a promis que l'avenir de Sonic serait plus glorieux. Quoi qu'il en soit, nous ne pouvons qu'attendre de voir si cette promesse est réelle ou juste des paroles en l'air. Alors, pour le moment, souhaitons un joyeux 25ème anniversaire à Sonic et que sa carrière dure encore longtemps.



 





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Dossier : 25 ans de Sonic, retour sur la carrière du hérisson bleu !

Message par Titiboy » 24 Juin 2016, 13:56

Un grand bravo à Maktorius et Gothiik pour ce gros dossier.
C'est du beau travail. Mérite amplement d'être en "une" du site.

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